Four seasons
Tu as posé les pattes sur Four Seasons !

Tu te retrouves dans un monde étrange, peuplé d'animaux désignés comme dangereux... Des loups !
Mais ne t'inquiètes pas : ils sont civilisés et ne te mordront pas au moindre mouvement ! (encore que...)
Viens incarner TON loup ou TON chien et fais le vivre à travers des aventures nommées RP !



Votre devoir sera de rétablir la paix des saisons, mais il y a toujours des trouble-fêtes...

 

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Princes et Princesses. [Pv Hékate]
Bel
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Mar 17 Juil 2018 - 11:37

La princesse aux yeux roses.

Pv Hékate

C’était rouge. Tout rouge, à portée de vue. Pas de vent, juste le soleil écrasant quelques nuages cotonneux qui paressaient dans un ciel bien trop clair. Bel s’était perdu à la contemplation et à la découverte. Ils n’étaient jamais venus en ce lieu. Dégagé, immense, les fleurs s’étendant jusqu’à l’horizon, chatouillant la truffe de leur parfum délicat. Ils n’avaient pas encore fait trois pas qu’Ils décidèrent qu’Ils aimaient déjà tout ce qu’Ils voyaient. Ils quittèrent le couvert des arbres qui bordaient le champ sans grande appréhension. Après tout qu’avaient-Ils à craindre ? Tout ici était plat, et les herbes les plus hautes chatouillaient leurs flancs quand bien même Ils ne soient pas très grand. Tout danger serait visible à des dizaines de mètres, et Ils auraient tout le temps de s’effacer si cela était le cas. Danger ? La notion était un peu forte pour eux. Ils étaient revenus au Printemps tant de fois en si peu de temps… Aucun intérêt flagrant si ce n’était la rencontre pure et dure de nouvelles choses. De nouvelles personnes, éventuellement, bien qu’Ils n’en ressentissent pas un désir flagrant.

Longues pattes de biche au milieu des coquelicots, Ils faisaient de chaque pas un petit bond enthousiaste qui les propulsait droit dans les pétales odorants. Ils ne savaient pas encore ce qu’Ils pourraient bien faire, comment s’occuper, mais force était de constater que cela ne les dérangeait pas le moins du monde. Ils finirent par sentir une bouffée de chaleur qui se propagea dans leur poitrine, et Ils accélérèrent sans crier gare, bondissant, os déployés en étendard au-dessus d’eux. C’était les bonheurs simples des jeunes solitaires. Arpenter des territoires conquis, courir de toutes les forces sur toutes terres foulées. Tant pis si la chaleur était assommante, tant pis si la soif les tiraillerait dans quelques minutes : Ils continuèrent de courir à vive allure, voile glissant sur leur visage, retombant sur leurs épaules. Ils s’effondrèrent. Repliant leurs jambes fuselées, Ils se laissèrent rouler, riant aux éclats, jusqu’à finir étalés lourdement sur des fleurs qui se seraient bien passées de leur présence.

Ils tendirent les pattes, vers ce ciel trop bleu, sur lequel se découpèrent leurs griffes à la couleur familière, voisine de celle des coquelicots. C’était beau, ces petits nuages. De petites histoires qui défilaient, blanches sur fond clair, et Ils glapirent vivement, rieur, lorsque d’étranges formes se formèrent au fil de leurs pensées. Les pétales de sang s’étaient échoués sur leur fourrure, mouchetant un peu plus ces poils déjà teintés d’écarlate par endroit. L’un d’eux reposait sur leur joue, délicat, et Ils secouèrent la tête en gloussant, enchantés, apaisés, noyés dans les plantes et les herbes. Le calme retombait. Il n’y eu plus de bruit et Ils ne cherchèrent pas à briser ce silence doux qui les enveloppait. C’était juste… Beau, pour eux. Ils avaient toujours eu le rouge en affection, de toute manière.

La bulle recommençait à les envelopper, maintenant qu’Ils s’y laissaient aller. Bouche entrouverte sur des mots avortés, les pattes bougeant, attrapant l’air, Ils souriaient. Peut-être que c’était un bon endroit, finalement. Leur quête n’avançait pas comme Ils le voudraient, mais Père n’avait-il pas dit que tout cela prendrait du temps ? Bien sûr que si. Rome ne s’est pas faite en un jour… Ils n’avaient pas compris cette phrase, et ne la comprenait toujours pas. Qu’était Rome ? Pourquoi aurait-elle dû être en une journée ? Ils ne leur semblaient pas que quoi que ce soit ai pu exister en si peu de temps, alors pourquoi cela nécessitait-il de le préciser ainsi ? Il y avait tant qu’Ils ignoraient encore que cela les frustrait, mais Ils auraient justement tout le temps du monde pour apprendre.

Sieur Soleil battait son plein au-dessus de leur tête et Ils trouvèrent cela bien ennuyeux que l’Eté soit si fort, alors même qu’il n’était pas maître en ces lieux. La chaleur faisait remonter le parfum des fleurs au calvaire de façon presque douloureuse, et Ils craignirent de porter ce lourd fumet durant des jours s’il s’imbibait dans leur pelage neutre. Lourdement, Ils se redressèrent, un peu assommés par l’inactivité dont Ils avaient fait preuve. Une belle boucle sombre encadrait leur visage, qu’Ils portèrent un peu aux alentours. Il devait bien y avoir de l’eau quelque part… Ce fut la raison pour laquelle Ils se levèrent, trottinant de nouveau, levant bien haut les pattes dans une allure bien particulière. Rien. Rien ni personne. Il leur était arrivé de croiser plus de monde en une fois, mais s’Ils pouvaient éviter leur pouvoir, ce serait toujours agréable.

