Four seasons
Tu as posé les pattes sur Four Seasons !

Tu te retrouves dans un monde étrange, peuplé d'animaux désignés comme dangereux... Des loups !
Mais ne t'inquiètes pas : ils sont civilisés et ne te mordront pas au moindre mouvement ! (encore que...)
Viens incarner TON loup ou TON chien et fais le vivre à travers des aventures nommées RP !



Votre devoir sera de rétablir la paix des saisons, mais il y a toujours des trouble-fêtes...

 

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La première fois que je t'ai parlé [Seira]
Amaryllis
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Dim 13 Jan 2019 - 18:28

Au fil des lunes et des saisons, les trois orphelines du printemps grandissaient. Elles n'étaient plus les petites filles impuissantes et égoïstes qu'elles avaient un jour été ; désormais plus grandes et éveillées, leur influence sur le monde grandissait à chaque jour qui passait. Parmi les trois, seule Amaryllis était réellement une bonne fille. Hékate et Titania avaient un truc pour se faire des amis, mais, au fond, leur objectif n'était pas simplement d'avoir des gens sur qui compter, mais plutôt de les manipuler pour qu'ils les aident à obtenir toute l'attention et l'influence qu'elles voulaient avoir. Amaryllis, elle, n'était pas comme ça. Contrairement aux deux autres, elle n'avait pas hérité des gênes manipulateurs de ses géniteurs inconnus. La seule chose qui ressortait en elle, c'était son œil noir, et les petites cornes qui avaient commencé à pousser sur sa tête dès son enfance ; comme si cette malédiction physique l'avait empêchée de toucher au mal psychologique qui avait atteint les autres.

Maintenant plus grande, Amaryllis commençait à se développer une plus grande individualité encore. Dès petite, elle n'avait pas peur de sortir de chez elle sans permission ; là, elle avait le droit, alors ça lui évitait de se faire réprimander, mais au fond, ça ne changeait pas grand chose. Aujourd'hui encore, elle avait quitté la tanière « familiale » (aussi familiale que puisse être cette maison où les gens ne s'entendaient pas vraiment) pour aller se promener dans les terres du printemps. Elle ne souhaitait pas aller bien loin aujourd'hui ; rôder dans la plaine aux cerisiers était bien suffisant pour elle, en ce moment.

La jeune louve était sociable, c'était vrai, mais elle n'était pas particulièrement d'humeur à aller se mêler aux autres en ce moment. Elle qui n'aimait pas trop réfléchir aux choses négatives de la vie, elle n'arrivait pas à faire partir sa mauvaise humeur aujourd'hui. Elle ne savait pas pourquoi elle avait eu ce coup de blues, mais bon. C'était une adolescente, il ne fallait pas oublier, et même si elle faisait de sa vie quelque chose de beau, tout n'était pas parfait, même pour ce petit ange au sourire radieux.

Ses sœurs refusaient toujours de faire des efforts pour s'entendre. Et, maintenant que la guerre était passée à un cheveu de se produire... Elle ne savait plus trop si sa vision parfaite et émerveillée du monde était vraiment la bonne, ou seulement une vision naïve de son imagination trop fertile.

Alors, elle se contenta de s'asseoir au pied d'un cerisier, non loin de la tanière de Seira, d'ailleurs, et de contempler les pétales virevolter dans le vent. Si quelque chose ne changeait pas au fil des saisons, c'était la beauté de sa contrée. Malgré tout, la jeune louve n'était pas d'humeur à regarder les merveilles de la nature les yeux brillants. Elle les fixait plus par habitude que par envie et espérait juste que cet endroit reste aussi vide qu'il l'était en ce moment pour un moment encore. Non pas qu'elle n'avait pas envie de voir qui que ce soit, mais surtout que la paix était ce qu'elle recherchait en cet instant ; si elle voulait sourire et parler avec ses amis, elle les aurait rejoints au lieu de flâner non loin de sa maison.
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Seira
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Dim 13 Jan 2019 - 21:12


