Four seasons
Tu as posé les pattes sur Four Seasons !

Tu te retrouves dans un monde étrange, peuplé d'animaux désignés comme dangereux... Des loups !
Mais ne t'inquiètes pas : ils sont civilisés et ne te mordront pas au moindre mouvement ! (encore que...)
Viens incarner TON loup ou TON chien et fais le vivre à travers des aventures nommées RP !



Votre devoir sera de rétablir la paix des saisons, mais il y a toujours des trouble-fêtes...

 
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De roses et de ronces
Herrade
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Herrade
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Mer 30 Jan 2019 - 10:49

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De roses et de ronces
Herrade & Orion
Après son entrevue avec Seira, Herrade avait passé une nuit courte, mais plus calme que les précédentes. Au petit matin, elle se sentait légèrement fatiguée, mais sereine, et cette sensation l'aida à se lever de bonne patte. Parcourant le territoire encore endormi et silencieux, dans une aube brumeuse et humide, elle avait marché quelques temps sans trop savoir où aller, puis avait bifurqué vers les jardins printaniers. Elle essayait de ne penser à rien en particulier, laissant son corps s'échauffer doucement à chaque pas, mais à son arrivée dans ce lieu familier, les souvenirs la submergèrent.

Elle se revoyait jouant ici avec Vice, les parcourant avec son père, admirant les allées entretenues et les plus beaux spécimens de fleurs. Le spectacle était bien différent aujourd'hui ; la nature reprenait ses droits, et même si sa configuration sauvage décelait une certaine forme de beauté, la soldate se trouva un peu nostalgique des temps anciens, où un grand soin était apporté à la tenue du jardin.

Bien qu'elle essayât de s'en empêcher, elle eut tout de même une pensée pour V'hallys, qui avait lui aussi connu ces lieux dans leur splendeur d'antan, et se demanda ce qu'il penserait à les voir ainsi défraîchis. Silencieuse, la verte se glissa entre les buissons anarchiques, dont les tiges la dépassaient largement, et erra dans cette nouvelle jungle foisonnante. Quand elle était petite, Rage lui avait montré des fleurs très jolies que sa maman appréciait beaucoup, paraît-il. Elle avait envie de retrouver leur pied, de voir ce qu'elles étaient devenues, mais il était délicat de s'orienter dans la nouvelle configuration chaotique des jardins, et elle dut faire plusieurs tours et détours avant de penser enfin s'y retrouver.

Quand elle parvint finalement au bon endroit, la haute louve fronça les sourcils, contrariée. Si le plant existait toujours, ce devait être un miracle, car aujourd'hui il était envahi de ronces, qui pullulaient en grand désordre de tiges et d'épines, menaçant d'envahir les massifs environnants. Une veine apparut sur le front d'Herrade, et elle enfonça ses griffes dans le sol ; la vision des ronces lui rappelait sa dernière rencontre infructueuse avec Nachtgewalt, et la symbolique de cette vision lui semblait presque insoutenable. C'est ainsi qu'elle décida de s'attaquer à un peu de jardinage, désireuse de mettre à bas cet hideux envahisseur et de rendre aux belles fleurs leur liberté. Et puis après tout, cette thérapie improvisée ne pouvait que lui être bénéfique.

Alors que l'aube grisâtre laissait la place à une matinée morne et couverte, la printanière s'acharnait à se frayer un passage à travers les ronces, tâchant d'atteindre les pieds, grattant et tirant dessus jusqu'à ce qu'ils cèdent, puis démêlant les végétaux pour les extirper un à un. A force de patience, elle en avait fauché un bon tiers, et persistait à en venir à bout, faisant fi des égratignures qui couvraient son museau et ses pattes, laissant parfois perler quelques gouttes carmin.

Elle y passerait la journée s'il le fallait, mais elle ne voulait plus voir une seule ronce dans les jardins du Printemps.

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Outa-Ranos
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Mer 27 Fév 2019 - 10:53

» up Orion !
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Orion
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Lun 18 Mar 2019 - 12:20


La nuit meurt, l’hiver fuit ; maintenant la lumière,
Dans les champs, dans les bois, est partout la première.
La morne matinée faite de lourds nuages gris pesait dans l'air ; les rares oiseaux qui coassaient donnaient au paysage une ambiance morose d'automne. La période de transition entre l'hiver et le printemps était ainsi faite depuis la nuit des temps, mais jamais Orion ne s'y faisait. Il abhorrait ce passage plus que toute autre période de l'année ; il préférait les saisons pleines, un froid hivernal mordant ou une chaleur étouffante en été. Cet état flottant dans lequel les habitants de Four Seasons allaient être plongés pendant quelques jours, ou quelques semaines si Outa-Ranos ne les prenait pas en pitié, était des plus détestables dans son hybridité. Rien ne semblait complet en ces instants, le temps était comme suspendu dans la moiteur de l'air et la luminosité diffuse endormissait plus qu'elle ne vivifiait.

Pour tenter d'échapper à cette anesthésie induite par un climat peu clément, Orion s'était levé — d'une vilaine humeur — et avait quitté la tanière commune pour une marche qu'il espérait revigorante. Ses pas l'avaient mené, comme à l'accoutumée, vers les Jardins printaniers, qu'il chérissait précieusement. C'était là qu'il avait rencontré le Solstien Keid'il'An il y a de cela plusieurs mois. Cette rencontre l'avait questionné plus qu'il ne l'aurait cru — ou plutôt plus qu'il n'avait bien voulu admettre au départ. Ce qui n'avait été, dans les faits, qu'une rencontre diplomatique de bon augure, avait en réalité ouvert une brèche à des questionnements plus profonds dans l'esprit de l'ambassadeur, brèche qui avait toujours existé mais qui avait été colmatée par une fidélité de toutes pièces constituée pour sa propre survie au sein du clan printanier. Ce ciment avait été fendillé par le reflet qu'il avait trouvé en Keid'il'An : Orion s'était senti vibrer à l'unisson des ondes de justice et de neutralité du Solstien.

Ces interrogations le travaillaient donc en arrière-plan depuis plusieurs semaines, mais l'esprit du clan printanier était occupé ailleurs, et Orion n'avait pas eu l'occasion de réellement se poser pour questionner son avenir. Son inconscient s'en réjouissait probablement, car se poser ouvertement ces fatidiques questions ouvrirait probablement une porte impossible à refermer par la suite.

Alerté par des bruits — grattements ? — Orion s'arrêta à la lisière des Jardins. Il n'était pas inhabituel qu'un printanier soit déjà en ces lieux, qui étaient appréciés par la plupart, mais il était d'usage d'en respecter le silence presque religieux, d'autant que c'était le lieu de travail des guérisseurs du clan. Cela n'aurait habituellement pas incommodé l'ambassadeur, mais il n'était pas d'une humeur tolérante aujourd'hui. Se faufilant d'une démarche bougonne entre les ronces qui avaient envahi la nature domptée par d'anciens printaniers. Apercevant une silhouette, ses oreilles tendues de nervosité se détendirent dès qu'il reconnut l'odeur d'Herrade au milieu des effluves végétales. Son agacement fondit comme neige au soleil, tout heureux qu'il était de tomber sur son amie.

Il se dirigea vers elle un sourire aux lèvres, mais fut surpris qu'elle ne se retourne pas. En fait, elle semblait consacrée à une tâche pour le moins surprenante pour le bourreau du clan : elle arrachait consciencieusement les ronces envahissantes. S'arrêtant doucement, Orion l'observa quelques instants en silence. Tout en elle dégageait une ardeur au travail qui ne parvenait pas à dissimuler, pour les yeux perçants de l'ambassadeur, un mal qui la rongeait plus que ces ronces ne rongeaient les Jardins. Il la contemplait avec une pointe de tristesse dans le regard. De toutes les facettes d'Herrade qu'il avait pu rencontrer, celle-ci n'en faisait pas partie. Même si elle était d'un naturel franc et brutal, il la savait généralement maître d'elle-même; elle avait l'âme d'un soldat qui dompte ses colères et ses joies. Mais pas aujourd'hui.

« Bonjour, Herrade » avança doucement Orion. « C'est un joli travail auquel tu t'adonnes. Veux-tu un coup de main ? »

N'attendant pas sa réponse, il vint à ses côtés. Elle avait déjà débroussaillé un bon tiers des ronces, au prix de nombreuses estafilades dont elle semblait faire fi. Orion avança spontanément sa patte vers l'une des coupures plus profondes mais s'arrêta immédiatement. Il aurait pu facilement régénérer cette blessure et apaiser les maux physiques du bourreau, mais il ne voulait pas dépasser les limites de son espace personnel. Il savait aussi que parfois, ressentir le mal physiquement était la seule manière d'apaiser des douleurs plus impalpables.