Ils ne remarquèrent pas tout de suite que, là-bas, plus loin dans la mer rouge, les herbes commençaient à se mouvoir sans brise pour les y aider. Quelque chose s’y tenait, et avançait, mais Ils étaient trop focalisés sur leur recherche et leur petit monde pour le voir. Alors Ils continuaient d’avancer. Le voile, dérangé par leur course, glissa le long de leurs épaules souples, et Ils leur fallu quelques pas pour sen rendre compte. Alertés, car c’était là un objet qui leur était cher, Ils firent demi-tour en deux bonds, uniquement pour retrouver une grande paire d’yeux possédant une teinte qu’Ils n’avaient vu que chez leur Père, mais cette couleur-là semblait presque plus agressive. Un rose profond et sombre, pour des pupilles trop larges. C’était une créature petite. Louve ? Elle en avait l’odeur, n’en était peut-être pas une. Qu’en savait-il ? Tous n’avaient pas la chance comme eux de ne posséder aucune distinction. Et le voile flânait, entre eux, leur faisant faire la moue.

-C’est à moi. Pourquoi restez-vous devant, ma Dame ?
Dirent-Ils, prenant le risque du genre, et leur voix était plaintive, pleine de reproches.



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Hékate
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En couple ?: Do you want to die ?
Dim 19 Aoû 2018 - 14:13

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Elle n'était pas une grande admiratrice du monde qui l'entourait, l'orpheline du traître du printemps; fut-ce son immaturité capricieuse ou une immuable indifférence, elle ne trouvait pas de beauté ni dans la nature, ni chez les siens. Ses nourrices lui assuraient, plus pour elles-mêmes que pour l'intéressée, qu'il ne s'agissait que d'une phase et qu'en grandissant, elle apprendrait à se nourrir de la beauté de ce monde. Ce à quoi la capricieuse répondait en haussant les épaules. Elle ne voyait pas d'intérêt à la contemplation, à moins que cela ne serve une fin précise. Peut-être était-ce un trait qu'elle tenait là de ses géniteurs, mais même si cela avait été le cas, elle ne pourrait jamais s'en assurer.

Si la gamine aux cheveux d'or se fichait pas mal du paysage, son apathie connaissait cependant une exception bien précise. De fait, elle trouvait un réconfort unique et particulier dans les fleurs rouges qui recouvraient une partie du territoire printanier. A perte de vue, elles teintaient le paysage d'une couleur carmine. Il y avait en cela un mélange tacite de douceur et de danger, de calme et de violence, qui enivrait la petite printanière. Il lui semblait que ces fleurs avaient été créé pour elle-même, voyant ainsi que les pétales des coquelicots s'accordaient presque parfaitement à la couleur de ses iris. Une mer de rouge tâchée de noir en son centre; on aurait dit des centaines d'yeux, tous tournés vers elles et attentifs à ses moindres désirs. Bien sûr, à cet âge là, on ne réalise pas qu'on fabule, mais cela ne saurait faire de mal à personne. Du moins, pas encore.

Au milieu de cet océan métaphorique, notre petite Hékate sanglotait de rage, silencieusement. Une telle forte-tête réduite en larmes ? Cela n'était pas un spectacle qu'on pouvait voir tous les jours. D'ailleurs, c'était un spectacle que personne n'avait jamais encore vu. Pourtant, si elle était froide et têtue, n'affichant que force brutale et mépris d'autrui, la jeune printanière cachait derrière ce masque une énorme sensibilité, qui au lieu de l'adoucir, ne faisait qu'assombrir son jeune coeur. En public, elle ne montrait jamais que les autres louveteaux l'avaient vexée, ou alors elle leur sautait dessus sans leur laisser le temps de remarquer les larmes qui perlaient aux coins de ses jolis yeux. Mais au fond, ce n'était qu'une enfant. Une enfant qui ne savait rien du monde et qui n'avait encore rencontré aucun obstacle sur son chemin. Une enfant qui malgré son statut d'orpheline, ne savait rien de la solitude et de l'abandon. Une enfant qui ne supportait tout de même pas qu'on lui rappelle que si ses parents n'étaient pas mort, c'est qu'ils n'avaient jamais voulu ni d'elle, ni de ses soeurs. Elle finirait par découvrir la vérité, se persuadait-elle en écrasant entre ses griffes dorées une énième fleur.

Trop occupée à pleurer toute sa colère, Hékate ne put s'occuper de remarquer la présence qui tournait autour d'elle. L'enfant était encore trop petite pour surplomber les coquelicots et son champ de vision, déjà brouillé par les larmes, en était encore plus réduit. Ce n'est que lorsqu'une voix geignante et plaintive retentit qu'elle sursauta bruyamment et fit un bond en arrière, le pelage ébouriffé par la surprise.

