Four seasons
Tu as posé les pattes sur Four Seasons !

Tu te retrouves dans un monde étrange, peuplé d'animaux désignés comme dangereux... Des loups !
Mais ne t'inquiètes pas : ils sont civilisés et ne te mordront pas au moindre mouvement ! (encore que...)
Viens incarner TON loup ou TON chien et fais le vivre à travers des aventures nommées RP !



Votre devoir sera de rétablir la paix des saisons, mais il y a toujours des trouble-fêtes...

 
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La folie des vieux sages — ft. Hjalmar
Orion
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Lun 18 Mar 2019 - 15:45


La neige – le pays en est tout recouvert –
Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge.
Nul besoin d'être poète pour saisir la beauté du lieu où les pas d'Orion l'avaient mené : la neige immaculée, vierge de toute trace de passage, scintillait sous les rayons solaires, et créait un contraste saisissant avec la roche orangée de ce canyon. La fraîcheur du lieu embaumait l'air ; cette odeur de froid était indescriptible mais jamais on ne s'en lassait. Orion se surprenait d'ailleurs à ne pas être plus que cela dérangé par la froidure de l'endroit ; son pelage s'était certes épaissi pour faire face à l'hiver, mais il était convaincu que tout autre printanier aurait souffert plus que lui. C'était peut-être un argument de plus dans la balance des questions qui occupaient son esprit depuis plusieurs semaines, un argument comme quoi il n'était peut-être pas si intrinsèquement printanier que ça.

À l'inverse de son voyage en été à cause de la mission diplomatique dont l'avait chargé Seira il y a de cela quelques temps, il n'était pas ici dans un but précis — ou du moins pas suite à un ordre de sa hiérarchie. Il était venu arpenter ces terres hostiles de son plein gré. Orion savait qu'ici, seules les âmes des morts oseraient venir le troubler, les vivants fuyant généralement le danger qu'elles voyaient en l'hiver. L'ambassadeur n'avait pas ces peurs. N'était hostile que les terres que l'on ne connaissait pas ; et s'il était encore novice en ces territoires, il se savait capable de s'adapter aux difficultés climatiques qui s'opposeraient à sa venue. Quelles qu'elles fussent, elles ne l'arrêteraient pas ; il avait besoin de cet éloignement, de se plonger dans un univers tout autre que celui qui l'abritait en temps normal. Loin des siens et de son clan, il espérait trouver en lui les réponses à ses questions.

Depuis son retour sur Four Seasons, après être parti si loin et si longtemps, il avait cherché la stabilité. Regagner son clan natal lui était apparu comme une solution évidente, comme la seule solution à vrai dire — il n'avait jamais envisagé d'autre alternative. Mais le monde qu'il avait regagné avait bien changé depuis son enfance, et lui aussi avait changé. Ce qu'il avait toujours accepté comme coulant de source, comme ordre naturel du monde, ne lui semblait plus si évident aujourd'hui. Il avait été confronté à la dure réalité de ces questionnements presque dès son retour, lorsque Nachtgewalt était réapparu et avait attenté à la vie de Seira. Mais la confusion et le tourbillon des évènements qui avaient suivi cette attaque avaient empêché Orion de se confronter à lui-même. Lorsqu'il était parti, il y a de cela des années, le monde dans lequel il vivait n'était fait que de quatre clans. Ces repères séculaires avaient été réduits en cendre par la révélation de l'existence d'une guilde secrète, les LibreLunes, œuvrant tant bien que mal pour la paix ; mais également par la confrontation à un nouveau peuple, d'une neutralité exemplaire, les Solstiens. Les maigres querelles claniques qui avaient animé les cœurs durant des siècles semblaient en perspective bien pathétiques. Et au milieu de ce chaos de conflits et de diplomatie, au milieu duquel son alpha Seira aurait dû lui apparaître comme un phare salvateur, Orion ne la voyait que comme le triste présage d'un nouveau rocher en approche. Sa fidélité au clan, qu'il avait toujours vue et espérée comme le filet de sauvetage qui le rattacherait toujours à une certitude, s'émiettait peu à peu. Le caractère quasi-religieux de son allégeance, que Seira avait bâti au fil des mois en se construisant comme l'icône sauveuse du Printemps, était mis à mal par la révélation de ces alternatives qui jusque là n'existaient pas : si les LibreLunes et les Solstiens avaient vécu en paix si longtemps, pourquoi les clans en étaient-ils incapables ? Pourquoi un schéma conflictuel se reproduisait-il de génération en génération, n'apportant que peu de bienfaits au regard de toutes les douleurs qu'il engendrait ? Et lui, Orion, pouvait-il continuer à perpétuer ce modèle clanique, à travers son attachement au Printemps, malgré les valeurs de paix et de pacifisme qu'il plaçait au-dessus de tout ?