Alors il se détourna de la louve et se concentra sur les ronces qui lui faisaient face. Fermant les yeux, il se raccrocha à leur essence et à leur histoire. Elles étaient là depuis longtemps, très longtemps. Elles s'accrochaient à leurs racines, mais Orion s'accrochait plus fort encore à sa volonté de les faire disparaître pour apaiser la rage de son amie. Pliant enfin, l'arbrisseau de ronces se résorba peu à peu. Les feuilles desséchées par l'hiver retrouvèrent brièvement la verdeur de leur jeunesse avant de se résorber dans les tiges, elles-mêmes rapetissant jusqu'à regagner la terre. En quelques minutes, il ne restait rien du buisson qui avait gagné le terrain quelques années auparavant. Leur absence dévoilait un plant de ce qui avait dû être des fleurs, aujourd'hui recroquevillé sur lui-même après un hiver difficile et une absence répétée de lumière.

Soufflant après cet exercice difficile, Orion s'assit et constata que ses pattes avant étaient devenues un peu plus sombres encore. Leur rigidification par l'écorce avait progressé, prix à payer pour l'effort qu'il venait de fournir.

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Herrade
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Herrade & Orion
Rien d'autre ne semblait plus exister pour Herrade que ces satanées ronces qui entravaient sa santé mentale et gâchaient le paysage des jardins printaniers. Aussi acharnée à les détruire qu'à se défaire des souvenirs douloureux, plantés dans son cœur comme des épines empoisonnées, la verte n'était plus consciente du temps qui passait et de ce qui l'entourait, sa pensée se focalisant sur le prochain pied à dénicher, se raccrochant à cet objectif pour ne pas céder.

Lorsqu'elle entendit une voix la saluer dans son dos, la printanière sursauta violemment, incapable de retenir un cri de stupeur. Dans son mouvement de surprise, une ronce lui entailla le museau, et c'est avec la truffe décorée d'un court sillon de sang neuf qu'elle se redressa, hirsute, les yeux hagards. Pour qui connaissait la rigoureuse Herrade, fier bourreau du Printemps, cette vision devait ressemblait à un cauchemar. On ne lui avait encore jamais vu coiffure aussi négligée, des mèches retombant de parts et d'autres de son visage, ses dreads ramassées en un chignon désordonné ; elle était couverte de terre et d'égratignure sanguinolentes, le poil ébouriffé, mais le plus frappant, c'était cette lueur hantée dans ses yeux. La triste lumière du doute et de l'effroi, qui semblaient avoir pris possession de son âme même.

La louve reconnut Orion au moment où elle posa ses prunelles sur lui, mais fut incapable d'articuler le moindre mot, de même que la suite des paroles du blanc se perdit derrière les brutales palpitations de son cœur, qui résonnaient dans ses oreilles. Clignant des paupières, elle tâcha de se rappeler qui elle était, et ce qu'elle faisait ici, et par conséquent ce que pouvait lui vouloir l'ambassadeur ; elle était tellement déphasée qu'elle ne se rendait pas compte que son attitude n'avait rien de très courtois. Ainsi, quand il amorça un mouvement vers elle, sa patte tressaillit en recul, et elle fixa celle du cornu, qu'il avait immobilisée de lui-même. Ce geste restait obscur pour l'ex-bras droit du Printemps, qui ne réalisait pas encore l'état désastreux qu'elle s'infligeait.

Orion se tenait à ses côtés, et au moment où elle songea enfin à lui demander la raison de sa venue, elle vit sa concentration, et constata son résultat sur les ronces ; de la masse envahissante qui se tenait là, et qu'elle combattait encore quelques instants auparavant, il ne resta bientôt plus rien. Les végétaux semblèrent se replier sur eux-même, retourner à un état primitif, jusqu'à ne plus exister. La verte en resta bouche bée, stupidement debout, la respiration encore courte de ses précédents efforts.

Son regard perçant tomba sur la maigre plante qui subsistait à peine au cœur du massif, et une puissante vague de tristesse déferla en elle, manquant de la faire basculer. Ses yeux se brouillèrent, et elle se mordit la babine pour ne pas céder aux pleurs qui menaçaient. L'apparition misérable de cette ruine du passé, qu'elle avait voulu sauver comme elle cherchait à se sauver elle-même, lui sembla d'une déception presque insoutenable, et un cruel reflet de sa réalité. Elle était si lasse de se lamenter, mais comment extérioriser sa peine une bonne fois pour toute ? D'un pas lent et mécanique, elle s'approcha du pauvre buisson malmené par le temps et les éléments, soulevant l'une de ses branches avec une délicatesse rare.

« Ce sont les fleurs préférées de ma mère. » Sa voix était rauque, sa déglutition difficile. Son ton ne tarda pas à se briser sur son dernier souffle. « C'étaient. »

S'asseyant tête basse devant son maigre autel, Herrade sentit les pleurs dévaler son museau, diluant le sang déjà coagulé qui s'y trouvait. Elle put au moins se féliciter intérieurement de ne pas émettre de bruyants sanglots et d'accorder à l'ambassadeur une vision encore un peu digne.

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Lun 25 Mar 2019 - 13:29


La nuit meurt, l’hiver fuit ; maintenant la lumière,
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Ses premiers mots mirent du temps à venir ; ils étaient rauques et balbutiants, hantés par des douleurs probablement ignorées jusqu’à présent. En d’autres circonstances, Orion aurait probablement été surpris de voir un être aussi fort qu’Herrade s’effondrer de la sorte ; mais les circonstances n’étaient pas habituelles, leur relation trop solide pour qu’il songe à se poser des questions. Peut-être au fond de lui-même se doutait-il depuis longtemps que la façade rugueuse du bourreau ne pouvait cacher que des pierres ; peut-être avait-il inconsciemment perçu la fragilité qu’elle n’avait jamais exprimée. Quelle qu’en fut la raison, il se tenait à ses côtés, accueillant simplement sa détresse, sans jugement ni questions.

« Ce sont les fleurs préférées de ma mère. » Sa voix se coupa, aspirée dans un souffle. « C'étaient. »

Toujours aussi paisible, même si la douleur de son amie le touchait de plein fouet, Orion garda le silence. Il était doué pour écouter les gens, et aussi pour répondre ; mais il ne voulait pas rompre le cours des sanglots silencieux, craignant que la digue ne se referme trop tôt, et de manière définitive. Il ne réfléchissait à rien de particulier, l’esprit apaisé par un calme plat ; s’il se concentrait, c’était tout au plus pour chercher à diffuser des ondes bienveillantes envers Herrade.

Elle avait soulevé tendrement l’une des branches du plant révélé par la résorption des ronces. L’ambassadeur avait alors attaché son regard à la faible tige, qui peinait à porter le poids d’un bourgeon décrépi. Il n’avait pas songé que ces fleurs aient pu avoir de l’importance ; mais il connaissait le poids des symboles, et se doutait que derrière l’apparente tristesse de son amie devant la mort prochaine de ce pied, se cachait une douleur plus profonde et bien peu liée à la végétation environnante. Il n’avait jamais entendu Herrade évoquer sa mère…

Ses pleurs berçaient toujours la morne matinée. Le soleil perçait les nuages de quelques courageux rayons, illuminant le massif recourbé sur lui-même. Fermant une nouvelle fois les yeux, il se raccrocha à la sève qui irriguait difficilement les dernières feuilles du plant. C’était plus facile que pour les ronces : les fleurs, qu’il identifia comme des ancolies, avaient soif de vie. L’énergie qu’il leur offrit pour se régénérer, elles la prirent avec avidité, se soumettant entièrement à sa volonté. Quelques instants plus tard, elles pulsaient de vie, leur tête tendue vers le soleil. Rouvrant les yeux, il se tourna vers son amie. Il était heureux d’avoir pu lui accorder un moment pour pleurer seule, sans être immédiatement dorloté comme un enfant dont on ne veut entendre les sanglots. Même au creux de sa détresse, il estimait qu’Herrade avait encore sa fierté, et il ne serait pas celui qui viendrait la heurter. La tête tournée vers elle, bien droite pour ne pas l’importuner avec ses bois – et aussi dans l’espoir inconscient de lui insuffler l’envie de faire face, de se redresser – il lui dit spontanément :

« Ces ancolies sont effectivement très jolies. Elles n’étaient pas en forme, mais il leur a suffi d’un petit coup de main pour retrouver leur vigueur. »

Il fit une pause dans ses mots, cherchant son souffle. Il se sentait soudain fatigué, l’esprit embrumé par l’effort fourni. C’était une bonne fatigue, une de celle qu’on est fier de porter après un dur labeur.