Devant elle, la surplombant par sa hauteur, se trouvait une créature lupine, à l'apparence bien singulière. De sa chevelure dépassait des cornes roses qui lui firent immédiatement penser à sa petite soeur. Le loup, si s'en était bien un, ne dégageait ni une odeur masculine, ni féminine, ce qui troubla l'enfant, qui supposa que sa truffe était bouchée par le chagrin. Elle ne l'avait jamais vu avant et il ou elle ne sentait absolument pas comme les autres membres du printemps. Ce qui devait vouloir signifier qu'il ne s'agissait pas là d'un membre de son clan. La petite ravala alors ses larmes mais pas sa colère, gonflant son pelage pour paraître moins vulnérable que son visage trempé de larme ne lui donnait l'air. Reculant d'un pas, elle se tordit le cou pour croiser le regard de l'inconnu, qui avait plus les pupilles d'une proie que d'un prédateur. Ce dernier se plaignit, intriguant l'orpheline :

« C’est à moi. Pourquoi restez-vous devant, ma Dame ? »

Hékate ne comprit pas de quoi la créature pouvait bien parler, jusqu'à ce qu'un tissu volatile et transparent ne vienne caresser son visage. Elle n'avait encore jamais vu un tel accessoire et, d'ailleurs, elle en ignorait l'utilité. La femelle plissa ses yeux roses et, reniflant une dernière fois, elle gronda avec indignation :

« Je ne l'ai pas prit, votre truc ! C'est vous qui l'avez fait venir jusqu'à moi !»

Dérangée dans ses sanglots, l'enfant n'était ni capable de raison, ni de maturité. Elle était humiliée d'avoir été découverte en train de se lamenter misérablement et cela ne faisait que revigorer la colère qui semblait l'habiter constamment. D'autre part, si l'inconnu était bien plus grand et plus âgé qu'elle, ce dernier ne démontrait aucune sorte de force ni d'agressivité apparente, de sorte qu'une fois sa surprise passée, Hékate avait oublié d'avoir peur de lui. Montrant ses petits crocs bien rangés, elle grogna et, d'un coup, elle sauta pour plaquer le voile au sol. Elle ne l'abîma pas, ses petites griffes en étant bien incapable et le voile étant tellement plus grand qu'elle, qu'il fallait user de ses deux pattes avant pour le maintenir au sol. Elle siffla de sa voix fluette, retrouvant son humeur capricieuse :


« Il fallait y faire plus attention. »



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Mar 21 Aoû 2018 - 12:53

La princesse aux yeux roses.

Pv Hékate

Ils ne parvenaient peut-être guère à lire les âmes ou les visages lupins, mais Ils savaient reconnaître les larmes. Cela ne leur fit en revanche ni chaud ni froid, Ils restèrent désespérément neutres en tous point. Si elle était chagrinée, par malheur, ce n’était pas leurs affaires. Le pelage hérissé de la petite n’alerta pas la moindre fibre de leur être, et Ils contemplaient simplement ce voile cher à leur cœur avec un mélange de soulagement et d’irritation. Elle avait peut-être de jolis yeux mais cela ne lui permettait pas de parler ainsi sans réfléchir, et leur poitrail se gonfla d’irritation, leur propre regard s’écarquillant peu à peu pour laisser apparaître des prunelles de cristal, noyées dans un bain d’écarlate. Ils ressentaient une cuisante forme d’agacement, alors que cette voix aigüe et infantile vrillait leurs tympans.

-Je ne voulais en aucun cas vous le faire parvenir, il a malencontreusement glissé ! J’ai juste besoin que vous vous en éloigniez !

Ils n’étaient en ce jour pas de belle humeur pour oser contact sur contact avec qui que ce fût, mais force était de constater que leurs suppliques n’avaient guère d’effet sur cette petite peste. Ils seraient bien obligés d’approcher pour récupérer au plus près de la loupiote ce qui leur revenait de droit, et cela n’était pas très réjouissant comme perspective. Ils allaient prendre leur mal en main et s’avancer pour, avec soin, reprendre le voile soyeux, mais se firent devancer par la tornade blonde. Avec une horreur bien perceptible, Ils la regardèrent alors qu’elle décollait du sol, contemplaient comment ces petites pattes cruelles atterrissaient sur le tissu volatile, et la manière qu’elle eut de montrer ses crocs de lait encore fins et délicats. Ils sentirent leur ventre se nouer.

C’était une panique latente et une colère naissante qui tordaient leurs entrailles. Si elle l’abimait… Si elle l’abimait, plus rien n’irait ! Les choses dérapaient, rien n’allait comme Ils le voulaient, et cela les mettait dans un état d’instabilité assez flagrant. Leurs poumons se gonflaient trop vite, leurs yeux ne savaient plus où se poser, et leur queue, dont le plus petit poil était hérissé, se dressait derrière eux comme un étendard sombre. Ils réagirent avant de s’en rendre réellement compte. Ils retroussèrent les babines sur leurs beaux crocs écarlates, véritables dagues de sang qui tranchaient sur leurs gencives blanchâtres. Leur pouvoir s’emballa quelques peu, excité par les émotions qui débordaient de leur bulle de sécurité, et un pan entier de leur visage s’effaça, laissant entrevoir l’intérieur de la gueule, jusqu’à la naissance du crâne, l’espace d’une seconde qui parût pourtant durer une éternité. Ils parvinrent néanmoins à calmer le phénomène, qui se cantonna à une légère transparence au niveau de la mâchoire.

Leur voile se devait de revenir sur leurs épaules, et elle, cette petite, n’était qu’un brin de paille qu-Ils renversèrent d’une patte abattue avec vigueur, la fauchant comme les blés. Ils ne cherchaient guère à blesser, ce n’était pas dans leur nature immédiate, mais la douceur n’était plus qu’une option depuis longtemps oubliée. Sans doute la Princesse n’avait-elle jamais subit de sévices tels qu’Ils venaient de lui infliger, mais il s’agissait du cadet de leurs soucis.

-Il fallait faire plus attention, raillèrent-Ils avec une pointe d’amertume, leur cœur se calmant lorsqu’Ils parvinrent à subtiliser leur bien, ou du moins à mettre une patte dessus. Mais c’était qu’elle s’accrochait, la petite garce, malgré sa courte chute !