Ainsi perdu au milieu de ces questions si douloureuses, incapable de leur trouver une réponse qui ne lui fendrait pas le cœur par son inévitabilité, l'ambassadeur printanier contemplait les reliefs et les creux du canyon, dont la neige reflétait à présent les chatoiements de la lune.

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Mer 20 Mar 2019 - 11:43




La folie des vieux sages

w. Orion


Le roux des pierres brisait dans un contraste certain l’étendue immaculée du lieu aux tendances surréelles. Le sombre ciel se reflétant sur les flocons brillants, tout ne faisait qu’un avec le toit céleste aux reflets étoilés. Un désert hivernal, un de plus. Personne ne venait par ici la nuit, tant par le froid polaire qui était le seul occupant de l’endroit que par la solitude nocturne brouillant la vue. Hjalmar émergeait du pâle matelas duveteux, brisant l’étreinte chaleureuse partagée avec ses enfants quelques instants auparavant.

Appréciant les balades nocturnes, le Librelune était sorti de son cocon d’amour pour venir méditer auprès de madame la Lune. Rien de nouveau jusque là. Le mâle passait rarement ses nuits en Hiver, préférant faire le guet à l’Antre de la Guilde. Mais malgré l’innocence de la soirée passée avec sa famille, Hjalmar eut du mal à fermer l’œil de la nuit. Pourtant plongé dans une sûreté fantastique, le fauve restait envahi d’un sentiment d’incertitude sur lequel il n’arrivait pas à mettre un mot sur une quelconque raison. Posant machinalement ses lourdes pattes dans l’étreinte sombre de la neige, Morphée l’ignorait définitivement cette nuit-là, le laissant seul avec ses pensées. Il n’avait pas songé à réveiller son bien-aimé dont le repos importait bien trop pour ses insipides tourments.

Téméraire solitude, voilà la seule compagnie qui offrait de son temps pour Hjalmar, qui n’avait pas remarqué une étrange présence non loin de lui. Se fondant dans les mêmes nuances que le noctambule paysage, l’aura qui se dégageait de l’inconnu était bien spéciale. Reconnaissant une odeur fleurie, le LibreLune comprit de qui il pourrait s’agir. Ne s’étant jamais rapproché plus personnellement que ça avec qui que ce soit de ce clan du Printemps, Hjalmar n’avait aucune parole à émettre vis-à-vis de ces individus là. Cependant, les ornements spéciaux du loup tranchait avec toutes les descriptions les plus banales d’un Printanier. Portant de fières bois de mastodonte, l’étranger ne pouvait être personne d’autre qu’Orion, le fameux ambassadeur floral. Voilà une personne avec qui le bleu félin avait envie d’échanger des propos. S’approchant dans un lourd silence vers la silhouette, il s’inclina une fois arrivé à la hauteur du blanc immobile.

- J’espère ne pas briser une méditation d’accalmie, camarade. Mais il n’est pas hasardeux de trouver un ambassadeur Printanier dans les parages. Je suis Hjalmar, serviteur de la Lune. M’offrirez-vous une place parmi vos pensées ?
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Jeu 25 Avr 2019 - 17:36


La neige – le pays en est tout recouvert –
Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge.
Les bourrasques de vent et de neige qui formaient des volutes dans la vallée du canyon emportaient le cœur d’Orion bien loin de ce lieu. Les questions dans son esprit le tourmentaient bien plus que le climat mordant qui l’environnait, car le climat, au moins, pouvait être fui. L’ambassadeur printanier, qui était d’habitude si souvent aux aguets, attentif à tout ce qui pouvait l’entourer, cherchant toujours plus d’indices lui permettant d’interpréter le monde autour de lui, avait pour une fois renoncé à demeurer sur le qui-vive. Il se rendait d’ailleurs compte qu’il se laissait de plus en plus aller à ce genre de rêveries philosophiques ces temps derniers, comme si ce qu’il traversait exigeait des réflexions auxquelles on ne s’adonne pas lorsqu’on reste en société. Malgré l’hostilité environnante, il se sentait en sécurité, confiant qu’il ne serait pas troublé ; lorsqu’il entendit un crissement dans la neige, derrière lui, ses oreilles se redressèrent, son cœur ratant un battement. Quelqu’un ou quelque chose s’approchait d’un pas lourd et en même temps gracieux, calme et serein.