« Tu n’es pas une fleur, Herrade. Tu as toutes les ressources nécessaires en toi pour combattre ce qui t’accable aujourd’hui. » Il accrocha son regard bicolore et lui sourit. « Néanmoins, partager le poids du fardeau avec un ami peut apaiser une âme. »

Il n’était pas sûr qu’elle s’ouvrirait à lui ; il est des loups qui ont été trop meurtris par les autres pour accepter de s’ouvrir, même bien des années après. Mais si la coquille déjà fendillée par les larmes laissait passer des mots, il accueillerait avec respect les peines de son amie. Lui aussi aurait bien besoin d’une oreille attentive en ces temps troublés pour tous.

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Lun 25 Mar 2019 - 13:55

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De roses et de ronces
Herrade & Orion
Blessée par l'apparente agonie d'un massif dans lequel elle avait sottement placé sa foi et sa volonté, Herrade se replia sur-elle même, recroquevillée extérieurement et intérieurement, se voulant sourde aux douleurs de son cœur et de son âme. Elle ne comprenait pas comment se sortir de cette peine, et son incapacité à trouver une solution et reprendre le contrôle, inhabituelle et terrifiante, la bloquait totalement. Seule, en cet instant, il lui était impossible d'entrevoir la moindre lueur d'espoir.

Heureusement, seule, elle ne l'était pas ; la présence d'Orion s'inscrivait vaguement dans sa périphérie, mais elle avait du mal à lui donner consistance, ne le souhaitait peut-être pas, ou n'osait pas. Mais il était là, et il restait à ses côtés ; et petit à petit, le seul fait de le savoir proche réconforta quelque peu la verte. Ainsi, il voulait vraiment l'aider, hein ? Il fallut quelques minutes à Herrade pour sonder à nouveau l'extérieur, et la première sensation qu'elle perçut fut un brin de chaleur sur son pelage - et les picotements de ses quelques égratignures. Entrouvrant un œil, elle dut plisser les paupières, surprise par le changement de luminosité ; le ciel s'était-il dégagé ? Et alors qu'elle redressait un peu la tête, reniflant, son regard tomba sur le massif...

« Ces ancolies sont effectivement très jolies. Elles n’étaient pas en forme, mais il leur a suffi d’un petit coup de main pour retrouver leur vigueur. »

Bien évidemment, ses larmes reprirent, mais elle ne firent que rehausser la pureté du sourire qui se déploya sur les babines de la printanière, accordant à son visage pourtant malmené une douceur que peu lui connaissaient. Le geste de son ami la touchait bien au-delà des mots, et elle lui en fut immensément reconnaissante, même si de l'extérieur, on pouvait penser que c'était peu de choses que de faire fleurir un buisson.

« Tu n’es pas une fleur, Herrade. Tu as toutes les ressources nécessaires en toi pour combattre ce qui t’accable aujourd’hui. » Timidement, elle releva les yeux vers le cornu, et se sentit happée par son regard. « Néanmoins, partager le poids du fardeau avec un ami peut apaiser une âme. »

Elle considéra son visage avec sérieux, cils bordés de larmes, réalisant la fatigue que ses dernières prouesses avaient dû lui demander. Elle se sentit doublement émue des sacrifices qu'il avait consenti à faire, juste pour qu'elle se sente mieux. Alors que son regard bicolore s'évadait à nouveau sur les fleurs, son sourire revint, rêveur et quelque peu distant. Sa voix-même, quoi que toujours enrouée par l'émotion et veloutée, semblait venir de loin, du fin fond de sa mémoire.

« Je ne connaissais même pas le nom qu'on leur donne. Juste que mon père m'avait dit... "Acédie adorait ces fleurs". » Elle poussa un soupir vibrant de sentiments longtemps refoulés, puis secoua légèrement la tête, posant ses yeux sur le bout de ses pattes. « C'est l'une des rares choses que je sais d'elle. Ça, et... » Penchant la tête de côté, elle défit le lien qui entourait grossièrement ses dreads, regardant le petit bracelet dans sa large patte. « Ceci. Mon seul souvenir concret de ma mère. »

Sa patte se referma sur le précieux cadeau reçu de Rage, et elle regarda à nouveau Orion. Elle semblait revenue à la réalité, au présent, à la conscience et à l'acceptation de sa tristesse. Prête à lui faire face, et à la surmonter - avec l'aide de l'ambassadeur.

« Je n'avais jamais pensé souffrir de son absence... comment regretter quelqu'un qu'on a pas connu ? Pourtant, aujourd'hui, je réalise qu'elle me manque presque autant que Rage. J'aurais tant voulu la rencontrer, lui confier mes soucis... »

Levant des yeux humides au ciel, la belle afficha un sourire désabusé, comme consciente et lasse de ses faiblesses. Si elle avait pris le temps de s'y pencher plus tôt, elle n'en serait sûrement pas là aujourd'hui.

« Je crois que c'est ça, mon plus gros souci... Je garde tout pardevers moi. »

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Sam 4 Mai 2019 - 0:36


La nuit meurt, l’hiver fuit ; maintenant la lumière,
Dans les champs, dans les bois, est partout la première.
Herrade semblait peu à prend reprendre pied avec la réalité, raccrochant le regard d’Orion qui sentit une vague de chaleur envahir son cœur ; il était heureux de voir son amie revenir peu à peu à une certaine stabilité émotionnelle. Il avait à peine fini sa pensée, toutefois, qu’elle détournait de nouveau le regard pour examiner les fleurs, semblant se perdre dans des rêveries, un monde auquel Orion n’avait pas accès.

« Je ne connaissais même pas le nom qu'on leur donne. Juste que mon père m'avait dit... "Acédie adorait ces fleurs". C'est l'une des rares choses que je sais d'elle. Ça, et... Ceci. Mon seul souvenir concret de ma mère. »

Orion baissa les yeux vers ce qu’elle tenait dans sa patte ouverte, coussinets vers le ciel ; elle contenait un petit bracelet usé par le temps mais ainsi tenu avec attention et affection par le Bourreau, il semblait être le bijou le plus précieux du monde. Orion songea que c’était un bien maigre souvenir pour une mère qu’elle n’avait même pas connue, semble-t-il ; puis il songea à ce qu’il gardait, lui, comme restes concrets de ses parents, et réalisa qu’il n’en avait aucun. Il avait toujours été bien peu attaché à la matérialité des souvenirs, mais son cœur se serra tout de même. Certes, il chérissait la mémoire qu’il avait d’eux, mais il se demanda si ses valeurs distinguées de détachement et spiritualité étaient si nobles que cela. Après tout, il leur avait dérogé lorsqu’il avait attaché autour de son cou le lourd médaillon en mémoire de la seule louve qu’il avait jamais aimée ; il n’avait plus jamais enlevé ce symbole.

« Je n'avais jamais pensé souffrir de son absence... comment regretter quelqu'un qu’on n’a pas connu ? Pourtant, aujourd'hui, je réalise qu'elle me manque presque autant que Rage. J'aurais tant voulu la rencontrer, lui confier mes soucis... »

Orion ne hocha pas la tête ; il avait ses réserves sur ce qu’exprimait son amie. Bien sûr, il comprenait le désir qu’elle avait – et probablement depuis longtemps – d’avoir une oreille attentive et aimante, maternante et bienveillante. Mais il savait aussi que parfois, ne pas chercher à briser l’image qu’on s’était faite de quelqu’un avait du bon : le retour à la réalité, après avoir érigé certaines figures en véritables héroïnes, était souvent douloureux. C’était là la douceur de l’ignorance, plus tendre que certaines difficiles réalités. Orion, bien qu’il fût profondément attaché aux valeurs de vérité, pouvait l’admettre – même si c’était souvent avec réluctance.

« Je crois que c'est ça, mon plus gros souci... Je garde tout par-devers moi. »

Là-dessus au moins, il hocha la tête lentement en souriant légèrement. Il ne voulait pas se montrer trop incisif avec Herrade mais si elle lui demandait d’être honnête – ce qu’elle n’avait pas encore fait, il garderait donc son avis pour lui, du moins dans la mesure du possible pour ne pas la froisser – il était vrai qu’elle n’était pas un modèle d’ouverture et d’épanchement. Lui non plus, cela dit ; mais il estimait avoir fait le deuil de la majorité de ses propres douleurs passées, ce qui ne semblait pas être le cas du Bourreau. Le souvenir lointain d’après-midis passés loin de Four Seasons avec celle qui lui avait offert son pendentif revint pourtant, légère pointe de tristesse et de regrets dans le cœur apaisé d’Orion ; cela arrivait parfois. Il fit refluer ce souvenir, comme il en avait coutume, le visage fermé ; cette voie-là s’était close pour lui le jour où il était revenu au Printemps.