Après être revenu des terres de Noël où régnait une antique magie, il arrivait couramment à Seira de sourire sans la moindre raison valable. Elle avançait, le cœur plus léger qu’à l’accoutumer, vers un avenir incertain. Cependant, elle pouvait affirmer avec fierté que cette fois-ci elle ne serait pas seule, que marcherait à ses côtés des loups qui lui était fidèles et dont les sourires devenaient plus important à ses yeux aux fils des jours. Herrade, Thorin et même cette tête d’âne bâté d’Ozymandias avaient fini par faire de leurs existences un pan merveilleux de sa vie mouvementer par les souvenirs tragiques d’une trahison lointaine.

C’est en remontant le chemin qui menait à sa tanière, coupant à travers le champ pour humer l’odeur des cerisiers, que Seira croisa le chemin de son passé. Elle regardait les fleurs immortelles perdre leurs pétales délavés par l’hiver avec une mine triste, sa mèche nacrée en bataille, mais ses ailes
correctement ranger dans son dos courber par la peine. Seira resta pantoise devant cette image de la petite Amaryllis sur laquelle elle avait posé un filtre qui l’empéchait de la voir durant tout ce temps – depuis le jour où elle l’avait abandonner – qu’elle ne s’attendait surement pas à croisé si près de chez elle. Elle avait entendu parler de la tumultueuse Hékate, de sa majesté Titania, mais jamais d’Amaryllis dont le caractère facile la rendait appréciable autant qu’invisible aux yeux du monde.

L’alpha hésita, détourna le regard à la recherche d’une raison pour changer de route, mais la plaine était vide de toute vie. Les nourrices préférant garder les enfants au chaud d’une tanière d’amour, les veilleurs traçant leurs bouts de chemins en compagnie des chasseurs et les soldats… Les soldats se trouvaient dans le dos de la meneuse, à s’entrainer durement, et s’en retourner les voir auraient parru suspect. Elle poussa un long soupir, déglutie en espérant que sa salive emporte avec elle ce goût amer qu’elle avait dans la bouche et s’approcha de la jeune louve.

- Amaryllis ? – Elle espérait que sa voix fut aussi neutre possible, quoi qu’un peur ferme comme à son habitude, mais en réalité elle fut douce pour ne pas brusquer cette enfant mystérieuse dont elle ne connaissait que le nom. – Qu’est-ce que tu fais toute seule ici ?

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Amaryllis
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Dim 13 Jan 2019 - 22:15

Après un moment passé seule avec le silence comme unique ami, Amaryllis entendit finalement autre chose. Non pas le son des pas, qu'elle fut sûrement trop distraite pour entendre s'approcher, mais directement celui d'une voix ; qu'elle ne reconnut pas directement. Ses iris vairons se retournèrent dans toutes les directions pendant une seconde, cherchant l'origine de cette douce salutation. Et, peu de temps plus tard, elle vit celle qui l'avait interpellée : louve noire et d'une splendide grandeur, il s'agissait de Seira, l'Alpha printanière. Amaryllis était généralement admirative de son travail et de son autorité, même si, pour une raison ou pour une autre, elle ne lui avait jamais directement adressé la parole auparavant. La jeune adolescente aurait à peine été surprise si sa reine n'avait pas su comment elle se nommait, honnêtement.

Ah, elle était sûrement ici parce qu'elle était en train de rentrer chez elle, hein ? Amaryllis n'avait aucune raison de la retenir, surtout qu'elle avait quitté la maison avec comme objectif de ne pas avoir à parler à quelqu'un pour le moment. Malgré tout, elle lui répondit : « Rien en particulier. »

Elle tenta de sourire, mais même si ses lèvres étaient étirées, le reste de son langage corporel était toujours aussi maussade. Elle était habituée à être celle qui était toujours heureuse, alors ça devait bien être ce que les autres attendaient d'elle, maintenant, hein ?