« J’espère ne pas briser une méditation d’accalmie, camarade. Mais il n’est pas hasardeux de trouver un ambassadeur Printanier dans les parages. Je suis Hjalmar, serviteur de la Lune. M’offrirez-vous une place parmi vos pensées ? »

Les sourcils d’Orion s’étaient légèrement haussés à la mention de son rang ; il n’avait pas reconnu son interlocuteur physiquement, pas plus qu’à l’odeur, et il était persuadé de ne l’avoir jamais rencontré. C’était en outre une senteur étonnante qui se dégageait de lui, totalement nouvelle ; c’étaient des effluves neutres et en même temps légèrement boisés, auxquelles s’ajoutaient des odeurs d’enfants, dont on aurait presque pu entendre les rires tintinnabuler dans l’air. Une lueur attendrie et émerveillée brilla au fond du regard bleu du perspicace ambassadeur. Un LibreLune, donc… C’était la première fois qu’il en rencontrait un ; cette pensée l’amusa, comme si les LibreLunes étaient une sorte d’espèce mythique digne de la licorne ou du minotaure, dont on entend des bruits mais que jamais on ne croise. Il se dit d’abord qu’il était curieux d’ainsi tomber sur un LibreLune, en plein territoire hivernal, au beau milieu de ce qui risquait de devenir une vraie tempête de neige. Mais à la réflexion, ce n’était pas si incongru que cela : d’une part, l’étranger prénommé Hjalmar arborait une fourrure à faire des envieux, au moins deux fois plus épaisse que celle d’Orion, qui n’avait pourtant rien à envier à certains Hivernaux pure souche. D’autre part, et cela fit tilt dans son esprit, l’ambassadeur se souvint qu’il avait été révélé que le quartier général des LibreLunes, là où ils s’étaient réunis régulièrement en secret pendant des siècles, était situé en territoire hivernal. Même si ce lieu n’avait plus grand-chose d’un secret, il était possible voire même probable que les rescapés du massacre de Nachtgewalt n’aient pas eu le cœur à se dépayser, et aient choisi de rester en Hiver. Orion ne s’était toujours pas départi de son sourire qui avait fleuri à l’évocation de la guilde.

« Vous ne me dérangez pas, Hjalmar. Mes pensées sont troublées, mais je suis heureux de pouvoir les partager avec quelqu’un. Je n’avais, jusqu’alors, jamais eu le privilège de rencontrer un serviteur de la Lune. »

Ses paroles traduisaient sa joie, non dissimulée mais malgré tout réservée, à l’image de l’ambassadeur, de rencontrer un représentant de la guilde. Tel un enfant, il s’était parfois amusé à se les figurer, tentant de s’imaginer à quoi pouvaient ressembler ceux qui avaient choisi de dédier leur vie à un bien supérieur, à la paix et à l’équilibre. Orion s’avouait bien volontiers à lui-même l’admiration qu’il vouait à de tels idéaux, et il se demandait quel chemin de vie pouvait bien amener un loup, dont les racines étaient probablement claniques, à tout quitter pour se consacrer à une œuvre plus grande que lui. Une petite partie en lui, plus cachée, se demandait également s’il n’en ferait jamais de même.

« Votre guilde est connue pour avoir connaissance du murmure des rumeurs avant même qu’elles ne se soient propagées, mais je dois toutefois avouer être surpris que vous me connaissiez. À l’inverse de certains, je n’ai jamais – du moins je l’espère – créé de tourments sur Four Seasons. »

Il songeait à quelques loups en particulier, assurément, mais avait choisi de rester respectueux et de ne nommer personne précisément – même si le nom de Seira flottait évidemment dans l’air, pour les âmes perspicaces. Mais à vrai dire, tant d’autres pouvaient être nommés que cela en donnait presque le tournis ; Orion tenta bien d’établir une brève liste dans sa tête, mais les noms défilaient trop vite pour qu’il puisse tous les saisir. Seira, Daeron, Nachtgewalt, Oxymore, et tous ceux qui avaient, un jour où l’autre et d’une quelconque manière, eu l’audace de perturber l’équilibre des vies en jeu sur Four Seasons. Orion se sentait étrangement amer et rancunier de ces quelques individus isolés qui étaient parvenus à troubler un si grand nombre d’âmes innocentes, sans que, pour la plupart, ils ne soient jamais punis. Son regard, qui s’était perdu dans les traces qu’avait laissées Hjalmar dans la neige, revint se poser sur le LibreLune.