Ils la dominaient désormais de toute leur hauteur, pas bien haute certes, mais Ils n’en étaient pas moins tout juste adultes alors qu’elle-même n’était que haute comme trois pommes. Ils en étaient beaucoup trop proches à leur goût, au point de sentir ce parfum de Printanière et non plus celui des coquelicots qu’Ils étaient venus admirer. Eux, Ils arboraient une senteur de ces fleurs, et d'herbe, mais aucune odeur de loup, aucun fumet animal. Juste l'odeur ambiante. Truffe froncée, Ils penchèrent la tête, les oreilles plaquées au crâne, dégageant un peu plus ces cornes immenses qui trônaient là-haut, impérieuses, bien droites.

-Pour quelqu’un qui pleure, vous êtes une battante, ma Dame, mais c’est bien triste pour quelqu’un avec de si jolis yeux de les tremper ainsi… De beaux yeux. Roses… Des roses de sang, me rendriez-vous mon voile, maintenant, Jolis Yeux ?


De nouveau, l’excès de ressentis faisait vriller leurs mots, et leur voix chantante devenait entrecoupées d’à-coups, tandis qu’Ils exprimaient trop de pensées à la fois. Pourquoi pleurait-elle ? Maintenant Ils se le demandaient, vaguement, en fond d’esprit. Avec de beaux yeux pareils il ne fallait pas pleurer, cela les abimerait !

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Hékate
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En couple ?: Do you want to die ?
Ven 24 Aoû 2018 - 20:19

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La petite peste remarqua bien que son acte, aussi perfide ou enfantin fut-il, avait eu un impact considérable sur l'inconnu. Elle ne perdit pas une miette de la panique puis de la colère qui illumina ces yeux si particuliers et cela réveilla un étrange sentiment nouveau en elle. Elle ne culpabilisait en rien d'avoir ainsi plaqué dans la poussière le voile du loup qu'elle ne connaissait même pas, en réalité même elle y trouvait une certaine satisfaction, sinon de la joie. Il lui était arrivé maintes fois de martyriser des louveteaux de son âge, mais c'était incomparable à la satisfaction de parvenir à martyriser ses aînés, qui la mènent si souvent à la baguette. Un léger et effrayant rictus apparut sur ses babines noires; rictus qui disparut aussitôt que l'inconnu, pas content de voir ainsi la gamine lui tenir tête, dévoila ses crocs avec une menace parfaitement explicite. Hékate fut forcée de reprendre son air sérieux et elle alla même jusqu'à gonfler son pelage à son tour, dressant sa tête et sa petite queue qui fouettait l'air avec énergie. Si cette créature venue à elle en geignant croyait désormais pouvoir l'impressionner, elle n'imaginait pas sur qui elle venait de tomber. Ignorant le danger, la petite blondinette coucha ses oreilles contre son crâne et gronda de plus belle, menaçante malgré sa taille ridiculement petite. Si elle se refusait à prendre peur devant l'inconnu, elle se trouva déstabilisée malgré elle lorsque, par une manifestation de magie, une partie du visage du loup face à elle devint translucide, laissant voir la structure osseuse qui demeurait en dessous. Le phénomène ne dura pas longtemps, mais il était si grotesque qu'Hékate se trouva sinon complètement terrorisée, au moins prise au dépourvu. De ce fait, elle était toujours concentrée dans sa contemplation de cette disparition étrange, lorsqu'un coup puissant la faucha, l'envoyant rouler au sol avec un glapissement de surprise.

Hékate ne se releva pas tout de suite, l'enfant en elle choquée de s'être ainsi vue envoyée au sol et la noble princesse humiliée de s'être ainsi faite prendre par surprise. Elle ne se rendait pas compte que, eut-elle même vu le geste de la créature à l'odeur inconnu, elle n'aurait que difficilement pu l'esquiver. Heureusement, songea t-elle, que ce n'était pas Titania ainsi fauchée au sol, cette dernière aurait été si offensée qu'elle aurait probablement hurlé au scandale durant des lunes ! Pour sa part, la blondinette aux yeux roses, si elle avait des envies de vengeance, était assez robuste pour ne pas se voir blessée, malgré sa petite taille. Elle grinça amèrement des dents en entendant l'autre railler, de cette même voix insupportable :

« Il fallait faire plus attention.»

Elle leva la tête vers l'intrus, lui jetant un regard suintant de colère; avant de rouler pour se redresser sur ses petites pattes, prenant soin d'ébrouer son pelage plein de pollen et de poussière dans le visage du loup.

« Pour quelqu’un qui pleure, vous êtes une battante, ma Dame, mais c’est bien triste pour quelqu’un avec de si jolis yeux de les tremper ainsi… De beaux yeux. Roses… Des roses de sang, me rendriez-vous mon voile, maintenant, Jolis Yeux ?»


Hékate fronça les sourcils. Ce loup là, peu importe qui il était, ne semblait pas capable de garder un train de pensée stable... C'était à n'y rien saisir de tout ce qu'il avait dit. Elle ne se rendit compte que maintenant qu'elle avait toujours ses deux pattes fermement ancrés sur le voile, comme si même inconsciemment, elle refusait de se voir vaincue. Elle renifla, ravalant ses larmes qui avaient été si brusquement interrompues, mais ne put effacer les sillons que les sanglots avaient dessiné sur ses joues. Elle n'avait que faire des compliments, pas quand on venait ainsi de la faucher au sol. Comme déterminée à se battre, elle sauta de nouveau sur le voile, le plaquant au sol de nouveau avec toute la force dont elle était capable.


