Four seasons
Tu as posé les pattes sur Four Seasons !

Tu te retrouves dans un monde étrange, peuplé d'animaux désignés comme dangereux... Des loups !
Mais ne t'inquiètes pas : ils sont civilisés et ne te mordront pas au moindre mouvement ! (encore que...)
Viens incarner TON loup ou TON chien et fais le vivre à travers des aventures nommées RP !



Tous les yeux semblent tournés vers l'Archipel Mystérieux et le pouvoir de la Chimère... mais qui la trouvera en premier ?


 

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Au-Delà des Montagnes [PV - Viehrs]
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Dim 8 Juil 2018 - 20:06




Au-Delà des Montagnes


Feat Viehrs



L’errance.
Ce mot n’avait qu’un goût amer dans la gueule du grand mâle blanc. De nouvelles terres. Et une vie d’errance. Encore. Et encore. Passant par delà des montagnes de glace, franchissant des terres à la neige éternelle, il avait fini par se retrouver sur un territoire où le blanc avait cédé aux teintes chaudes et brunes. Ce monde était étrange. Les saisons s’appliquaient différemment. Il avait quitté l’hiver pour l’automne tandis qu’il avait conscience que la saison estivale s’emparait de toutes contrées. Et pourtant la neige avait tenu. Et pourtant les arbres demeuraient d’or et de rouge tandis que leurs feuilles mortes recouvraient le sol malgré un temps rappelant l’été. Un monde étrange.
Rag’valdsklag y errait depuis peu de temps. Une poignée de jours. Une simple respiration dans son existence qui persévérait à tendre vers les deux cents ans. Il ne craignait plus le Temps. Il laissait cette préoccupation aux mortels. A ceux qui essayaient de réussir des choses de leur vie, se disant que demain ils seront vieux et morts. Lui, il avait le temps. Sans doute que son maléfice prendrait fin au millénaire mais cela lui laissait huit cents ans. Huit cents ans … Soit de nombreuses générations. Plus aucun être qu’il connaîtrait. Et de nombreuses déceptions. Bref, tout ça pour dire qu’il avait le temps.

Le solitaire regardait autour de lui. Les cimes étaient hautes, une odeur d’humidité flottait dans l’air. Sans doute était elle liée aux feuilles mortes qui accumulaient la rosée, ou à une source d’eau proche de lui. Un bruit léger se fit entendre. Un rongeur sortit de sa cachette et passa au loin, se gardant d’approcher le canin. Le Pantin des Dieux aurait donc de quoi se ressourcer ici. Oh il savait qu’il était sur le territoire d’un clan. Il avait senti les effluves des possesseurs de ces terres mais qu’importe. Rien ne pouvait lui arriver. Il était un puissant guerrier. Il était fier. Et arrogant. Rag’valdsklag ne prenait même pas le peine de marcher en silence, ni de cacher la moindre trace indiquant le passage d’un étranger. Certains le considéreraient comme fou de provoquer ainsi une meute mais il était simplement un loup lassé. Des décennies à errer. Des décennies à devoir se cacher. Il était simplement lassé de devoir être toujours aux aguets. De devoir surveiller ses arrières. Ses sens étaient toujours aiguisés mais pour les combats. Autrement, non. Et puis, s’il ne jouait pas à la souris, les chances qu’il croise des loups étaient énormes. Donc il augmentait ses chances de trouver des adversaires à abattre pour ces maudits Dieux.
La forêt frétillait de vie. Un léger souffle agitait les feuilles, rapportant milles et une effluve au mercenaire. Il balayait les alentours de son regard brun. Il errait parmi ces arbres depuis des heures. Son ventre s’agita, grognant. La faim savait s’exprimer et sortir le loup de ses marches. Ses membres musclés le portaient sur des kilomètres et des kilomètres. Il ne restait jamais au même endroit plus de quelques heures. Mais ses pattes savaient aussi s’arrêter pour partir en chasse. Écoutant les jérémiades de son estomac, Rag’valdsklag leva la truffe en l’air. Il respira longtemps, marchant encore jusqu’à se focaliser sur une odeur forte. Un cervidé. Une grosse proie pour un loup seul. Pour un loup lambda. Ce qui n’était pas le cas de ce loup centenaire. Il était fort après tout.