« Qu’est-ce qui vous amène donc ici, Hjalmar, loin des vôtres ? »

Là encore, l’éternelle politesse et respect d’Orion lui avaient interdit d’évoquer la présence des enfants ; c’était la sphère intime de son interlocuteur, un cocon loin des tourments du reste du monde, et il ne lui appartenait pas de révéler qu’il en avait connaissance. L’odeur ronde et rieuse des enfants était en outre trop discrète pour être perçue par un individu moins clairvoyant qu’Orion, et il regrettait parfois de deviner inéluctablement certaines choses qui ne le regardaient pas.


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Dim 28 Avr 2019 - 18:53




La folie des vieux sages

w. Orion


Hjalmar avait dégagé un certain étonnement dans le regard du printanier, témoignant de sa surprise du pourquoi du comment le LibreLune le connaissait. Quand un loup exerce le rôle du bleu, il lui est bien aisé de connaître sur le bout des griffes au moins qui occupe les postes les plus importants de chaque clan. C’est ainsi que la Guilde arrive à mettre facilement des noms sur des têtes, et vice versa, lorsqu’un événement ou un trouble se déroule. De plus, pour être honnête, Orion était un loup facile à reconnaître. Ce n’était pas le genre de physique que quiconque croiserait par hasard, il était rare de voir quelqu’un arborer des bois aussi majestueusement.

Une leur d’émerveillement se mit à éclairer les prunelles du printanier, à la plus grande surprise de Hjalmar. Les paroles qui s’ensuivirent ne faisaient que certifier les pensées du bleu : il n’avait donc jamais eu de contact avec un membre de la Guilde. Et pourtant, en tant qu’ambassadeur, cela aurait pu lui apporter beaucoup. Il faut bien une première fois à tout, et le manque d’effectif dans la Guilde ne les aidait pas à se faire connaître. Croiser un des membres doit arriver toutes les 3 lunes pour certains des claniques, surtout quand ils se cachent dans les endroits isolés ou qu’ils sont tous dispersés lors de leurs missions. Orion avait donc bien de la chance d’être tombé sur Hjalmar à ce moment là, surtout que le lion n’avait absolument pas prévu cette rencontre. C’était bien sa veine, puisqu’il n’entretenait pas un grand nombre de relations avec le Printemps et l’ambassadeur faisait parti de ces personnes que le LibreLune avait envie de converser une fois dans sa vie. Ayant eu vent de la sagesse de cet individu, il fut d’abord surpris de savoir qu’il était aux ordres de Seira, mais on ne choisit pas son clan. Ainsi, le léonin s’interrogea sur comment devaient percevoir les individus qui n’avaient jamais aperçu quelqu’un comme lui auparavant, alors que les LibreLunes ne sont que des loups comme eux, voués à un but différent.

Les songes d’Orion provoquèrent un léger rire bienveillant jaillissant de la gueule du majestueux. Rien n’est jamais par hasard quand il s’agit de la Guilde, et encore moins quand un de leur membre connaît les ambassadeurs des clans. De plus, la réaction du clanique avait tout l’air de celle d’un adolescent prit la main dans le sac : non, il n’avait rien fait de mal et ce n’était pas pour cela que Hjalmar le connaissait. Amusant, de devoir se remettre en question face au bleu, qui n’était pas là pour chasser les malfaiteurs vagabondant au milieu du désert hivernal. Le blanc strié de roux faisait référence à d’autres loups, que le léonin n’avait pas pu connaître personnellement. Souvent, le LibreLune se demande comment il aurait perçu les choses si il avait connu la chute de la Guilde juste avant son arrivée, et si il avait du confronter les mêmes ennemis que ses proches. Parfois, cela le met mal à l’aise, en se disant qu’il ne partage pas les mêmes mémoires que ses aimés, surtout quand il voit cette vilaine cicatrice qui tranchait le corps de son compagnon de vie. L’image que quelqu’un ait pu faire du mal à des personnes qu’il considère à présent comme une famille n’était pas plaisante, et c’est pour ça qu’il parvenait à ressentir les mêmes émotions qu’eux au vis-à-vis des faiseurs de troubles.

Mais il cessa bien vite de tergiverser, et réagit d’un air amusé à l’ambassadeur :

- Les membres de la Guilde connaissent bien des choses, surtout les membres qu’ils souhaitent rencontrer un jour au l’autre.