« Il est normal de se languir de ceux que l’on aurait aimé connaître. Veille simplement à ne pas oublier que parfois, la réalité est autre que celle construite dans les méandres de notre esprit, souvent plus belle et rassurante qu’elle ne l’est vraiment. »

Il leva les yeux vers elle – il les avait gardés plongés dans le buisson d’ancolie, contemplatif, songeur. Ce n’était pas dans son habitude que d’être aussi brut dans ses mots – il avait presque l’impression qu’il venait de se monter d’un pessimisme qui lui déplaisait. Malgré tout, il était convaincu qu’il avait bien fait de lui offrir ces mots ; il se demanda si quelqu’un d’autre aurait pu s’en charger. Lui comptait peu d’amis ; en fait, à la réflexion, Herrade était la seule Printanière avec laquelle il se sentait suffisamment en confiance pour la qualifier d’amie. Il se serait sans doute montré plus tendre, aurait tenté d’arrondir les angles, avec une simple connaissance. Mais il avait à cœur ses intérêts et songea, peut-être à tort, que la verte devait compter aussi peu d’amis que lui – ce qui rendait le choix de ses mots d’autant plus important.

« Laisse le passé à ceux qui lui appartiennent, Herrade. Ce qui est fait ne sera pas changé – la seule chose que l’on puisse faire à l'avenir, et que nous devons faire – je crois –, est de faire de notre mieux. »

Il lui sourit doucement. S’il était probable qu’aucun loup sur cette terre ne puisse se vanter d’avoir vécu une vie facile et sans embuche, il était moins certain que les voix soient unanimes quant à la manière de mener le restant de sa vie. C’était une question éternelle, sans réponse absolue, et pourtant cruciale, qui taraudait certaines âmes jusqu’au jour de leur mort. Certains se réfugiaient la foi, délégant le poids des futurs incertains à un destin divin tracé dans les étoiles ou dans un livre poussiéreux ; d’autres se voulaient maîtres de leurs destins et s’enfermaient dans des schémas conçus par leur inconscient, esclaves de systèmes plus forts que leur volonté. Au milieu de tous ces chemins de vie tortueux et pas moins valables les uns que les autres, Orion s’était longuement interrogé, et s’interrogeait encore. La conclusion à laquelle il était parvenu, après ses quelques années de vie, et qui n’avait de valeur que celle qu’il pouvait lui accorder en tant que loup parmi tant d’autres, était que le seul impératif auquel il était bon de se soumettre était celui du respect de soi et de l’autre. Idiots étaient ceux qui croyaient leur vie plus importante que celles qui leur étaient subordonnées ; si tant est qu’une instance divine telle qu’Outa-Ranos fut réelle, elle ne les avait pas modelées à partir de la terre pour les hiérarchiser. Tous nus face au poids des douleurs du monde, ils n’étaient, au final, que des âmes esseulées cherchant un peu de chaleur et des réponses à des questions, qu’ils ne trouveraient jamais. Au milieu de ce chaos et de ces peines, le seul moyen de ne pas sombrer face au nihilisme de leurs existences était de relever la tête en ayant conscience du cadeau qui leur était fait, cette chance qu’ils avaient encore de vivre, de survivre à ceux qui mourraient. Sans se croire porteurs du destin du monde – cette terre avait été là avant eux, et le serait après – Orion estimait que finalement, ils ne pouvaient que tenter de mener la meilleure existence possible, à la fois en la mémoire de ceux qui étaient partis, et aussi par respect pour ceux qui viendraient après.

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Herrade & Orion
Frottant ses yeux rougis du revers de la patte, Herrade capta le mince sourire d'assentiment d'Orion quant à ses derniers mots, et se mordit l'intérieur de la babine, gênée ; elle pouvait bien jouer les fières et implacables guerrières, au final il semblait qu'elle était la dernière au courant sur ses propres tourments. À trop se replier sur son petit malheur, elle n'aurait même pas cru que certains loups la connaissent suffisamment pour cibler des problèmes sur lesquels elle venait seulement de poser une patte, mais en soi, cette idée était plutôt réconfortante, et elle était même soulagée de se confronter à la réalité en compagnie de l'Ambassadeur. L'esprit rationnel et avisé du cornu lui était précieux en cet instant.

Lorsqu'il la mit en garde contre les écarts entre la réalité et les souvenirs, imaginés pour la plupart, elle releva des yeux brillants vers lui, avant de les poser sur le massif d'ancolies, poussant un léger soupir. Il n'avait pas vraiment tort... Les rares fois où elle avait entendu parler de sa mère dans des bouches autres que celles de Rage, les propos n'étaient pas vraiment flatteurs, et elle était entrée dans une colère noire pour exiger des excuses. Au final, elle s'était peut-être bien voilée la face, préférant croire aux paroles peut-être amoureuses, du moins émues de son père ; et depuis, elle avait dû se convaincre de la véracité de cette image. Qui sait ce qu'il en avait été réellement... mieux valait peut-être ne pas savoir.

« Laisse le passé à ceux qui lui appartiennent, Herrade. Ce qui est fait ne sera pas changé – la seule chose que l’on puisse faire à l'avenir, et que nous devons faire – je crois –, est de faire de notre mieux. »

La voix d'Orion l'atteignit en plein cœur, et la verte écarquilla les yeux tandis que ses mots résonnaient en elle. Faire de son mieux... oui, c'était un concept qui lui parlait, qu'elle avait toujours eu à cœur d'appliquer. Pourquoi n'était-elle plus satisfaite de ses efforts aujourd'hui ? Pour qui et pour quoi avait-elle placé des attentes aussi lourdes sur ses résultats ? Et pourquoi devait-elle être la seule à en payer le prix à présent ? Méditative, la soldate resta longuement silencieuse, retournant les paroles du cornu dans sa tête. Elle n'essayait plus de les décortiquer, de les analyser froidement comme une stratégie à appliquer sur le terrain ; elle voulait les ancrer profondément en elle-même, s'en imprégner totalement, et abandonner pour de bon les chaînes du passé qui l'empêchaient d'avancer.

Non, elle n'avait pas connu sa mère, mais considérant que celle-ci ne s'était jamais présentée à eux et qu'elle était ensuite morte dans des conditions étranges, peut-être les choses étaient mieux ainsi.
Oui, son père adoré, modèle de son existence, était mort... mais mort comme il le souhaitait, et sans aucun regret. Suivre ses préceptes, apprécier la vie telle qu'elle était, à sa juste valeur, voilà ce qu'il lui restait à faire à présent. De son mieux, comme dirait Orion.

Un nouveau soupir moins chargé, comme de ceux que l'on pousse lorsqu'on aboutit enfin à une décision après un long débat intérieur, sembla réanimer la printanière, qui se redressa et porta son regard bicolore vers le ciel. Les nuages couraient toujours, gris contre l'azur, mais ne parvenaient pas à masquer les rayons du soleil ni à en bloquer la chaleur réconfortante. Herrade s'en reput, satisfaite du contact agréable sur sa peau, puis se tourna vers l'Ambassadeur, le visage apaisé.

« ... As-tu déjà eu l'impression que ton plus grand ennemi, ou le plus grand obstacle à ton épanouissement... c'était toi-même ? »

La belle eut une petite moue amusée, secouant la tête en faisant valser les longues dreads blanches autour de son visage. Malgré ses paupières encore un peu gonflées et sa truffe humide, elle semblait déjà avoir retrouvé un peu de prestance sous la lumière du soleil.

« J'ai l'impression d'enfin savoir comment avancer. Comment reprendre ma route. Je te remercie pour ta participation, Orion. »

Observant la quiétude des jardins autour d'eux, où la vie reprenait après la menace du ciel gris, la verte posa un regard distrait sur les environs.

« Au fait... je ne sais pas si Seira te l'a déjà dit, mais j'ai démissionné de mon poste de bourreau. »

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La nuit meurt, l’hiver fuit ; maintenant la lumière,
Dans les champs, dans les bois, est partout la première.
Les quelques mots de l’Ambassadeur semblaient avoir fait mouche. Lui-même s’était retrouvé à examiner sa propre situation, alors qu’il les avait initialement dirigés vers Herrade, dans l’unique but de l’aider, elle. Son naturel bienveillant le rendait heureux d’avoir pu lui apporter quelque clarté ; il souhaitait de tout cœur voir son amie prospérer – ou du moins, mener sa vie de manière peut-être plus apaisée que cela n’avait été le cas jusqu’à présent. Le long silence qui avait suivi ses paroles témoignait, il l’espérait, des rouages qui cliquetaient dans l’esprit en face du sien ; il observait discrètement le visage d’Herrade, qui laissait pour une fois transparaître plus d’émotions qu’à l’accoutumée. Ses paupières étaient encore gonflées mais on retrouvait peu à peu son habituel air revêche.