Suivant la piste, il se rapprochait de sa proie, le plus silencieusement possible. Il fléchissait les pattes, agrandissait ses foulées pour se mouvoir plus rapidement mais aussi et surtout plus discrètement. Il se rapprochait de sa proie. L’odeur devenait entêtante. La salive commençait à couler à flot de ses babines. Il se voyait déjà savourer un cerf. Se faufilant de buissons à buissons, il parvint rapidement à être proche de sa proie. Il constata, avec déception, que le beau cerf était en réalité qu’une biche isolée. Il retint un soupire et il se mit en position de chasse, couchant son corps contre le sol, marchant à petits pas précis. Aucun bruit. L’animal chassé avait du sentir une présence observatrice. Il devenait anxieux, regardant autour de lui en agitant ses oreilles. Le prédateur s’approchait. Lentement … Encore et encore.
Lorsque Rag’valdsklag se jugea assez proche de la biche, il banda son corps et il se tendit avec rapidité, bondissant sur la proie. L’animal apeuré commença à partir au pas de course, mais le prédateur déjà sur elle la plaqua au sol, s’appuyant fortement sur son arrière train. Ils tombèrent tous deux, roulant parmi les feuilles mortes. Le cervidé tenta de se relever. Il ne reçut comme réponse de son corps que la Mort. Le solitaire avait été plus rapide. A peine tombé, il s’était relevé et avait planté ses crocs dans son cou. Ses puissantes mâchoires avaient permis un abattage rapide, sans douleur.
Il se releva, la biche pendant mollement. Il la traîna sur quelques mètres avant de l’installer près d’un arbre au large tronc. Il se posa près d’elle, adressa une rapide prière à ses Dieux et remercia l’animal défunt, puis il entama son repas. Rag’valdsklag ne faisait pas dans la propreté. Il déchiquetait les flancs de la biche à coup de crocs puissants. Une marre de sang se répandait sous lui, teintant ses longs poils blancs. Il grignotait tandis qu’une présence s’approchait de lui.

« Approches. Je consentirai peut-être à partager ma prise avec toi, lance-t-il sans même relever la tête de la carcasse de la biche.
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Viehrs
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Lun 9 Juil 2018 - 1:18

Viehrs ft. Rag'valdsklag

THE ACCURSED AND THE HOLY

THE ACCURSED AND THE HOLY



Le poids des regards sur son dos. Perçants. Brûlants, tout autant que du fer chauffé à blanc. Le murmure incessant des rumeurs, des sifflements agressifs derrière son dos comme devant son visage. Pas de doute, l'arrivée de Viehrs en automne avait fait jaser. Aucun d'eux ne pouvait oublier qui il était, ni ce qui lui avait valu d'être banni. Sans pouvoir se décider, ses congénères souhaitaient à la fois s'éloigner le plus possible de lui, tout en gardant un oeil méfiant sur lui à tout moment. Leur attitude paradoxale et confuse ne suscitait chez le traître qu'un mépris teinté d'amusement. Viehrs aurait pu haïr ses regards, abhorrer ces murmures dans son dos. La colère aurait pu s'emparer de son coeur, l'engloutir, le noircir jusqu'à ne plus y laisser que de la rancoeur. L'érudit, lorsqu'il prenait le temps de méditer, envisageait chacune des réactions qu'il aurait pu adopter, et là où cela pourrait le mener. Il était habitué à ne rien laisser au hasard. Le hasard ne lui avait jamais rien apporté qui ait pu améliorer sa condition. Il n'avait aucune raison de faire confiance à une notion aussi abstraite que contingente. Viehrs détestait cela, la contingence. A la vérité, il éprouvait de l'hostilité pour tout ce qu'il ne pouvait pas saisir entre ses griffes et sculpter à sa guise. Ainsi, chacune de ses réactions était soigneusement calculée et choisie, quitte à contrôler ses émotions au point qu'une frustration immense tende chacun de ses muscles. Et ainsi, il était aveugle aux regards et sourds aux murmures. Parfois, lorsque la provocation se faisait trop insistante, il arrivait au bel hermaphrodite de toiser avec dureté l'auteur de la pique, avant de lui accorder son éternel sourire charismatique et de poursuivre son chemin. Pour son bonheur, les provocations n'avaient encore jamais été physiques, chacun se gardant hors de portée de ses lames. Viehrs ne trouvait rien d'étonnant à leur attitude : il était après tout à la fois un ancien membre du printemps, clan ennemi de l'Automne, et traître ayant participé à anéantir les Librelunes. En temps venu, il savait qu'il saurait s'en faire des alliés. Il n'attendait pas de la foule de loups lambda qu'ils comprennent ou approuvent ses desseins. Beaucoup, il se le figurait, en étaient bien incapables. Et par le incapacité à le comprendre, ils étaient tout aussi incapables de se mettre en travers de sa route. Ce qui, on s'en doute, convenait parfaitement au loup albinos. Son bâton d'encens dans sa gueule, il se contentait d'adopter l'attitude la plus sage qu'il ait pu, affichant au monde extérieur un être joyeux et noble, loin du traître printanier sanguinaire dépeint par les contes.