La profonde voix de Hjalmar était tout aussi sereine qu’à son habitude, timbré d’une joie à l’idée de converser avec le fameux Orion. Le bleu n’éprouvait que de la sympathie envers ce loup, et pourtant il ne le connaissait pas personnellement. Mais il avait l’instinct de confiance en lui, et il n’était en rien paranoïaque de croire que le printanier pourrait s’avérer être une menace pour lui.

La question de l’autre aurait pu paraître bien intrusive aux premiers abords, mais se mettant à sa place, Hjalmar se serait posé la même question.

- Contrairement à ce que vous pouvez penser, je ne suis pas si loin des miens.

Le fin sourire ne s’était pas effacé du visage du LibreLune, qui, très heureux de pouvoir partager la raison pour laquelle il se trouvait là, éprouvait une entière confiance en l’autre. Comme un enfant, il avait l’impression de se retrouver à partager une très bonne nouvelle qu’il venait d’apprendre, alors que cela faisait maintenant plusieurs mois qu’il déambulait entre son antre et les tanières hivernales pour rendre visite à sa famille. De ce qu’il avait entendu à propos d’Orion, le mâle ne le répétera pas à son clan. De toute façon, est-ce qu’un loup comme lui trouverait un autre printanier à qui partager ses pensées ?

- Mon compagnon et moi avons mit en sécurité notre famille au sein du clan hivernal. Les raisons sont multiples, et toutes aussi valables les unes que les autres.

Du haut de l’intelligence de son interlocuteur, Hjalmar ne douta pas que l’autre ferait les liens entre les risques que courraient la Guilde et la sûreté que procurait un clan aussi discret que l’Hiver. Le bleu n’entera pas dans les détails personnels qui relevaient plus de Kuma.

Alors que les doux flocons caressaient son pelage mêlé à l’ambiance nocturne, le léonin se posa dans la neige. Assis, il invita sa nouvelle rencontre à faire de même, si l’endroit ne le dérangeait pas. L’endroit n’était peut-être pas propice à une chaleureuse conversation, mais l’endroit était désert, éclairé uniquement par la lueur de la lune ce qui offrait un calme unique, presque merveilleux.

- Je pourrais vous retourner la question, Orion. Reprit-il, toujours enjoué.
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Lun 29 Avr 2019 - 20:20


La neige – le pays en est tout recouvert –
Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge.
« Les membres de la Guilde connaissent bien des choses, surtout les membres qu’ils souhaitent rencontrer un jour au l’autre. »

Si Orion avait été moins maître de lui-même et de l’apparence qu’il souhaitait renvoyer, il aurait probablement rougi de manière incontrôlée. Tel un enfant complimenté par un maître, il se sentait flatté que le grand loup bleu ait implicitement exprimé son vœu de rencontre l’ambassadeur. Et pourtant, en dehors de l’appartenance de Hjalmar à la guilde de la lune, il n’avait pour l’instant rien fait pour qu’Orion se sente gratifié par un peu de son attention. Mais l’étiquette « LibreLune » sur son front était comme un passe-droit pour gagner l’admiration du cornu, qui se contenta donc de sourire sobrement et d’acquiescer comme pour le remercier.

« Contrairement à ce que vous pouvez penser, je ne suis pas si loin des miens. Mon compagnon et moi avons mis en sécurité notre famille au sein du clan hivernal. Les raisons sont multiples, et toutes aussi valables les unes que les autres. »

Le cœur d’Orion fit un petit bond dans sa poitrine lorsqu’il obtint la confirmation de ce qu’il avait deviné. L’étonnante joie qu’il ressentait pour Hjalmar, grâce à son empathie naturelle, était décuplée par une révélation qui l’avait en revanche surpris. Il se demandait par quel miracle un couple de deux mâles étaient parvenus à donner la vie – à moins qu’ils n’aient recueilli des petits orphelins, ce qui était possible également. Quoi qu’il en fût, il songeait à la difficulté que devait être la leur d’élever des petits en ce monde de tumultes, sans clan pour les protéger et prendre le relai par moments, sans l’assurance que quelqu’un serait là pour s’occuper d’eux en cas de malheurs. Il fallait au moins accorder ceci au Printemps et aux clans en général : malgré leur bellicisme, ils avaient le mérite d’offrir une vie en communauté propice à la sécurité. Mais le choix de l’Hiver pour cacher des enfants autant en danger était pertinent : ils étaient, ces dernières saisons, d’une discrétion à toute épreuve, aussi bien dans les conflits que dans les simples relations diplomatiques cordiales. Preuve en était, s’il le fallait, qu’Orion n’avait jamais rencontré l’Ambassadeur hivernal, si tant est qu’ils en aient eu un…