« Pas besoin de vous déranger pour moi, Dame Seira ! » Sa voix craqua un peu, mais elle fit comme si elle ne s'en était absolument pas rendu compte.

Oui, après un moment, Amaryllis avait fini par capter que les gens n'avaient pas tous le même rang. Ça ne changeait pas sa façon d'agir plus que ça changeait sa façon de parler, mais sans plus. Là, pourtant, c'était la première fois qu'elle parlait directement à la cheffe du printemps, celle qui faisait de son mieux pour qu'ils puissent toujours prospérer, malgré les tensions et les problèmes. Elle ne voulait pas faire mauvaise impression devant elle et paraître comme une personne... Une personne quoi ? Amaryllis n'avait pas de mal à montrer ses émotions normalement, alors pourquoi est-ce que maintenant elle voulait mentir ? Elle... Argh ! Ses sentiments étaient tous bizarres ! Mentir comme ça, c'était le truc de ses sœurs, non ? Mais c'est vrai que si elle disait la vérité, elle ne ferait que causer plus de problèmes à tout le monde, et elle ne voulait pas ça, non plus...

C'était difficile, de prendre des décisions, alors qu'on arrivait à l'âge émotionnel, hein ? Avec l'adolescence, Amaryllis changeait, et elle ne savait pas du tout quoi en penser. Personne ne semblait l'avoir remarqué, d'ailleurs, mis à part... Elle-même, en fait. Peut-être que c'était juste un petit coup de mou, et que tout reviendrait bientôt à la normale, si elle le laissait passer ? ... Oui. Elle n'avait vraiment pas besoin de déranger Seira pour ça, alors elle pouvait bien... Mentir, juste pour cette fois, même si ce n'était pas vraiment plaisant pour elle de le faire.
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Seira
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Lun 14 Jan 2019 - 16:37


- Pas besoin de vous déranger pour moi, Dame Seira !
- Bien. – fit-elle après une longue minute de silence.

Passant son chemin, Seira dépassa l’enfant prostré sans lui adresser un regard alors que l’air se faisait de plus en plus lourd autour d’elle. Quand l’alpha fut à mis distance de chez elle, elle se risqua – après une énième hésitation – à tourner le regard vers Amaryllis dont le regard fuyait tout contact et les longues mèches nacrés cachait les traits malheureux de son visage. Seira, qui se mordait timidement les lèvres, n’osait plus détourner son regard de l’enfant. Elle ne pouvait s’empêcher de faire le lien avec ce géniteur félon, dont la couleur épurée du pelage ne cessait lui rappeler sa propre bêtise, cependant elle voyait aussi en ses traits celui d’un douloureux souvenir d’une adolescence partager. Le sillon douloureux que creusait la solitude, le doute qui s’insinuait dans les vallons creuser par le temps de l’ingratitude et ce regard vague qui cherchais un point d’accroche là où il n’en n’avait pas.

Seira fit volte-face et retourna aux cotés de l’adolescente dont elle croisa le regard luissant qu’elle ne put soutenir. Un maigre rictus lui échappa.

« - Ils sont supers beaux tes yeux ! Pourquoi tu les caches ?
- Bah, parce qu’il brille trop. Si tout le monde les voie, ils vont passer tous leurs temps à me regarder. »

Elle qui avait toujours refuser de les voir, même de leurs parler, voilà que Seira se prenait la plus grosse claque de sa vie ne regardant les yeux agars d’une enfant sans repère. Sans s’expliquer, elle vint s’assoir et ses côtés pour lui demander d’une voix douce :

- Tu es sûre qu’il n’y a rien ? On peut en parler si tu veux.

Relevant ses yeux azurés vers son visage juvénille, Seira se mit secrètement à espérer que l’attitude maternelle qu’elle affichait sur son visage fatiguer, avec sa poitrine barrer de cicatrice, ne l’effrayerait pas.