« Je vous trouve bien...Présomptueux !» Elle eut bien du mal à articuler, le mot, mais y parvint sans tâcher son honneur. « C'est pas en me complimentant après m'avoir sauvagement attaquée que vous allez vous en tirer !» Gronda t-elle, impétueuse.

Et pourtant, contrairement à ce que ses mots auraient pu laisser entendre, Hékate recula du voile, laissant ce dernier entre les pattes de cet intrus sur les terres printanières. Etait-ce de la bonté ? Nul n'y aurait cru, pas de sa part. En temps normal, de fait, elle se serait sûrement déjà jeté sur l'inconnu pour le mordre avec toute la force qu'elle avait dans ses crocs minuscules mais aussi douloureux que des aiguilles. Mais rien, dans cette rencontre, n'était normal : d'une part, elle avait passé l'après-midi à pleurer, ce qui la laissait avec moins d'énergie qu'à l'accoutumée. Et d'autre part, cet inconnu n'avait rien de normal et si Hékate était bornée et belliqueuse, elle n'en était pas pour autant débile et inconsciente. Du moins, pas toujours. Elle ne cessa pas de montrer les crocs, et renifla avec mépris, ses yeux toujours rouges d'avoir tant pleuré.

« Vous pouvez bien l'avoir votre tissu, je n'en veux guère, de
toute manière. »
Elle redressa la tête avant d'asséner, soutenant le regard de son aîné avec froideur et sévérité. « Dégagez, maintenant que vous avez votre...Votre truc, là.»



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Jeu 30 Aoû 2018 - 21:43

La princesse aux yeux roses.

Pv Hékate.


Elle reniflait d’une façon qui n’avait rien d’élégant, et c’était même quelque peu risible de voir une si petite chose ne pas pouvoir contenir ses larmes alors qu’elle était en âge de ne savoir que rire et sourire. Quoi qu’à bien y réfléchir, combien de fois avaient-ils versé des larmes amères qui, dévalant leurs joues grises, effaçaient leurs chagrins de louveteaux ? Ils pouvaient la comprendre, en un sens, à leur façon, derrière ce voile d’ignorance et de flou artistique qui masquait un monde au fonctionnement étranger. Et la voilà qui bondissait, traîtresse, pour piétiner un peu plus leur bien, sous leurs yeux, et Ils retinrent un nouvel excès de violence car elle lançait d’une voix toujours aussi aigüe combien elle lui en voulait. Même si l’idée de la balayer, encore et toujours, plus fort peut-être, était charmante. Ils grondèrent, doucement d’abord, puis plus fort alors qu’Ils sentaient s’emballer leur palpitant et danser des larmes devant leurs propres yeux. Ce fut leur tour de renifler, comme si, blessés au plus profond d’eux-mêmes par ce simple geste, Ils sentaient s’abattre le poids du monde sur leurs épaules.

-Si j’avais voulu vous attaquer sauvagement, vous seriez déjà en miettes, ma Dame, et vos jolis yeux… Jolis, si jolis yeux seraient gâchés à jamais. Ce serait idiot, mais j’ai déjà vu d’autres jolis yeux… Violets, noirs, et Sunshine aussi les trouvait beaux, ceux-là… Marmonnèrent-Ils à mi-voix alors que leur regard se faisait trouble et se perdait sur les fleurs délicates qui les entouraient.

Ils sentaient trembler un peu leurs pattes, le souffle court, et une grande mèche bouclée retombait sur leur visage délicat, masquant leur émotion l’espace d’un instant. Enfin, elle reculait. Elle lâcha leur bien, et Ils s’empressèrent de l’attirer à eux, avec soin, pour le revêtir avec l’impression de retrouver une bouffée d’oxygène qui leur manquait. Ils prirent le temps de replacer le voile sur leur tête, cacher un instant leur museau à l’intérieur pour reprendre leurs esprits. Ainsi calmés, apaisés, Ils relevèrent un peu le menton par la suite, penchant la tête, toute hostilité comme envolée malgré l’humidité qui persistait dans leurs prunelles claires. Tandis qu’elle montrait des crocs pointus, eux rangèrent les leurs, jugés inutiles en ces circonstances, d’autant plus qu’elle avait fini par se montrer plutôt gentille, en un sens. Mais face à l’agressivité qu’elle affichait, Ils gémirent doucement, frustrés, et trépignèrent un instant sur place, gueule entrouverte.

-Il s’agit d’un voile, pas uniquement d’un tissu stupide… Stupide ? Non…
Ils secouèrent la tête, les yeux complétement perdus dieu savait où, vides et vitreux comme du verre teinté : Ama, Ange, elle était plus gentille que vous… Pas stupide, et douce, un Ange de neige et d’or… Mais vous, vous avez de beaux yeux, des roses, avec des pics, et malgré tout vous pleuriez…

Ama… Oh oui, Ama, elle était tellement plus amicale que cette loupiote ci. Ils n’avaient guère fait le lien, Ils ne se souvenaient pas même du visage véritable de l’Ange aux Papillons, il ne s’agissait que d’une esquisse vague, des ailes et de la douceur. Ils penchèrent la tête, davantage, gueule entrouverte, yeux masqués par l’abondance de boucles sombres qui s’échouèrent sur leur visage.

-Était-ce de la tristesse, alors ? Peut-être qu’on pleure lorsqu’on est triste… La pluie du chagrin, le chagrin d’une princesse aux yeux de roses, et des piquants brisés… Je ne veux pas partir, ces coquelicots, ils sont beaux, comme vos prunelles. N’avez-vous donc personne pour cueillir vos larmes, comme la rosée au matin, Princesse ?