Lorsque Hjalmar lui retourna la question, avec de la bonhommie dans sa voix grave et sereine, Orion hésita brièvement. Il se sentait infiniment en confiance en présence du LibreLune, rassuré, comme s’ils s’étaient connus depuis toujours. Il flottait entre eux quelque chose de l’ordre de la reconnaissance mutuelle, comme ce qui se joue entre deux valeureux adversaires au combat, lorsque chacun sait que l’autre est tout aussi vaillant ; à ceci près que c’était entre eux de l’ordre de la reconnaissance intellectuelle, comme lorsque deux esprits s’effleurent à peine mais savent déjà que l’autre est semblable. Néanmoins, l’ombre de Seira flottait toujours au-dessus d’Orion, telle une épée de Damoclès prête à lui trancher la tête au moindre faux pas. Il était convaincu de pouvoir accorder toute sa confiance à Hjalmar, là n’était pas le problème ; le souci était plutôt lui-même. Ces dernières semaines, il n’avait cessé de franchir des étapes dans sa réflexion personnelle, étapes brûlantes d’un chemin qui le mènerait à sa perte s’il continuait de la sorte. Il craignait de franchir un point de non-retour à ainsi exprimer ses doutes ; surtout dans la mesure où les exprimer ne permettait pas de les calmer mais semblait toujours, en dernier recours, le convaincre qu’il n’avait plus sa place dans le clan. Il plongea ses yeux azur dans ceux bleu ciel du LibreLune. Il lisait au fond d’eux une quiétude apaisée et apaisante, qui le convainquit de s’ouvrir à ses propres démons.

« Si loin de chez moi… Il est vrai que voir un Printanier s’aventurer si profondément dans un territoire hostile n’est pas coutumier. Mais ces derniers mois ont mis à l’épreuve mon sentiment d’appartenance au Printemps, et il semblerait que je ne me sente pas particulièrement mal accueilli par ces terres. »

Il fit une brève pause, laissant ses pensées se perdre dans l’horizon vierge de la neige. Le ciel était merveilleusement lumineux malgré la nuit profonde, percé de trop d’étoiles pour qu’on puisse les dénombrer sans perdre la raison. Le froid était mordant, mais Orion ne se sentait pas attaqué ; au contraire, il se sentait étrangement en adéquation avec le monde qui l’entourait, comme s’il était à sa place. En fait, maintenant qu’il y pensait, il ressentait ceci partout où il allait ; il n’avait jamais eu le mal du pays, ce qui avait fait de lui une excellente recrue pour le poste d’ambassadeur. Finalement, il ne se sentait jamais plus mal que lorsqu’il était astreint au clan, ses horizons fermés, condamné dans une routine qui le tuait lentement.

« J’ai toujours pris mon appartenance au Printemps pour acquise, comme si c’était une évidence de par ma naissance. Ce n’était même pas cela que je questionnais au début ; je m’interrogeais simplement sur la pertinence de la politique intérieure mais surtout extérieure menée par Seira. »

Il refixa ses yeux dans ceux de Hjalmar, appréciant le sentiment d’honnêteté qu’un regard pouvait transmettre, plus que mille mots. Il ne se souvenait pas des premiers moments où il s’était ainsi questionné, et c’était encore plus douloureux que s’il s’en était rappelé avec acuité : c’était comme si ces doutes avaient toujours été présents, si anciens qu’il ne pouvait même pas retracer leurs origines. Et ces incertitudes sur Seira s’étaient muées en incertitudes sur lui-même, une remise en question amenant à une autre, cycle éternel et inéluctable.

« Bien que j’aie réussi à temporiser Seira sur certains sujets, comme la guerre avec l'Automne, ces questions sont restées. Et aujourd’hui, j’en viens à me demander si je peux véritablement concilier le Printemps avec ma conception morale du monde. »

Il retint un haussement d’épaule. En vérité, ce n’était même plus seulement le Printemps qui était concerné ; c’étaient les clans en général. Orion était, au fond de lui, convaincu que même si l’idéologie de son Alpha aggravait le problème, elle n’était que le symptôme d’un système opprimant et corrompu, qui menait à la peine et au conflit quelle que soit la manière dont on jouait avec. Il n’était plus certain de pouvoir accepter, en toute éthique, de participer à ce système, de n’être qu’un engrenage, un pion dans ce jeu cruel qui les dépassait tous.

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