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Amaryllis
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Lun 14 Jan 2019 - 23:43

Bon. Seira était partie aussi vite qu'elle était arrivée. Amaryllis était mitigée ; elle était contente que son Alpha ait écouté ce qu'elle lui ait dit, oui, mais... C'était bien la première fois qu'elle lui avait adressé ne serait-ce qu'un regard, alors, avoir son attention, c'était... Quelque chose de nouveau. Pas grave, hein ? Elle avait demandé à rester seule. Puis, sa reine était sûrement très occupée, elle n'avait pas le temps de gérer une des gamines du clan qui était juste d'humeur un peu maussade. Et ça n'était pas grave ! Parce que, Amaryllis en était convaincue, elle irait mieux dans un peu de temps. Si elle attendait et ne dérangeait personne, ça finirait par passer !

Enfin... Les secondes passèrent, le silence était revenu, plus puissant que jamais, et la jeune louve ne fit toujours aucun mouvement. Son bon sens lui disait d'aller ailleurs ; si Seira ressortait et la voyait, toujours au même endroit, ça serait sûrement embarrassant pour toutes les deux. Elle devrait partir... Oui... Elle devrait...

Seulement, la petite printanière n'avait pas vraiment l'envie ni la motivation de bouger. Dès qu'elle fut à nouveau laissée à elle-même, son regard vide se plongea à nouveau dans les airs, perdu, telle qu'elle l'était actuellement ; perdue elle ne savait où, avec des destinations qu'elle ne connaissait pas, mais tout de même perdue, d'une certaine façon.

Cette fois encore, elle n'entendit pas les pas ; et, trop perdue dans sa tête, elle ne vit pas son Alpha faire volte-face alors qu'elle était à la moitié de son chemin, non plus. Ce qui l'ancra à nouveau à la réalité, ce fut encore une fois le son de sa voix.

« Tu es sûre qu’il n’y a rien ? On peut en parler si tu veux. »

Si elle était déjà plutôt douce avant, Amaryllis ne ressentait là que de la gentillesse et de la délicatesse chez son aînée. En levant ses yeux vers elle, elle ne voyait pas la reine fougueuse dont ses congénères parlaient souvent, celle qui les dominait d'une patte de fer, celle qui avait voulu la guerre contre l'automne il y a peu de temps de cela et qui avait réussi à arrêter l'un des plus grands criminels de ce monde, mais plutôt quelqu'un de fatigué et qui était prête à l'écouter. Et, en ce petit instant de vulnérabilité où quelqu'un qu'elle avait beaucoup de raisons d'admirer lui adressait pour la première fois la parole, la regardait finalement, elle ne put s'empêcher d'être un peu plus honnête que tout à l'heure.

« Non... » Ses paroles n'étaient pas fortes, pas confiantes, mais elles étaient tout de même faciles à entendre, tout du moins Amaryllis l'espérait. « Je sais pas pourquoi, mais... J'me sens bizarre. »

Encore toute petite, Amaryllis n'aurait certainement eu rien à faire de cela. Elle serait passée par-dessus en quelques instants et serait repartie en aventure ! Sauf que là, les choses avaient changé. Du moins, elle en avait l'impression. Non, ce n'était pas ses sœurs, elle en était sûre. Elles avaient beau avoir toutes deux grandi, au fond, elles restaient toujours pareilles. Ni leurs objectifs, ni leurs moyens de les atteindre avaient changé. Et toutes les deux ignoraient toujours autant leur troisième sœur, trop occupées à... Faire ce qu'elles faisaient lorsqu'elles n'étaient pas à la maison. C'était plutôt Amaryllis, qui ne savait plus trop où elle était. Elle avait de la difficulté à sourire autant qu'avant, elle avait de la difficulté à voir le monde aussi grand maintenant qu'elle n'avait plus la taille d'une petite puce.