Ils ne la regardaient plus. Ils avaient complétement dérivé vers d’autres pensées, d’autres horizons que seuls eux voyaient. L’Ange et la Princesse, deux entités du Printemps, des yeux de roses et d’autres de ténèbres… C’était amusant, même si l’une d’elle était méchante. Oui, méchante, c’était le mot qui sonnait justement à leurs oreilles. Une méchante petite princesse, mais Ils n’en avaient pas peur, Ils n’avaient jamais peur, et avaient déjà oublié leur précédent chagrin, vif et court. Une chance pour elle, en somme, qui ne vivrait pas avec la rancune de Bel, laissée comme un mauvais présage.

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Dim 9 Sep 2018 - 0:44

ft. Bel
She was but an orphan who dreamt of being a queen


Peu importe le sens dans lequel elle inclinait sa tête et son esprit, l'enfant ne parvenait à cerner ce curieux énergumène. De la même manière qu'il était impossible pour elle de comprendre s'il s'agissait d'un mâle ou d'une femelle; elle était tout aussi incapable de déterminer s'il représentait un danger ou non. Elle s'était trouvée déroutée et presque effrayée lorsqu'elle avait vu le visage du loup s'effacer dans le paysage; elle se trouvait désormais irritée par son comportement plaintif. Au lieu de déguerpir, comme elle le lui avait ordonné, l'inconnu aux yeux étranges resta fermement campé près d'elle et se mit à piétiner le sol avec ses grosses pattes, accompagnant ce geste presque frénétique d'un geignement plaintif qui titilla l'instinct dominant de la petite printanière. Peut-être était-il simplet ? Ou peut-être changeait-il rapidement d'humeur ? Hékate connaissait de ses nourrices qui changeaient constamment d'avis et d'humeur dès qu'elles s'adressaient à elle ! Ce comportement suffisait à la faire gronder de plus belle mais, dérangée par l'étrangeté de ce loup, son grognement n'était qu'un sifflement sourd qui laissait entrevoir ses canines. Quand on était un démon comme elle, on apprenait vite à chercher des noises avec méfiance à ceux qu'on ne connaît pas. Le simple fauchage du loup étranger lui avait cloué le bec un moment. Elle avait baissé d'un ton, mais elle ne se taisait pas. Contrairement à l'étranger qui, lui, se plaint comme si Hékate l'y avait invité :

« Il s’agit d’un voile, pas uniquement d’un tissu stupide… Stupide ? Non…»

Hékate leva les yeux au ciel, ne feignant même pas d'être intéressée. Elle aurait probablement élevé à nouveau la voix pour le faire déguerpir, s'il n'avait pas ajouté; l'air totalement absent :

« Ama, Ange, elle était plus gentille que vous… Pas stupide, et douce, un Ange de neige et d’or… Mais vous, vous avez de beaux yeux, des roses, avec des pics, et malgré tout vous pleuriez… »

L'enfant redressa brusquement la tête, tentant de plonger sans regard dans l'étendue de néant qu'était celui de l'étranger. Cette fois-ci, le choc sembla sécher ses larmes pour de bon. Elle était trop jeune pour savoir masquer ses émotions et la surprise suscité par la mention de sa soeur était parfaitement lisible sur les traits de son visage. La blondinette ignorait que sa semblable s'échappait beaucoup plus souvent qu'elle du camp printanier et qu'elle avait rencontré bien plus d'individus que la petite pimbêche et l'autre grande garce. De sorte qu'il était véritablement surprenant pour elle d'entendre cet individu louer ainsi les vertus de la seule fleur épanouie de leur portée. Mais peut-être se trompait-elle ? Peut-être n'était-ce pas d'Amaryllis que l'étranger aux boucles noires parlait ? Elle ne connaissait qu'une seule louve répondant au diminutif d'Ama...Mais là encore, elle ne connaissait pas beaucoup de louves..Cependant, un enfant de neige et d'or..? Hékate se triturait l'esprit si profondément qu'elle n'entendit presque pas le geignard aux cornes roses continuer :

« Était-ce de la tristesse, alors ? Peut-être qu’on pleure lorsqu’on est triste… La pluie du chagrin, le chagrin d’une princesse aux yeux de roses, et des piquants brisés… Je ne veux pas partir, ces coquelicots, ils sont beaux, comme vos prunelles. N’avez-vous donc personne pour cueillir vos larmes, comme la rosée au matin, Princesse ? »

Elle avait toujours autant de mal à suivre ce que l'étrange loup essayait de dire...Ses paroles n'avaient, de toute façon, pas beaucoup d'intérêt à ses yeux. Ses "beaux yeux" ainsi qu'insistait l'inconnu. Elle ne réalisa pas tout de suite qu'il parlait de sa pleurnicherie. L'impétueuse printanière réagit brusquement. Elle n'avait pas besoin qu'un intrus sur le territoire de son clan ne vienne s'intéresser à ses chagrins, alors que les nourrices de son propre clan les ignoraient. D'ailleurs, cet intrus n'aurait jamais dû voir ses larmes. Si elle était adulte, peut-être l'aurait-elle égorgé pour un tel affront. Heureusement, la futur petite dictatrice n'était même pas assez haute pour sauter jusqu'à son cou. Elle maugréa :

« Ca vous concerne pas ! Je vous connais pas !.» Elle baissa d'un ton, se rappelant ses précautions premières. « Non j'ai perso...» Sa petite voix d'enfant s'étrangla et elle dut reprendre, déglutissant douloureusement. « J'ai besoin de personne ! J'ai pas besoin de geindre aux oreilles des autres comme vous !»