Viehrs s'était vu interdire toute sortie du territoire. La sentence avait sonné comme une punition divine, au point que l'albinos avait dû se retenir de glousser. C'était le prendre pour un inconscient que de croire qu'il irait se balader hors des terres automnales, alors que c'était justement là que ses ennemis l'attendait pour se faire un manteau de sa peau. Il n'avait guère besoin qu'on lui interdisse de sortir, car il se l'était lui-même interdit. Cependant, en dépit de toute l'insolence dont il savait faire preuve, l'hermaphrodite n'avait laissé échapper aucune remarque cinglante, aucun discours sarcastique; à la surprise générale, il n'avait fait qu'hocher la tête en signe d'acceptation. Etait-ce là sa soumission ? En était-ce fini du dangereux et vicieux traître du printemps ? Chacun devait avoir bien du mal à y croire; Viehrs lui même restait perplexe. Nonobstant cette interdiction, il n'était pas rare qu'un veilleur surveille ses entrées et sorties du camp; ou même aille jusqu'à l'accompagner dans ses déplacements. Et tout ce petit manège se déroulait sans que le nouvel automnal ne bronche. Il n'avait guère de raison de se rebeller et, d'ailleurs, il était trop noble pour briser toute la politesse qu'on lui avait inculqué en se révoltant contre ses gardes. Surtout, il était désormais assuré de dormir au sec et au chaud, ainsi que de se nourrir sans avoir à chasser. Rien que pour ce "retour à la normale", il pouvait endurer d'être traité comme un louveteau récalcitrant. Du moins, pour le moment.

Son escorte n'étant pas permanente, Viehrs parvenait tout de même à sortir du camp automnal pour parcourir les terres du clan sans être accompagné. S'il croisait des loups, ceux-ci lui adressaient un regard suspicieux mais pas la parole. Les terres automnales étaient celles qui lui étaient les moins familières de tout FourSeasons. S'il avait vagabondé sur les terres de chaque clan, en tant que printanier ou en tant que solitaire, celles de l'automne étaient partiellement restées hors de sa portée. Ainsi, son esprit pouvait se divertir de quelques explorations et découvertes de ces terres que, pour le malheur de beaucoup, il appelait désormais "siennes".
Ses pas sur les feuilles rouges n'était que peu discret, provoquant des crissements qui auraient vite fait de faire déguerpir tout gibier alentour, et pour lequel l'hermaphrodite ne portait aucun intérêt. La fourrure blanche qui était la sienne aurait eu bien des difficultés à se camoufler parmi la végétation colorée de l'Automne. Plus même qu'ailleurs, il semblait plus visible qu'une luciole au beau milieu de la nuit. Sans véritablement d'autre but que de s'aérer l'esprit, Viehrs arpentait les profondeurs de la forêt. Il laissait derrière lui une délicate odeur de fumée et de plantes, provenant de son cher bâton d'encens ayant enfin retrouvé sa place habituelle entre ses crocs serrés. Si son regard était prudent, cela n'était que pour une seule raison : il n'était guère armé. La plupart de ses couteaux avaient été confisqués, à cause sans doutes du danger qu'ils représentaient. Son harnais était lesté de ses lames, rendant son port inutile. Il n'avait rien pour se défendre. Rien d'autre que ses crocs délicats.