Au fond, elle n'avait jamais été victime de soucis ou d'inquiétudes avant. Alors, pour une fois qu'elle vivait une passe difficile, même si cela lui paraissait à elle-même stupide et sans raison, elle ne savait pas trop quoi répondre. Surtout lorsque c'était à quelqu'un de si important et qui avait vécu autant de choses ; les longues cicatrices sur le poitrail de Seira, c'était une raison évidente de souci qu'elle avait dû avoir. Amaryllis, elle, n'avait jamais rien vécu de grandiose. Elle ne pouvait pas expliquer ça, et, de toute façon, lorsqu'elle y pensait un peu plus, elle se trouvait un peu sotte de s'en faire pour simplement un petit coup des émotions. Il y avait tellement de choses qui auraient pu causer ce genre de sentiments, mais, pour elle, c'était tout simplement un mauvais jour. Il y avait tellement de choses à faire, tellement de travail, de problèmes, et pourtant, sa dame avait décidé de prendre de son temps pour l'aider, elle. D'un côté, Amaryllis s'en voulait, peut-être que le printemps souffrirait du fait qu'elle acceptait l'aide de sa dirigeante, mais, d'un autre, elle avait terriblement besoin de parler à quelqu'un, peu importe à quel point elle n'en avait initialement pas envie. Ce sentiment qui lui martelait la poitrine, elle ne le connaissait pas, et elle ne voulait pas avoir à y faire face ; pas devant des gens qui l'ignoreraient certainement ou laisseraient cela passer comme si c'était tout simplement une blague de plus.

Son instant de vulnérabilité l'avait menée à un choix égoïste, mais même là, elle ne le regrettait pas.
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Seira
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Hier à 15:58


Les arbres ondulaient sous le ciel blanc aux paroles d’Amaryllis qui se confiait à celle qui, avec le temps, reprenait ses couleurs d’antan. Tel une fleur aux abords du printemps, Seira découvrait à travers le regard inquiet de la louve une position dont elle avait souvent rêvé jadis, qui lui donnait envie et la terrifiait à la fois, et elle vint même à se demander, l’espace d’une microseconde, si elle avait bien fait de la laisser aux pattes de sa mère. Cependant, Seira avait fait son choix il y avait longtemps et elle ne devait plus jamais remettre en doute ce choix. Aussi difficile fut-il, elle savait qu’elle avait fait le bon choix en refusant de se lier à Vierhs pour l’éternité.

Tournant le museau vers le ciel que fixait la blanche, Seira eut sur les lèvres ce léger sourire de joie triste figé au visage.

- Il faut dire que ses derniers mois, tout est bien étrange.

La brise emporta avec elles ses instants magiques de Noël qui, tenant à la main aux sombres instant d’Hallowen, les emportait rejoindre des lourdes tensions contre l’automne. La haine restait profondément ancrée dans le cœur des combattants qui avait vu leur instant de gloire leurs filer entre les doigts.

- Mais… ne t’inquiète pas. Tu es encore jeune, c’est plus difficile pour toi te continuer ta route alors que tu ne sais pas de quel côté tourner la tête.

Elle le savait, car il lui était arriver à elle aussi d’être perdu et bien après que l’adolescence soit passé. Trouver son chemin, la voie qui lui était destiné ou celle qu’on traçait n’était jamais chose aisé. Malgré sa fierté, Seira ne se vantait pas beaucoup, mais cela la brûlait de dire à Amaryllis qu’elle savait de quoi elle parlait parce que plus que toute autre elle avait connu cette difficulté. Pourtant, elle ne dit. Ne fit rien. Car sous le regard scrutateur de l’enfant elle ne pouvait hésiter sous peine de se faire démasquer.

- Tu as déjà trouvé un mentor ou un poste en particulier dans la meute t’intéresse-t-il ?

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Amaryllis
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Malgré le caractère cryptique de ses problèmes, Seira semblait, au fond, savoir de quoi elle parlait. Si son léger sourire voulait bien dire quelque chose, Amaryllis crut y voir une sorte de mélancolie, ou de nostalgie, peut-être. Un sentiment qu'elle était bien trop jeune pour être familière avec, mais qu'elle connaissait certainement, de nom au moins.