Elle poussa un long soupir, mais un soupir apaisé ; et lorsqu’elle le regarda à nouveau en face, elle paraissait avoir atteint un semblant de paix intérieure – ce qui réchauffa le cœur d’Orion. Elle lui demanda même son avis sur le rôle que lui-même pouvait avoir, inconsciemment ou non, dans l’échec de son propre épanouissement. L’Ambassadeur fronça le museau, son regard se perdant sur sa gauche ; il réfléchissait encore à la question lorsqu’elle le remercia – avant de lâcher une véritable bombe qui mit un instant à sortir Orion de ses réflexions, tellement son cerveau eut du mal à analyser l’information. Herrade quittait donc son poste de bourreau ? Comment cela ? Comment Seira avait-elle pu accepter de laisser les démons intérieurs de leur compétente amie la ronger au point que celle-ci sabote sa propre carrière ? Fronçant les sourcils, il fixa immédiatement le visage serein, encadré de dreads blanches, de la louve verte. La placidité, le flegme avec lesquels elle avait prononcés ces mots tranchaient avec la tempête qu’ils avaient déclenchée dans l’esprit d’Orion. Il se félicitait d’avoir été doté à la naissance d’un esprit clairvoyant et d’entretenir ses capacités de discernement en tâchant d’être attentif à ce qui l’entourait ; il avait bien vu, avant même que ses barrières ne cèdent aujourd’hui, qu’Herrade n’était pas dans un état normal ces derniers temps. Mais sa démission, cela il ne l’avait pas prévu ; il était resté persuadé, jusqu’à la dernière minute, que la Bourreau à l’âme de militaire tiendrait et garderait la tête droite malgré la pression.

Il lui en voulut, d’abord, puis s’en voulu de lui en avoir voulu ; et surtout de ne pas avoir pu anticiper une telle décision. Non pas car son ego était blessé – il ne l’était pas, tout simplement car Orion était fort peu susceptible – mais car il avait à cœur d’être encore plus attentif à ses amis qu’au simple monde qui l’entourait. Il n’avait pas toujours été ainsi, préférant souvent la solitude à la sociabilité ; mais depuis son retour sur Four Seasons, il s’était peu à peu ouvert aux autres, malgré la difficulté qu’il avait de nouer des liens durables et solides en raison de ses voyages extra-territoriaux ; ainsi avait-il eu la fortune de se lier d’amitié avec Herrade. Après avoir laissé passer un court silence qui lui avait permis de retrouver ses esprits et de saisir l’ampleur de la nouvelle, Orion s’éclaircit la voix et dit doucement, plongeant ses yeux azur dans les yeux bicolores de son amie :

« Non, Seira ne m’en avait pas informé. Je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi, Herrade ; je me doute que ça n’a pas dû être une décision facile à prendre. »

Il lui offrit un sourire sincèrement contrit ; les querelles entre les Alphas du Printemps et de l’Automne avaient monopolisé son attention ces dernières semaines et il avait dû délaisser la vie du clan au profit des relations diplomatiques. Il ne regrettait pas d’avoir œuvré à la paix, faiblement préservée grâce à un effort commun de quelques loups, mais il se sentit malgré tout coupable d’avoir ainsi laissée son amie seule face à ces questions qui avaient dû longuement la tourmenter. Il ne pouvait qu’espérer que Seira ait su lui offrir une oreille attentive et n’ait pas tenté outre-mesure de lui faire entendre raison ; il savait son Alpha parfois brutale et entêtée. Malgré tout, Herrade se tenait aujourd’hui devant lui apaisée, tranquille ; son inquiétude retomba un peu alors qu’il étudiait ses traits. Il reprit, tout aussi doucement :

« Je ne puis m’empêcher d’être curieux sur tes motivations. Je dois t’avouer ne pas t’avoir vue venir avec cette décision… » Il fit une brève pause, un petit sourire naissant à nouveau sur ses lèvres, et il inclina la tête, son lourd médaillon balançant légèrement de gauche à droite contre son poitrail. « Et pourtant, elle te ressemble beaucoup. C’est une décision courageuse et un brin intrépide… »

Il laissa sa phrase en suspens, hésitant à poursuivre. Il l’observait avec, peut-être, l’air d’un vieux hibou qui en savait un peu trop mais en disait trop peu – et il n’était pourtant pas beaucoup plus vieux que l’ex-Bourreau. S’il avait des lunettes, il la regarderait probablement par en dessous, tel un professeur fort sage ; mais il n’en avait pas, et un coin de son esprit eut une petite prière pour que jamais sa vue ne se dégrade. Le reste était occupé à se demander s’il devait continuer sa pensée ; il ne voulait pas semer la graine du doute dans l’esprit d’Herrade, cette même graine qui avait trouvé un terreau fertile dans son esprit à lui. Il jeta un œil aux ancolies, si importantes aux yeux de la louve aux tatouages araignée. Soupirant intérieurement, il dût bien se rendre à l’évidence ; elle était probablement trop loyale pour que de telles idées ne germent jamais en elle, et cette hésitation qu’il avait n’était que la projection de sa propre réaction aux doutes qui le rongeaient, quant à sa fidélité au Printemps. Relevant les yeux vers elle, il ajouta avec simplicité :

« Tu as pensé à toi avant de penser au clan. Tu verras peut-être cela comme de l’égoïsme ; personnellement, j’y vois de la maturité. Sois bienveillante avec toi-même, Herrade, accorde-toi cette victoire. »

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Lun 6 Mai 2019 - 15:57

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Herrade & Orion
Le silence qui pénétra entre les deux loups après les dernières paroles de la verte était plus intense, plus opaque que la quiétude habituelle des jardins. Orion n'était pas du genre démonstratif, mais même du coin de l’œil, Herrade sentit que la nouvelle l'avait soufflé, et s'en voulut de ne pas y avoir mis un peu plus de formes. Son but n'était pas bien entendu de créer un scandale, mais elle avait eu envie de se débarrasser de l'information, aussi crue soit sa formulation, et attendait à présent d'avoir l'avis de l'Ambassadeur. Elle sentit une vague de culpabilité glacer son cœur, se sentant traîtresse et lâche envers les printaniers et les hauts-gradés, mais se recomposa vite. Elle avait déjà déblatéré de tout ceci avec elle-même, et elle connaissait ses raisons. Quand elle le sentit prêt à parler, elle plongea son regard dans le sien, attendant avec un frisson son sentiment sur la question.

« Non, Seira ne m’en avait pas informé. Je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi, Herrade ; je me doute que ça n’a pas dû être une décision facile à prendre. »

Un sourire brouillon et gêné traversa le visage de la demoiselle, qui devait analyser trop rapidement plusieurs informations qui avaient chacune leur importance ; elle se hâta de répliquer, touchée par la gentillesse du sourire de son ami.

« C'est très récent, hier soir à peine ; je préférais te prévenir moi-même. » Presque avec désinvolture, elle haussa les épaules, tournant la tête comme pour s'adresser aux jardins. « Non, il est vrai... mais je crois qu'elle était nécessaire. »

Il se sentait désolé de ne pas avoir été là pour elle... Si elle s'était ouverte à lui plus tôt, les choses auraient-elles été différentes ? Si elle avait réalisé plus tôt quel soutien inestimable Orion pouvait être, aurait-elle demandé à bénéficier de sa sagesse ? Qui sait, mais le fait était que cela n'avait pas eu lieu, et elle devait se contenter de ce présent-ci. Lorsque la voix douce du cornu s'adressa de nouveau à elle, la belle le regarda, redevenue sérieuse. L'analyse du blanc quant à sa décision, réfléchissant à merveille son caractère, la fit sourire, amusée.

« Courageuse et intrépide... Si c'est toi qui le dis, je suppose que je devrais te croire. »

Elle l'observa un instant, rassemblant ses pensées, ne sachant trop comment satisfaire la curiosité de l'ambassadeur sans s'embrouiller dans ses écheveaux mentaux. Lui-même semblait attendre quelque chose, indécis à poursuivre ; curieuse de connaître le fond de sa pensée, elle le laissa mijoter, cherchant ses propres mots en silence. Enfin, il reprit, encore une fois avec beaucoup de douceur, et sous le regard sérieux d'Herrade.

« Tu as pensé à toi avant de penser au clan. Tu verras peut-être cela comme de l’égoïsme ; personnellement, j’y vois de la maturité. Sois bienveillante avec toi-même, Herrade, accorde-toi cette victoire. »

Elle hocha doucement la tête ; de la maturité ? Peut-être bien... En un sens, elle comprenait l'idée que voulait lui transmettre le cornu, même si sa vision des choses était sensiblement différente. Mais après tout, tous deux n'avaient peut-être pas le même regard sur leur clan et leur rôle.

« Eh bien... disons que je ne me sentais plus à ma place. La vérité, c'est que je me suis monté la tête avec des objectifs inatteignables, je ne me sentais plus digne d'être le bras droit de Seira... Peut-être est-ce parce qu'elle semble elle-même imbattable, toujours prête à aller de l'avant. Je suis pourtant assez bien placée pour savoir que ce n'est pas toujours le cas... » Elle eut un petit soupir, et chassa d'un mouvement vif les mèches qui retombaient devant ses yeux. « Ce qui m'a surtout minée, c'est de m'être sentie inutile pour le clan. C'est peut-être du patriotisme extrémiste, je le reconnais... »

Une légère couleur teinta ses joues quand elle avoua ce lien intime qu'elle nouait avec le Printemps, jusqu'au fanatisme aux yeux de certains. Mais comment l'expliquer ?