Brusquement, tout un vacarme se fit entendre, faisant se coucher les oreilles du loup blanc. Viehrs ralentit sa marche, alerté par le son. Rapidement, tout le bruit mourut, comme si la forêt avait décidé de se taire, de retenir son souffle, accompagnant l'albinos. Tout aussi rapidement, le silence fut rempli par une odeur de sang qui fit se froncer sa truffe pâle. L'hermaphrodite, immobile, restait perplexe. L'odeur était proche et, peu importe de qui elle émanait car le parfum du fer masquait toutes les autres senteurs de la forêt. La curiosité - ou bien l'inconscience, qu'importe - le fit se rapprocher de la source de l'odeur qui, à bien s'y attarder, était plus alléchante que repoussante. Il avait certes été surprit, mais sa conscience le rassurait par sa rationalité : le sang d'un loup n'a pas cette odeur, de même que le bruit d'un combat ou d'un meurtre ne ressemble pas à ça. Il parlait en connaisseur. Ainsi, laissant passer sa stupeur première, Viehrs continua d'avancer jusqu'à découvrir, au pied d'un large tronc d'arbre, une silhouette lupine, les crocs plantés dans la chair d'un cervidé. Il parlait de silhouette car il lui était presque impossible de voir le visage du loup plongé dans les entrailles de sa proie, mais le reste de son corps était parfaitement identifiable. Et le gracieux hermaphrodite se raidit et ralentit de nouveau. Dévorant son repas comme s'il s'agissait du dernier, était là un massif loup à la fourrure aussi blanche que la sienne, rendue carmine par le sang qui la tâchait par endroits. La pureté de son pelage était souillé par de nombreuses balafres qui couvraient son corps, certaines si larges qu'elles forçaient le respect. Sa chevelure, de la même couleur que son pelage, était retenue par un enchevêtrement de tresses complexes qui gardaient toute mèche hors de son visage. Nombreux étaient les muscles qui roulaient sous son pelage au moindre mouvement. Ornement ou trophée, l'inconnu avait les épaules entourées par une épaisse protection de fourrure brune, qui n'appartenait certainement pas au loup immaculé. Viehrs avait beau remuer sa truffe et entre-ouvrir sa gueule pour humer l'air, rien n'y faisait, le sang de la biche l'empêchait d'identifier la provenance du grand mâle blanc, ce qui ne le rassurait guère. L'albinos avait appris à ses dépends qu'un visage inconnu n'était que rarement de bonne augure. Le fier hermaphrodite se rendit compte qu'il dévisageait l'autre sans bouger, lorsque celui-ci lui adressa la parole sans pour autant daigner lever son regard vers lui :

« Approches. Je consentirai peut-être à partager ma prise avec toi.»

Sortant de son observation, Viehrs battit de ses longs cils blancs, toujours quelque peu stupéfait; et entreprit de s'approcher du grand loup blanc, saisi par la curiosité. Ses pas étaient lents et maîtrisés. Ce qu'il n'avait pas en grandeur, il le compensait en noblesse et en droiture. De sa voix naturellement mélodieuse et ironique, il répondit en usant de son langage soutenu habituel :


« Ma foi, une telle générosité envers l'inconnu que je suis serait d'une amabilité inouïe.»
Il ajouta, un certain dramatisme dans sa voix mais un sourire amusé ses babines.« Ça n'est guère tous les jours que l'on me témoigne pareille politesse. Et à raison, je suppose.»