Elle pesta, voyant que l'original avait détourné le regard et semblait contempler ses propres pensées. Cela n'arrangeait pas la louve blonde qui voulait l'interroger, désormais. Il fallait qu'elle sache, maintenant que l'autre avait mentionné sa soeur. Au moins se montrait-elle clémente, selon sa vision propre, de ne pas réitérer son ordre de dégager d'ici. Elle voulait éviter de provoquer trop explicitement l'étrange individu, mais celui-ci semblait complètement ailleurs, comme si son esprit s'était élevé hors de l'instant présent. Et Hékate n'allait pas attendre qu'il redescende de lui-même. Faisant grincer ses petits crocs en signe de caprice, l'enfant s'approcha de l'inconnu et le bouscula avec toute la force contenue dans ses petites pattes fines. Elle cherchait à attirer l'attention de l'excentrique et n'avait pas de patience pour ses tirades poétiques. Sans attendre sa réaction, l'enfant tourna autour de l'étranger pour venir le bousculer de l'autre côté avec plus d'insistance, dévoilant ses petits crocs. Cherchant le regard vide et lointain du loup aux allures de proie, elle se dressa comme elle put sur ses pattes arrières pour rapprocher son visage du sien. La petite commandante ne lui laissait aucune échappatoire. De sa petite voix sévère et aiguë, elle asséna :

« Pourquoi vous parlez d'Amaryllis ? C'est elle que vous appelez Ama, c'est ça ? Pourquoi vous la connaissez ? Vous êtes déjà venu au printemps alors ? Pourquoi ? Vous en avez le droit ? » Elle plissa ses yeux, suspicieuse et mauvaise. «Ou alors c'est-elle est venue à vous ? Hors du territoire printanier ? Il faut me dire ! C'est...» Elle prétendit, sans chercher à adoucir son ton pour mieux le convaincre. « C'est important.»

Elle se calma un moment, ou plutôt elle n'aimait pas s'agiter trop longtemps, préférant forcer les autres à s'agiter pour elle. L'enfant recula mais conserva la même posture de force, malgré le ridicule d'un tel tableau. Elle demanda, le ton froid et condescendant, ainsi qu'ont les petits louveteaux gâtés et mal élevés :

« Vous êtes quoi, d'abord ? »

Le petit démon s'en était fichu, dans un premier temps, mais elle supposait que puisque l'intrus ne voulait pas partir, elle n'allait pas le ménager.


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Bel
Petite Graine
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Identité du loup/chien
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En couple ?:
Sam 15 Sep 2018 - 20:33

La princesse aux yeux roses.

Pv Hékate


Elle avait quand même un sacré minois, cette petite, et Ils ne comprenaient pas très bien pourquoi elle faisait preuve de temps de férocité face à leurs paroles qui, à leurs yeux, n’étaient pas porteuses de grandes provocations. Ils ne se rendaient pas bien compte que s’Ils l’avaient croisé adulte, Ils auraient sans doute connu plus de difficultés et de peines. En plus d’être d’un avis complétement tranché, Ils ne savaient par quel bout commencer pour la décrypter, et l’exercice déjà complexe pour eux en temps habituels se révélait désormais infaisable. Elle changeait d’expression, de ton pour un oui ou un non, et Ils se retrouvèrent à secouer doucement la gueule, dans un tintement de boucles. A voix basses, Ils marmonnèrent un instant, yeux perdus, air perplexe et renfrogné placardé sur leur visage. Et voilà qu’elle les attaquait personnellement, masquant un presque aveu soufflé et aussitôt effacé : Elle n’avait personne, mais eux ne s’en souciaient guère en raison de ce qu’elle annonça par la suite.

-Je ne geins pas… ! Je ne geins pas, c’est vous qui pleuriez, Yeux de Roses, et en quoi cela vous importe de toute manière ? Vous ne me connaissez pas… ! Vous le dites vous-même ! C’est ingrat, de dire ça, c’est même hypocrite !


Un beau dialogue de sourds, en un sens, car l’un comme l’autre ressentait bien des difficultés à saisir le fonctionnement de son vis-à-vis. Et eux, cela les perdait au plus haut point. Leur air hagard pouvait leur conférer un bel aspect de chérubin, mais en la situation actuelle, leurs yeux écarquillés à outrance ne faisaient que renforcer l’impression que, en effet, quelque chose tournait mal dans leur système. Le grincement de crocs de la gamine ne fut qu’un bruit vague et flou, en fond de leurs propres pensées, en arrière du paysage de leur bulle de sécurité, dans laquelle Ils débattaient seuls. Pourquoi était-elle si méchante ? Méchante, une petite garce, qui prononçait des mots qui ne leur plaisait pas. Ils ne virent pas même le moment où elle commença à s’agiter.

La première bousculade n’eut pas d’effet flagrant autre que de les faire chanceler sur leurs pattes. Ils se rattrapèrent, uniquement par réflexe, mais leur visage demeurait relevé, leur gueule entrouverte et leur air lointain ne les quitta pas. La seconde charge, néanmoins, leur arracha un glapissement qui n’avait rien de digne, à mi-chemin entre le louveteau et l’adulte. Aucun contrôle, aucune retenue, une émotion pure de surprise. Une teinte de frayeur, même, alors qu’Ils sentaient dérailler le fil de leur esprit et reprenaient brusquement notion de la réalité. Leurs pupilles se dilatèrent, se concentrèrent de nouveau sur la peste qui, Ils le craignaient, reviendrait à la charge. Elle leur sembla soudain bien plus haute, plus grande, et cela les perturba au point qu’Ils reculèrent d’un pas. Dressée ainsi, telle un serpent prêt à frapper, ses prunelles roses accrochaient les leurs avec une intensité presque douloureuse.