« Il est vrai que j'ai toujours passé le clan en priorité sur mes propres intérêts ; j'étais persuadée que de toute manière, mes intérêts étaient ceux du clan. Le Printemps, c'est... c'est réellement chez moi, ma famille, ma ressource. » Elle porta un regard chargé d'émotions sur les massifs qui les environnaient, brillants de rosée. « Quelque chose que je tiens de Rage et Myosotis sûrement... Le Printemps, c'était toute leur vie. Seira est tout autant impliquée, même si sa reconnaissance envers les siens ne s'exprime pas de la même manière. Pendant un moment, j'ai souffert de me sentir en marge des efforts de la meute, de ne plus y contribuer... dans un sens, c'était une décision personnelle, mais qui j'espère, profitera quand même à terme au clan. Quand j'aurai trouvé le moyen de m'épanouir personnellement ici et d'être utile à tous. »

Elle se mordit pensivement la babine, retournant ses propres mots dans sa tête, se demandant si ce qu'elle ressentait au plus profond d'elle-même n'était pas ressorti de manière trop brouillonne... Elle espérait qu'Orion en avait saisi l'essentiel, et qu'il comprenait. Tandis qu'elle méditait encore rêveusement, elle ajouta, un ton plus bas.

« Au fond, je pense qu'être un peu égoïste ne peut pas faire de mal ; si on ne prend pas soin de soi, on n'est pas à même de prendre soin des autres. C'est plus difficile de s'intégrer à la communauté. Tu ne penses pas ? » Sa dernière question s'accompagna d'un regard vers son ami, désireuse de voir si elle l'avait perdu avec tout son blabla ou s'il tenait bon.

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Dim 12 Mai 2019 - 14:46


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« Eh bien... disons que je ne me sentais plus à ma place. La vérité, c'est que je me suis monté la tête avec des objectifs inatteignables, je ne me sentais plus digne d'être le bras droit de Seira... Peut-être est-ce parce qu'elle semble elle-même imbattable, toujours prête à aller de l'avant. Je suis pourtant assez bien placée pour savoir que ce n'est pas toujours le cas... »

Orion détourna le regard à l’évocation de l’Alpha. Il ne voulait pas parler d’elle, ou peut-être que si, justement ; il n’avait plus tellement de certitudes, mais craignait que verser dans ce côté de la conversation ne l’incite à s’ouvrir, et il appréhendait ce qu’Herrade – comme tout autre Printanier – pourrait avoir à en dire. Mieux valait, pour l’instant, rester coi sur ce sujet.

« Ce qui m'a surtout minée, c'est de m'être sentie inutile pour le clan. C'est peut-être du patriotisme extrémiste, je le reconnais... »

Relevant les yeux vers son amie, Orion hocha la tête. Il ne partageait pas cette position hautement patriote, cela il ne s’en était jamais caché ; peut-être cela valait-il mieux, d’ailleurs. N’était pas meilleur diplomate ou conseiller que celui qui savait rester alerte et objectif, du moins selon lui, et il se félicitait d’avoir réussi à cultiver son impartialité. Mais il pouvait entendre et comprendre la position d’Herrade, que bien des claniques partageaient, de par la manière dont ils avaient été élevés. La louve verte elle-même reconnut bien volontiers la part d’héritage familial qui influait sa manière de voir les choses. L’Ambassadeur printanier n’avait jamais eu la fortune de pouvoir se bercer dans ce patriotisme, qui lui aurait évité bien des questionnements ; Orion se surprenait parfois à se demander si sa vie n’aurait pas été plus simple si sa fidélité au clan avait été acquise et absolue, quelles que soient les circonstances. Mais ainsi n’étaient pas faites les choses, et il balayait souvent ces réflexions hypothétiques, conscient de leur futilité. D’autant que ce patriotisme n’était pas si anesthésiant que cela, en témoignaient les tourments qui assaillaient aujourd’hui Herrade. S’il avait été à sa place, lui n’aurait probablement pas démissionné pour ces raisons… mais il en avait d’autres, qui l’amèneraient peut-être bientôt à se questionner sur sa potentielle propre démission.

« Il est vrai que j'ai toujours passé le clan en priorité sur mes propres intérêts ; j'étais persuadée que de toute manière, mes intérêts étaient ceux du clan. Le Printemps, c'est... c'est réellement chez moi, ma famille, ma ressource. Quelque chose que je tiens de Rage et Myosotis sûrement... Le Printemps, c'était toute leur vie. Seira est tout autant impliquée, même si sa reconnaissance envers les siens ne s'exprime pas de la même manière. Pendant un moment, j'ai souffert de me sentir en marge des efforts de la meute, de ne plus y contribuer... dans un sens, c'était une décision personnelle, mais qui j'espère, profitera quand même à terme au clan. Quand j'aurai trouvé le moyen de m'épanouir personnellement ici et d'être utile à tous. »

La meute : c’était probablement le mot qui faisait la différence entre elle et lui. Orion la contemplait, de l’émotion dans le regard ; elle n’en avait probablement pas conscience, mais elle offrait un miroir étonnant à l’Ambassadeur. C’était comme regarder son reflet inversé, aussi déplaisant que fascinant, mais en même temps très semblable au fond. Tous deux, finalement, se remettaient en cause personnellement, et songeaient à des mesures radicales : Herrade avait démissionné et Orion ne voulait pas encore mettre de mots sur ce qui se profilait pour lui. En tout cas, ce ne serait certainement pas une démission – à quoi bon ? Il n’était pas un guerrier, même s’il se battait lorsque cela était nécessaire – il était responsable de l’ultime blessure de Nachtgewalt, avant que celui-ci ne fuie après avoir attenté à la vie de Seira. Mais il n’aimait pas cela, lui était un intellectuel qui vouait un culte à la pensée, l’art des mots et la politique ; quel autre rôle dans le clan pour lui que celui d’Ambassadeur ?

« Au fond, je pense qu'être un peu égoïste ne peut pas faire de mal ; si on ne prend pas soin de soi, on n'est pas à même de prendre soin des autres. C'est plus difficile de s'intégrer à la communauté. Tu ne penses pas ? »

Orion plissa les yeux, songeur ; bien sûr, Herrade avait raison. Mais il ne pouvait abonder totalement en son sens, car pour cela il aurait fallu qu’il veuille s’intégrer à la communauté. Et cela, il n’en était plus certain – en avait-il jamais été ? Avec le recul, il avait toujours eu à cœur l’intérêt du plus grand nombre, mais n’avait pas pour autant cherché à s’y intégrer ; il avait même coupé tous les ponts en s’exilant à son adolescence, en quittant le Printemps pour découvrir d’autres horizons, d’autres personnes. Et ce départ ne lui avait pas fait si mal ; c’était le retour qui avait été douloureux, le retour et ce qui avait suivi. Devoir se réintégrer, se rendre compte des difficultés, et surtout du décalage entre lui et les autres ; malgré la douceur de la transition, grâce à ses absences répétées dues à son rang, la violence symbolique n’en était pas moins réelle. Vouloir prendre soin des autres, selon les mots d’Herrade, passait-il nécessairement par son intégration à la communauté ? Ne pouvait-il œuvrer pour le bien général en gardant une certaine distance ? Et ce besoin d’espace qu’il ressentait, était-il dû au fait qu’il ne se sentait pas en adéquation avec ce que le Printemps était devenu, ou cela serait-il valable pour n’importe quel clan ? Était-il lui-même le problème ?

« Je pense effectivement qu’il faut parfois être égoïste, autant pour dans notre intérêt que celui des autres. C’est plus difficile quand l’on nous a toujours appris l’importance de la meute, du communautaire, du don de soi. Mais ce n’est pas mon cas, je crois que ça ne l’a jamais été… J’ai toujours eu ce besoin de solitude, d’autonomie, d’indépendance. Beaucoup de loups, s’ils étaient Ambassadeurs, trouveraient douloureux d’être souvent éloignés du clan, mais j’y trouve là une source de bien-être. Mes racines ne m’ont jamais empêché de m’épanouir loin d’elles… »

L’époque où il se languissait de ne pas avoir d’attaches, de personnes si proches du cœur qu’il aurait fallu n’avoir aucune distance géographique entre eux, était révolue. Il avait fait le deuil de l’espoir de se lier sentimentalement ; sa seule histoire significative s’était terminée et il était en paix avec ceci. Sa solitude était voulue et il ne la regrettait pas, elle lui permettait de se réaliser autrement, à travers un épanouissement plus personnel, qui le contentait mais qui entrait souvent en contradiction avec les valeurs édictées par la vie en communauté du clan. Pourtant, il craignait à présent que ce qu’il avait pris pour une simple difficulté à les concilier ne fusse en fait une véritable incompatibilité.