Viehrs s'assit tranquillement et délicatement aux côtés de l'inconnu, étant naturellement dépourvu de timidité. Néanmoins, il gardait une certaine distance. Il était sans gêne, mais pas sans méfiance. Si la proximité avec le cadavre de la biche faisait gargouiller son estomac, Viehrs faisait mine de ne porter aucun intérêt particulier au repas de l'autre, malgré sa semi-invitation. Dardant toujours le mâle blanc de son regard curieux, il s'enquit, trop souriant et poli pour être sincère :

« Je m'aventure alors à avancer que, pour n'éprouver aucune méfiance envers ma personne, tu ignores totalement qui je suis. » Il expira longuement, se tenant toujours droit et fier. « De la même manière que j'ignore absolument qui tu peux bien être. Ce qui est tout aussi rare, de nos jours. » Il ajouta, en gloussant. « Si cela n'est pas singulièrement parfait !»


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Lun 9 Juil 2018 - 18:21




Au-Delà des Montagnes


Feat Viehrs



Malgré son invitation vis-à-vis de l’étranger à s’approcher, Rag’valsklag ne leva à aucun moment son regard de la carcasse. Il entendait les pas du loup s’approcher, unique signe qui confirmait au solitaire que l’inconnu avait répondu présent et avait cessé de se cacher. Enfin. Il n’aimait pas se sentir épier par un couard qui n’osait se montrer. A croire que le guerrier avait son ombre de démon maculé de sang comme garde-fou. Les bruits se rapprochaient. La silhouette du maudit paria printanier demeurait dans son angle mort. Qu’importe s’il voulait prendre en surprise et en traître le grand mâle blanc. Ce dernier se savait déjà triomphant rien qu’à la démarche légère et discrète de l’autre canin. Comme pour ne pas manquer davantage de respect à celui qu’il avait convié, le mercenaire tourna enfin la tête. Il toisa un instant l’autre prédateur. Si lui avait un corps haut, musclé et chargé en cicatrices de ses combats passés, ce n’était le cas de l’inconnu. Petit, assez rachitique et dénudé du moindres gros muscles. Ses longs cheveux de neige étaient maintenus plus ou moins fermement par de grosses perles d’or, sans doute là pour témoigner d’un orgueil de biens. Un harnais brun entourait son poitrail et son ventre mince. De petites lanières semblaient être là pour maintenir des objets qui étaient au titre d’absent à ce repas. Quelques légères cicatrices barraient son corps. Elles étaient à peine marquées, comme si son agresseur n’avait guère osé marquer davantage ou s’il n’avait guère eu la possibilité de rendre plus tranchantes ses griffes avant de les planter dans la chair du mâle. Elles étaient bien ridicules face aux siennes et cela abreuva un peu l’orgueil du guerrier.
Les deux loups qui se fixaient, étaient bien différents l’un de l’autre. Leur unique point en commun était leur fourrure aussi pâle que la neige, bien que celle du chasseur se teintait et se parfumait de sang, cachant les odeurs humides de la forêt et les fumets respectifs des deux prédateurs. Rag’valdsklag arracha un morceau de chair à la biche et il le mastiqua, ne quittant à aucun moment les yeux écarlates de l’autre loup.

L’étranger de ce monde leva un sourcil, interrogateur, lorsque son invité se décida à prendre la parole. Soit l’amabilité était inexistante dans ce monde, soit il avait devant lui un non-aimé des autres lupins. Cette conversation devenait intéressante bien que le ton dramatique eut le don de vexer quelque peu le guerrier. Il y voyait là comme un manque de politesse. Il n’appréciait les murmures des lèches-bottes. Que des vermines à tuer et à répandre leur sang comme exemple. Mais il devait garder son calme … Ne pas tuer. Pas encore. Il devait déjà en apprendre plus. Sur ce monde. Sur ce loup blanc. De plus, ce dernier s’était assis près de lui. A une distance qui l’éloignait des coups comme à une distance invitant à la discussion. Si ses paroles énervaient Rag’valsklag, l’automnal avait au moins le mérite de susciter un certain intérêt aux yeux du Pantin divin.
Lorsque l’inconnu repris la parole, le grand mâle comprit que l’amabilité existait dans ce monde mais pas à l’égard de son compagnon de paroles. Ainsi donc se dressait devant lui un déchu social. Sans doute avait-il tué tout un clan ? Violé ? Trahi les siens ? Ou il était simplement de mauvaise naissance. Quoiqu’il ait pu faire, Rag’valdsklag ne le conviait pas par sympathie. Non loin de là. Il avait une idée en tête.