« Il faut dire que ses derniers mois, tout est bien étrange. »

En effet, les derniers lunes dans le clan du printemps avaient été, pour peu dire, plutôt agitées. La louve blanche avait toujours été trop jeune pour faire quelque différence que ce soit ; en réalité, elle en avait à peine vu les conséquences de ses propres yeux, mais pour elle, celle qui devait gérer tous les tenants et les aboutissants de chacun des membres de son clan, c'était plus concret. Pas pour elle, qui commençait tout juste à grandir, qui observait encore le monde comme une spectatrice le temps d'être assez grande et responsable pour elle-même devenir une actrice. Argh... L'idée de devenir adulte, ça la rendait encore plus confuse. Toute sa vie, elle n'avait fait que ce qu'elle voulait faire, n'est-ce pas ? Et maintenant, tout à coup, dès que son corps avait finalement grandi et qu'elle commençait à changer de point de vue quant à tout ce qui l'entourait, on lui demandait de décider ce à quoi ressemblerait le restant de ses jours. C'était stupide, toutes ces émotions, hein ? Personne d'autre dans sa fratrie ne semblait être affecté par ces mêmes pensées sans but et ces sautes d'humeurs inexplicables. Enfin, même si cela se produisait, comment pourrait-elle le savoir, alors que ses deux sœurs ne daignaient que rarement lui parler sans arrière-pensée ?

Oui, Amaryllis le savait. Elle avait beau être positive, elle n'était pas aveugle ; quelque chose clochait, chez elles, et elle ne savait pas quoi. Peut-être était-ce leur relation étrange, ou tout simplement l'absence de leurs parents, qui se ressentait de plus en plus avec temps. Saïka avait beau toujours avoir fait de son mieux pour s'occuper d'elles, même tous les efforts du monde n'étaient pas suffisants pour changer Hékate et Titania, de vraies reines dès leur plus jeune âge.

« Mais… ne t’inquiète pas. Tu es encore jeune, c’est plus difficile pour toi te continuer ta route alors que tu ne sais pas de quel côté tourner la tête. »

Dire qu'au début, elle s'était contentée de partir... Seira semblait en savoir beaucoup. Amaryllis ne comprenait pas tout ce qu'elle voulait impliquer, mais elle était tout de même admirative de sa sagesse apparente, de la compréhension et de la patience qu'elle utilisait à l'égard d'une simple orpheline qui n'avait rien accompli autre que d'essayer d'illuminer la vie de d'autres. Même si elle ne comprenait toujours pas d'où venaient ses sentiments, elle ne pouvait pas s'empêcher se diriger ses pupilles brillantes vers sa dirigeante.

« Tu as déjà trouvé un mentor ou un poste en particulier dans la meute t’intéresse-t-il ? »

Une bonne question, à laquelle elle n'avait jamais pris la peine de réfléchir plus que ça. Tout lui semblait toujours si lointain, si compliqué, si inaccessible, du haut de ses trois pommes et demie. Déjà que ses émotions étaient de plus en plus difficiles à déchiffrer et à contrôler, et sa vision de tout ce qu'elle connaissait bouleversée par des événements sur lesquels elle n'avait aucun contrôle, elle n'avait jamais pris le temps de songer à ce qu'elle comptait faire de son avenir.

« Non, je n'y ai jamais vraiment pensé, en fait. C'est tellement compliqué, je sais déjà plus qui je suis, alors comment est-ce que je suis supposée savoir ce qui me rendrait heureuse ? », avoua-t-elle finalement à voix haute, laissant voir un côté moins jovial et optimiste d'elle-même qu'elle n'avait jamais osé montrer à personne, emportée par sa propre vulnérabilité et l'attention généreuse qu'on semblait actuellement lui porter.
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