-Ama… Amaryllis, oui, c’est Ama, mon Ange, l’Ange du Printemps… Elle est douce, et gentille, et Sunshine l’aimait bien,
gloussèrent-Ils sans raison, un son plus grinçant qu’il n’aurait dû l’être alors qu’Ils perdaient doucement toute leur patience.

Mais en avaient-Ils, de la patience ? Ils n’étaient qu’être de pulsions, instables et triviaux, et le fait qu’elle ne fut qu’haute comme les herbes ne comptait guère face à cela. Ils sentirent se hérisser leur échine, leurs flancs palpiter alors que leur souffle se faisait plus court, saccadé, comme s’Ils frôlaient de très près une belle crise de panique. De nouveau, Ils secouèrent la tête. Ce geste devenait récurrent, face à elle. Ils avaient bien trop de choses à chasser, trop de pensées parasites et de frayeurs à abattre. Leurs ailes décharnées battirent l’air, et Ils retroussèrent leurs babines sur leurs crocs, une fraction de seconde, avant qu’elles ne retombent.

-Pourquoi devrais-je avoir un droit quelconque ? Je ne suis qu’un messager, qu’une âme errante, je n’ai pas besoin… Pas besoin de votre avis pour voir Sunshine. Ama… Ama était gentille, dans la clairière, un Ange aux papillons, tandis que vous n’êtes qu’un Démon au milieu des fleurs ! Elle était chez elle, pourtant douce et chaleureuse, contrairement à vous !

Cette petite faisait céder toute leur conscience à grands coups de maillet. Ils n’avaient pas l’habitude de se tenir, de supporter ainsi des conversations désagréables à l’oreille. Ils auraient dû fuir depuis longtemps déjà, se replier, sur eux-mêmes et ailleurs, mais cette gamine avait tout pour les forcer à demeurer sur place et les pousser dans leurs retranchements. Leur esprit jouait à la girouette, leurs émotions affluaient et refluaient, et Ils sentaient poindre une sacrée forme de dépit. Mais qu’étaient-Ils ? C’était une bonne question, cependant posée avec une voix qu’Ils jugèrent venimeuse par apriori, car elle n’était en réalité que froide et dénuée d’empathie.
Qu’étaient-Ils ?
Ces yeux sur eux achèveraient presque de les faire pleurer tant ils étaient lourds, insistants, deux dagues roses et déjà trop impitoyables pour quelqu’un d’aussi jeune.

-Je… Je suis. Je suis, simplement, quelqu’un, Bel, l’Enfant, le Messager de Père, et vous… Vous êtes seule, rose, et vos larmes demeurent !


Leur voix connaissait d’étranges montées, des trémolos impossibles à masquer, et leur poitrail se souleva une fois encore avec une amplitude trop grande pour être anodine. Cette question achevait de les mettre à mal, pourtant si futile et innocente, mais il s’agissait d’une goutte de trop dans le vase que formait leur bulle. Ils gémirent, de nouveau, achevant d’infirmer leurs précédents propos. Ce regard… Rose. Rose, encore, et encore, effaçait les fleurs alentours et perçait des trous à vif dans leur pelage à l’endroit où leur pouvoir se manifestait de nouveau.

Ils eurent un réflexe idiot pour faire cesser cette confrontation visuelle, pattes tremblantes et cœur emballé. Leur vivacité n’était guère plus à prouver, d’autant plus face à une simple enfant dépourvue d’entraînement ou d’instincts d’adulte. A la manière d’un quelconque cervidé, comme s’Ils en partageaient les habitudes sans même avoir une once de leur sang, Ils abaissèrent la tête. Le geste fut vigoureux, rapide, et d’une précision terrible. Ils ne l’empalèrent pas, rangez larmes et outrage. Peut-être empalèrent-Ils en revanche la dignité trop grande de la Princesse au moment où leurs cornes, solides malgré leur apparence, la firent décoller du sol.

D’un simple mouvement ascendant, Ils l’expédièrent, et elle se logeait à la perfection sur le plat de leurs bois. Elle n’était ni bien grosse, ni bien lourde, mais heureusement pour elle, suffisamment pour s’éviter un vol plané violent. En réalité, troublés comme Ils l’étaient, Ils ne parvinrent à donner d’impulsion trop puissante, et elle ne tomba que d’une hauteur de loup. Elle avait plus de chance de froisser son égo que ses tendons, et Ils contemplèrent la boule de fourrure secouées qui heurta le sol à un mètre de leurs pattes avec un mélange de haine et de soulagement. Elle ne les fixait plus, ainsi, c’était bien plus agréable. Ils ne ressentirent aucune honte, mais peut-être une pointe de curiosité quant à son état suite à cette péripétie exclusive.

-Vous… Vous êtes seule, et méchante, mais je geins pour vous plaindre, Princesse, Rose esseulée. Sunshine a les siens, Sunshine, lui, moi-même j’ai les miens, mais vous… Vous, vous êtes triste et agressive, et moi… Moi je n’aime pas ça, c’est… Péché. Vous êtes l’orgueil, solitaire, mais quel est votre nom ?

De nouveau sans grande raison, Ils lui tendirent une fleur miraculeusement intacte après leurs agitations, comme en un geste de paix sans qu’il ne le fut, et leur patte tremblait encore de ce surplus d’émotions qu’Ils vivaient.



©Luh

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Outa-Ranos
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Mer 27 Fév 2019 - 10:59

» up Hékate !
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