« Aval Gudene. Gardes tes belles paroles à d’autre.

Il roula des yeux avant de fixer la carcasse. Chopant un gros morceau de la biche, il le lui jeta aux pattes.

« Manges. Racontes moi tout ce que tu sais sur ce monde.

Ses mots sonnaient comme des ordres, laissant sous-entendre qu’il appartenait à une caste dirigeante bien qu’il n’était plus rien depuis quelques décennies. Il se gardait d’user lui-même du vouvoiement, ce que le beau-parleur avait sans doute volontairement omis d’utiliser. Savoir manier les mots sans y mettre les formes de politesse … Rag’valsklag était tombé sur un drôle de loup. Il pourrait le faire parler. Il le devait. Il était beaucoup trop ignorant des coutumes de ce nouvel univers. Il ignorait même que les canins puissent posséder de la magie. Puissance qui appartient uniquement aux Dieux là d’où il venait. Il était qu’un ignare rencontrant un érudit parjure. Likevelt semblait jouir de ce fameux Destin.


PS traduction : "Aval Gudene" signifie "par les Dieux" dans sa langue ;')
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THE ACCURSED AND THE HOLY

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Profitant que l'immense mâle, trop occupé à dévorer la carcasse entre ses griffes, ne daigne lever le regard en sa direction; Viehrs continuait de le dévisager avec curiosité. Le mâle semblait vieux, par l'expérience qui semblait marquer chacun de ses muscles. Il n'avait pas l'allure d'un ancien, croulant, mais son allure témoignait d'une maturité que même Viehrs n'avait pas encore atteinte. Alors qu'il se pensait quelque peu vexé qu'on ne le regarde pas tandis qu'il s'adressait à lui, le bel hermaphrodite ne put empêcher sa tête d'avoir un brusque mouvement de recul lorsque les yeux ambrés du mâle blanc se posèrent sur sa personne. Se tendant presque naturellement, Viehrs laissa l'autre le dévisager en suivant attentivement le mouvement de son regard, et sans cesser de le fixer. Les deux individus s'étaient jaugés tour à tour, sans qu'aucun défi n'anime aucun regard. Visiblement, aujourd'hui encore, on ne tenterait pas de mettre fin à sa vie. Ayant fini sa tirade, il teintait de lire silencieusement l'attitude du loup à la fourrure maculée de sang, mais ce dernier semblait loin d'être un livre ouvert. L'albinos, qui avait été agréablement surprit par l'invitation de l'inconnu, le fut bien moins par la réplique sèche qu'il lui lança :

« Aval Gudene. Gardes tes belles paroles à d’autre.»

Ses oreilles s'étaient redressées à l'écoute de la langue étrangère que l'inconnu avait parlé. Etait-il un étranger de ce monde ? Viehrs n'était plus stupéfait par l'entente d'une langue inconnue des loups d'ici, devenu accoutumé à ce qu'un certain corbeau ne s'adresse à lui dans une langue qu'il n'entendait ni ne parlait. Cependant, la langue qu'avait parlé le loup blanc n'avait aucune sonorité similaire avec la langue du bourreau des Librelunes, si bien que si l'albinos s'était d'abord trouvé curieux, il se désintéressa vite de cette singularité de langage. En revanche, il était bien plus piqué par la manière dont le massif animal s'était adressé à sa personne. Il releva la tête en signe d'orgueil et de mécontentement, sans pour autant répondre immédiatement. Tandis que l'inconnu levait les yeux au ciel en signe d'exaspération, Viehrs expira longuement la fumée rosâtre qu'il avait avalée, les volutes de fumées cachant l'air boudeur qu'arborait son visage. La Diva, vexée, se mura dans un certain silence, sans pour autant détourner le regard du mâle blanc. Pendant quelques instants, il le fixa intensément, la noirceur de sa sclérotique semblant dévorer ses iris, de sorte qu'il ne prêta aucun intérêt au beau morceau de viande qui tomba entre ses pattes. Le fier albinos devait s'être habitué à ce qu'on lui manque de respect, ou simplement était-il las de risquer d'abîmer plus encore son beau visage; car il finit par détourner le regard et se pencher enfin sur le repas qu'on venait de lui offrir gracieusement. Cadeau qui fut suivit d'une invitation aux sonorités de sommation :