« Je suis chanceux de pouvoir régulièrement élargir mes horizons, mais cela me rend plus conscient de certaines choses… Je vois les vies des autres clans, des loups aux pelages différents des nôtres mais trop semblables pour que je puisse approuver certains choix de Seira. Quels que soient les bons sentiments qui la motivent », ajouta-t-il avec un triste sourire.

Et c’était là peut-être la plus grande ironie de la situation ; il ne pouvait pas, en toute honnêteté intellectuelle, ériger son Alpha en un monstre de bellicisme aveugle, même si cela aurait sans doute rendu plus facile un hypothétique départ du clan. Seira avait ses motifs, valides à ses yeux, et il devait les respecter, aussi difficile à comprendre fussent-ils pour l’Ambassadeur.

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Jeu 23 Mai 2019 - 15:35

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L'échange avec Orion avait le double bénéfice d'élever Herrade hors de sa détresse mentale, et surtout d'occuper ses pensées sur un sujet assez stimulant pour qu'elle n'ait plus l'idée de se morfondre. Elle était infiniment reconnaissante à l'ambassadeur de recevoir tout son flot de paroles sans montrer d'impatience, se faisant même oreille attentive face à son discours qui devait pourtant manquer de sens. Guettant la réaction du cornu, s'interrogeant sur ce qui se lisait parfois à la surface de ses yeux, Herrade attendit, redevenue silencieuse, jusqu'à ce qu'il parle enfin.

« Je pense effectivement qu’il faut parfois être égoïste, autant pour dans notre intérêt que celui des autres. C’est plus difficile quand l’on nous a toujours appris l’importance de la meute, du communautaire, du don de soi. Mais ce n’est pas mon cas, je crois que ça ne l’a jamais été… J’ai toujours eu ce besoin de solitude, d’autonomie, d’indépendance. Beaucoup de loups, s’ils étaient Ambassadeurs, trouveraient douloureux d’être souvent éloignés du clan, mais j’y trouve là une source de bien-être. Mes racines ne m’ont jamais empêché de m’épanouir loin d’elles… »

Doucement, la verte hocha la tête ; elle ne partageait pas la même pensée que son ami, mais comprenait son raisonnement, et la vérité qui devait se trouver derrière. Alors qu'elle méditait ses mots, elle réalisa surtout qu'elle en savait très peu de la vie d'Orion, et se demanda dans quelle mesure ses expériences personnelles avaient pu influer sur son point de vue. Posant un regard neuf sur lui, elle se demanda ce qui pouvait se passer derrière son visage calme, s'il lui arriver d'exprimer ou de se livrer plus intimement sur ses sentiments et ses doutes.

« Je suis chanceux de pouvoir régulièrement élargir mes horizons, mais cela me rend plus conscient de certaines choses… Je vois les vies des autres clans, des loups aux pelages différents des nôtres mais trop semblables pour que je puisse approuver certains choix de Seira. Quels que soient les bons sentiments qui la motivent. »

Méditative, la soldate baissa lentement la tête ; un frisson parcourut son échine, et elle fronça légèrement les sourcils, sentant en elle comme une petite vague, un léger courant remué par les paroles du blanc. Pour sa part, à être si dévouée à son clan, elle en avait limité ses horizons, qui pourtant étaient bien vastes dans sa jeunesse, et ne connaissaient aucune limite de territoire. Il est vrai qu'elle avait rencontré de nombreux loups, et qu'elle s'était entendue avec la plupart ; et pourtant, ce n'était pas, ça n'avait jamais été de la trahison, sinon une simple curiosité enfantine ? Devait-elle se fermer à l'extérieur maintenant adulte, parce que des avis autres pourraient nuire à sa loyauté envers son clan ?

Finalement, elle n'avait pas encore fini de se triturer la cervelle aujourd'hui. Mais elle était heureuse d'avoir l'avis d'Orion sur la situation ; elle qui avait d'abord regardé d'un œil froid ses nombreuses escapades avait à présent le sentiment de le comprendre un peu mieux.

« Je crois que je n'y avais jamais vraiment pensé, ou je n'avais jamais mis de mots dessus... mais peut-être que cette peur a existé aussi, tout au fond de moi. » Elle fronça un peu plus les sourcils, se demandant si cette peur avait été réelle, consciente ou inconsciente, passée ou projetée sur son avenir. « La peur de commettre des actes irréparables au nom d'une cause ou d'une personne en laquelle je crois. De faire de mauvais choix. »

Rapidement, l'ex-bourreau fit un retour sur sa vie, sur ses actes, inspecta le moindre de ses agissements à la lumière du tribunal de sa conscience. Est-ce que son patriotisme l'avait déjà poussée à des actes idiots ? Non, elle était persuadée que non. Elle agissait avec les meilleures intentions, et les loups qu'elle avait pourchassés étaient réellement coupables de crimes odieux. Mais qui sait... si la guerre contre l'Automne avait été déclarée, jusqu'où aurait-elle suivi Seira ? Et pourtant, elle n'avait pas eu l'impression de craindre le faux-pas, parce qu'elle faisait confiance à la noiraude, et qu'elle connaissait ses limites - ou celles qu'elle pouvait lui faire réaliser. Avec un soupir de grande réflexion, la verte se redressa.

« Tu as raison, même avec de bons sentiments, tous les choix ne sont pas bons à prendre. » Ses yeux se portèrent à nouveau vers Orion, qu'elle gratifia d'un timide sourire. « C'est aussi pour ça que je suis contente de te savoir non loin des oreilles du pouvoir, aussi têtues puissent-elles être parfois. Je pense que ta sagesse et ton altruisme sont un souffle neuf et porteur pour le Printemps. »

Ses propres mots l'étonnèrent ; il y a peu encore, la belliqueuse Herrade aurait dévoilé ses crocs, houspillé les hésitants, et prit position au front. A présent, elle se sentait plus mesurée, plus consciente de son impact dans le clan, de sa place et de ce qu'elle voulait pour les siens.

« Mon départ était peut-être précipité, mais il m'a fait du bien. Il m'a fait ouvrir les yeux, en quelque sorte. Je n'ai pas pour autant perdu l'amitié de Seira, et je compte bien regagner sa confiance ; j'espère pouvoir être une amie fidèle qui l'aide à mener son clan vers un horizon plus serein. »

Elle y croyait, en tout cas ; la blonde avait eu sa part d'expériences difficiles ces derniers temps, et son tempérament s'en était trouvé marqué. Si ses plus proches soutiens la guidaient vers plus de réflexion et une patte plus légère, elle saurait s'en remettre à leurs avis. Herrade prit quand même un air plus assuré, plissant légèrement les yeux avec un fin sourire.

« Qu'on ne vienne quand même pas nous chercher des noises, ou ça va barder. »

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Dim 9 Juin 2019 - 19:23


La nuit meurt, l’hiver fuit ; maintenant la lumière,
Dans les champs, dans les bois, est partout la première.
La grande louve gris-vert avait hoché la tête à plusieurs reprises aux mots de l’Ambassadeur. Elle-même admit ensuite avoir peut-être ressenti cette peur, cachée, enterrée au fond d’elle. Et qui pourrait la blâmer de ne pas s’en être rendue compte plus tôt ? Chacun, en ces terres, vivait avec un passif et des valeurs transmises plus fortes parfois que la simple volonté individuelle. Se défaire de ces croyances demandait un effort quotidien et vouloir les enterrer à jamais était peut-être même illusoire. Mieux valait sans doute apprendre à composer avec ces convictions, ces causes, pour s’améliorer sans effacer son identité propre.

« Tu as raison, même avec de bons sentiments, tous les choix ne sont pas bons à prendre. C'est aussi pour ça que je suis contente de te savoir non loin des oreilles du pouvoir, aussi têtues puissent-elles être parfois. Je pense que ta sagesse et ton altruisme sont un souffle neuf et porteur pour le Printemps. »

Orion sentit ses babines s’étirer dans une tentative de sourire, sans que cela ne transmit aucune chaleur ou onde de bonheur. Il entendait les compliments d’Herrade comme on entendait le flot d’une rivière – doux aux oreilles, onctueux et berçants, mais sans saveur. Il entendait mais n’adhérait pas, il ne parvenait pas à se convaincre de la véracité de ses mots. Ils n’étaient qu’un avis et, quelle que fût la valeur qu’il accorda aux paroles de son amie, c’était à son cœur de les accepter. Et au creux de ses doutes, il ne parvenait pas à se voir comme un être ayant de la valeur, ayant une prise sur le présent et l’avenir. Les récents évènements l’avaient paradoxalement convaincu du contraire. La victoire de la paix n’avait pas convaincu l’Ambassadeur de son action, et l’avait plutôt amené à considérer tous les points sur lesquels il avait échoué.