« Manges. Racontes moi tout ce que tu sais sur ce monde. »

Et pourquoi ferais-je cela ? Qu'y gagnerai-je ? Pensa t-il en resserrant ses crocs sur son bâton d'encens. Viehrs examina un moment la proposition, le morceau de viande tâchant ses griffes dorées de sang rouge et poisseux. Ainsi l'inconnu lui avait révélé, volontairement ou on, qu'il ne venait effectivement pas de ce monde. Rien que Viehrs n'aurait pu deviner de lui-même, mais il se supposait reconnaissant d'avoir vu ses soupçons confirmés. Posant une patte sur la viande, comme pour assurer qu'elle était désormais sienne, l'albinos répondit toujours calmement et avec le sourire, malgré la crispation de ce dernier, conservant l'orgueil qui était sien :


« Il est d'usage que celui qui souhaite obtenir une quelconque information de ma part marchande son offre avant de se permettre de me donner des ordres. Néanmoins, ton "offrande" devra s'y substituer. » Son regard était rivé sur son repas plutôt que sur sa compagnie et il déclara avec sarcasme.« Tu n'y es pour rien, puisque tu ne sais rien de ce monde.»

Evidemment, il ne remercia en rien l'inconnu d'avoir partagé son repas, considérant cela comme un simple paiement. On ne remercie guère celui qui rend le service qu'il doit. Avec douceur et mesure, l'hermaphrodite s'allongea aux côtés du mâle inconnu. Le pacha s'étendit de toute sa longueur, laissant ses fines pattes étendues le plus possible. Son corps souple lui aurait permis sans mal de se baisser jusqu'au sol pour manger tout en restant assis, mais il n'aurait guère était très à l'aise. Et le matelas de feuilles mortes tapissant le sol paraissait bien plus confortable. D'un geste élégant et vaniteux de la tête, l'albinos envoya sa longue natte se poser entièrement le long de ses épaules et de son dos, pour qu'aucune de ses mèches ne risque de traîner dans le sang poisseux. Viehrs resta un long moment sans toucher un seul morceau de la viande. Ca n'était pas qu'il pensait la viande empoisonnée, car l'odeur de celle-ci aurait été toute différente. Ca n'était guère non plus car il n'avait pas faim, son estomac gargouillait silencieusement depuis plusieurs minutes. La vérité était que le vaniteux automnal ne supportait pas qu'on le regarde se repaître. Lui qui n'avait aucune timidité, là était sa seule "faiblesse". Trop maniéré pour qu'on le vit jamais se salir et maculer sa fourrure de sang. Cependant, supposant que la viande n'attendrait guère éternellement qu'on la dévore, l'albinos arracha délicatement un morceau de chair sanguinolente et le mâcha lentement, veillant à se tâcher le moins possible et à passer sa langue sur ses babines pour qu'aucune trace n'ose demeurer sur son museau. Ayant commencé à se nourrir, ses idées s'éclaircirent, n'ayant plus le poids de la faim pour les embrumer. Ce loup souhaitait savoir ses choses sur ce monde; et il s'était adressé à Viehrs pour cela. Une erreur de sa part ? Pas réellement, simplement il faisait ici la maladresse de laisser sa connaissance entre les pattes d'un loup aussi malhonnête que manipulateur. D'ailleurs, l'hermaphrodite n'avait pas dévoilé son nom, et cela valait mieux. Il ignorait si le pérégrin avait eu le temps d'entendre parler de lui, et ne souhaitait guère tourner la situation à son désavantage par la simple mention de son patronyme. Ayant fait patienter le mâle blanc tandis qu'il avalait une partie de son repas, Viehrs se décida enfin à parler, commençant par un aveux sincère :

« Je ne suis pas plus originaire de ces terres que tu ne l'es, étranger. Nonobstant ce point commun, j'arpente ces terres depuis déjà assez longtemps pour pouvoir les appeler mon "chez-moi", aussi longtemps qu'elles m'accueilleront.» Ce dernier mot le fit glousser, mais il continua.« Tu ne t'es guère montré précis; et malheureusement pour nous , je ne suis pas aussi généreux en paroles que tu ne l'es en nourriture. »