« Mon départ était peut-être précipité, mais il m'a fait du bien. Il m'a fait ouvrir les yeux, en quelque sorte. Je n'ai pas pour autant perdu l'amitié de Seira, et je compte bien regagner sa confiance ; j'espère pouvoir être une amie fidèle qui l'aide à mener son clan vers un horizon plus serein. »

Sa voix avait repris de l’assurance et ses yeux avaient pétillé d’un éclat nouveau, tandis qu’elle souriait finement. Il lui sourit en retour, cette fois-ci plus franchement. À défaut d’avoir conscience de sa valeur propre, il percevait avec une grande clairvoyance à quel point ceux qui l’entouraient étaient merveilleux – et c’était peut-être là la grande malédiction de la vie d’Orion, dans ces moments d’incertitudes. Herrade était assurément un élément indispensable au clan, un des moteurs de leur dynamique nouvelle après le flottement qui avait baigné la régence de Jayden. Il était heureux que son amie se sente sur une bonne pente, et qu’elle parle ainsi de l’avenir ; se projeter était toujours un signe de bonne santé et de bon moral. Il était des temps où elle n’aurait pas ainsi fait de plans pour le futur.

« Qu'on ne vienne quand même pas nous chercher des noises, ou ça va barder. »

Il sentit une vague de chaleur le submerger. C’était l’un de ces moments où il sentait son âme comme happée hors de son corps pour observer la scène avec des yeux étrangers et neufs. C’était l’un de ces moments où il pouvait constater à quel point il estimait ceux qui faisaient partie de sa vie, à quel point il était chanceux d’être ainsi entouré. Il aurait enrobé Herrade d’une embrassade chaleureuse et tendre, eût-elle était plus ouverte aux contacts physiques. Réchauffé par ces pointes de bonheur qui perçaient son quotidien parfois gris et morne, il s’ébroua comme dans une tentative d’expulser ces idées moroses hors de lui.

« Je n’en attends pas moins de toi, très chère. »

Il lui fit un clin d’œil, chose rare pour l’Ambassadeur qui avait rarement l’occasion de se montrer si complice avec quelqu’un. Ce n’était pas nouveau pour lui mais plutôt la première fois depuis longtemps. Humant l’air chargé d’humidité et de senteurs printanières, il exhala lentement, savourant la sensation de fraîcheur dans ses poumons. Le cadre des jardins doublé de la rosée conférait une ambiance moite, presque feutrée à leur conversation.

« J’aime à croire que nous avons en nous le pouvoir de changer l’ordre des choses. Rien n’est écrit et c’est avec des âmes comme les tiennes que nous pouvons orienter le futur des clans. »

Ce n’était pas un mensonge, pas même une semi-vérité enrobée pour motiver Herrade. Non, c’était la vérité pure et dure, du moins comme il la concevait. Il était sincèrement convaincu que l’ancien bourreau était parvenu à toucher Seira, et à gagner sa confiance au point qu’elle écoute attentivement les paroles de la verte. Il était admiratif de cette position de haute estime que celle-ci avait atteinte, mais craignait pour sa part – non, il en était même persuadé – ne pas avoir réussi la même chose. Il avait fait honneur, et continuait, à ses fonctions d’Ambassadeur – mais son rôle, plus officieux, de conseiller et de murmureur auprès de l’Alpha n’avait jamais trouvé d’accomplissement. Même s’il tenait rigueur de certaines choses à son Alpha, il reconnaissait bien volontiers que c’était sa faute, de ne pas s’être donné les moyens de devenir proche d’elle. À présent, il doutait du caractère réversible de cet état de fait.

« Seira aura besoin de toi pour garder pied sur terre. Tu le sais autant que moi, elle est animée d’une flamme qui a besoin d’être canalisée afin de ne pas embraser ce qui l’entoure – ou elle-même. »

Sa voix avait baissé d’une octave sur la fin de sa phrase. Orion n’aimait pas les diseurs de bonne aventure, et encore moins les prophéties auto-réalisatrices qui semblaient animer certains, mais son usuelle clairvoyance le mettait régulièrement en garde de tout ce qui pouvait potentiellement mal tourner pour le Printemps – à commencer par les têtes dirigeantes du clan.

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Lun 10 Juin 2019 - 16:40

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Herrade & Orion
Pendant un instant, Herrade chercha un écho de son sourire sur le visage d'Orion, cherchant à se rassurer peut-être quant à la présence d'un allié à la tête du Printemps, une sorte de triangle équilibré qui pourrait toujours garder le clan hors du danger. Un frisson discret parcourut son échine lorsque les babines de l'Ambassadeur s'étirèrent sans illuminer son regard, et elle cilla sans trop comprendre ; doutait-il de la véracité de ses mots ? Il est vrai que sa relation avec Seira n'avait pas toujours été simple, surtout ces derniers temps, mais il était une âme fiable et solide sur laquelle on pouvait s'appuyer, elle en était convaincue à présent. Souffrait-il plus qu'il ne voulait en parler de cette situation ? Un voile d'inquiétude tomba sur le regard de la verte, mais déjà le cornu retrouvait un peu de chaleur, jusqu'à pétiller de malice et s'agiter. La soldate fut heureuse d'avoir fait mouche avec son trait d'humour, mais le regard terne du blanc hantait encore ses souvenirs, une expression à laquelle elle n'avait pas fait attention jusque là. Orion était si secret, si taiseux sur ses sentiments qu'elle ne s'étonnait pas plus que ça de n'avoir rien vu, mais elle s'en voulait malgré tout un peu de n'avoir peut-être pu aider dans des moments de crise. Si l'Ambassadeur avait des périodes de doute, elle espérait pouvoir être de ceux vers qui il se tournerait à l'avenir.

« Je n’en attends pas moins de toi, très chère. »

Son clin d’œil inhabituel amusa la printanière, qui sourit un peu plus largement, rassurée. Elle ne manquerait pas de scruter un peu plus son ami dorénavant, désireuse d'être un soutien aussi efficace qu'il l'avait été avec elle. À son instar, elle ouvrit ses sens sur leur environnement immédiat, la fraîcheur des jardins et la moelleuse chaleur du ciel, les odeurs et l'agréable sensation de la brise dans ses poils. La vie au Printemps, si douce et pleine de promesses.

« J’aime à croire que nous avons en nous le pouvoir de changer l’ordre des choses. Rien n’est écrit et c’est avec des âmes comme les tiennes que nous pouvons orienter le futur des clans. »

Le compliment la fit rougir dans ce qu'il sous-entendait de valeureux et d'honorable, et elle gratifia à nouveau Orion d'un regard ému. Elle croyait cependant percevoir une once d'amertume dans les propos du cornu, qui peinait un peu sa reconnaissance ; il lui accordait un mérite qui pouvait tout autant lui échoir, mais qui, par la force des choses ou des choix, n'était pas. Faire sa place auprès de la reine printanière n'était pas chose aisée, surtout lorsque les points de vue divergeaient ; Herrade espérait seulement que le blanc trouverait une place où il s'épanouirait pleinement.

« Seira aura besoin de toi pour garder pied sur terre. Tu le sais autant que moi, elle est animée d’une flamme qui a besoin d’être canalisée afin de ne pas embraser ce qui l’entoure – ou elle-même. »

À nouveau, elle hocha la tête, plus gravement. Elle accueillait ces paroles de sagesse avec sérieux et estime, consciente du regard objectif que son ami portait sur le sujet. Tout était dit là-dessus, elle ne voyait pas quoi ajouter, sinon qu'elle ferait de son mieux - et ça, il le savait déjà.

Le regard d'Herrade se perdit à nouveau dans les reliefs du jardin. À présent apaisée, elle avait envie d'occuper ses pattes, de redonner fraîcheur et vigueur à cette section en mal de soins. Seuls les abords du jardin secret des guérisseurs était un tant soit peu entretenu aujourd'hui, et elle trouvait ce déclin regrettable. Cet endroit était un reflet de leur clan, et y travailler, veiller dessus tous ensemble, était ce qui faisait leur force. Elle avait hâte de voir revenir les fleurs et les belles feuilles brillantes des buissons, lorsque leur saison serait à son apogée !

« Si tu avais le pouvoir de changer quelque chose sur Four Seasons... tu changerais quoi ? »

Cette question n'avait presque rien à voir avec leur précédente discussion, mais Herrade était vraiment curieuse d'entendre la réponse. À parler avec le cornu, elle avait surtout réalisé qu'elle en savait peu de lui, et comme elle n'osait pas lui demander frontalement à quoi il avait occupé ses années de voyage en dehors de Four Seasons, elle aimait autant connaître son avis sur le monde idéal qu'il pourrait façonner. Connaître la pensée d'Orion, c'était déjà en connaître un peu de lui, et s'ouvrir à ce qu'il dissimulait derrière.

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