L'automnal redressa la tête de son repas, pour regarder à nouveau l'inconnu, lui accordant un sourire plus prononcé, mais aussi plus malicieux. Viehrs s'enquit, croisant ses pattes devant lui :

« A quel point es-tu ignorant, étranger ? » Il reformula. « Ou plutôt, que désires-tu savoir de ce monde exactement ? »



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Jeu 12 Juil 2018 - 14:26




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Orgueilleux et vaniteux. Et fier.

« Ton esprit est chargé d’orgueil.

Il sembla plus parler pour lui que pour son auditoire. Il lâcha un soupire puis il reconcentra sur le fil de la discussion.

« Il est d'usage que celui qui souhaite obtenir une quelconque information de ma part marchande son offre avant de se permettre de me donner des ordres. Néanmoins, ton "offrande" devra s'y substituer.

L’inconnu ne manquait pas de ressources et Rag’valsklag était quelque peu content de tomber sur un tel loup. Ainsi donc il n’aurait pas tout ce qu’il veut par des mots claquants sur sa langue. Ni ordre, ni obéissance entre les deux mâles. Intéressant. Le grand blanc allait pouvoir sortir de sa solitude et faire valoir des apprentissages anciens. Cette rencontre semblait être prometteuse. Gardant son sourire pour lui, il continua de fixer l’autre canin. Ses gestes, ses mimiques … Tout ce fin corps rappelant les albinos confirmait le sentiment que lui soufflait sa conscience. Les informations que l’autre loup lui donnerait ne serait pas réellement digne de confiance. Ses iris rouges brillaient du poison des mensonges. S’il croyait avoir un aussi vieux mâle, l’automnal se trompait lourdement. Mais soit, le jeu de la pêche aux informations bonnes allaient au moins occuper l’esprit de Rag’valdsklag. Un petit peu. Jusqu’à ce qu’il se lasse. Et tue.
S’étirant légèrement et pivotant son corps vers l’autre loup, l’étranger permit à son corps de trouver une position plus confortable et surtout plus à même de lui faciliter la tâche pour se relever. Ne jamais baisser sa garde. Bien qu’il se savait fort et puissant, l’autre loup semblait cacher quelques tours de passe-passe.

« Tu n'y es pour rien, puisque tu ne sais rien de ce monde.

Il n’allait décidément pas s’ennuyer. Le ton sarcastique de son compagnon de repas arracha un rire rauque au guerrier. Marchander les offres étaient communs à bien plus de mondes que ne pouvait imaginer le serpent caché sous les traits d’un loup. Rag’valdsklag n’usait plus de cet échange depuis des décennies. S’il voulait une information, sa masse suffisait à faire cracher le morceau aux interrogés. Si elle ne fonctionnait pas comme arme, il se battait et avant de les abattre, il leur promettait Vie en échange de réponses. Les agonisants se laissaient alors à divulguer tout ce qu’ils savaient, trahissant famille, amis et clans. Bien évidemment, après cela, le Blanc les tuait car il fallait bien un punisseur des traîtres. Un cercle vicieux. Mais dans ce monde-là, cet inconnu ne semblait pas comprendre la menace qui pesait sur lui. Likevelt jouissait à l’idée de recevoir le sang de ce fier.
Le temps que Rag’valsklag songe à ses paroles, l’albinos s’était alors allongé. Ses gestes étaient précis, mesurés tandis qu’ils déployaient une certaine grâce. Il ressemblait aux dames coquettes refusant de se salir. Quel triste spectacle qui rebuta l’âme guerrière du Pantin des Dieux. Il ne dit cependant rien, continuant de regarder le manège pour ne pas se tâcher de sang. Trop de manières. Trop de réflexions pour un simple morceau de viande. Le temps qu’il la déguste, le solitaire aurait déjà pu engloutir le reste de la carcasse. Il resta les yeux rivés le maniéré, son regard devenant presque malsain d’une telle fixette.

« Je ne suis pas plus originaire de ces terres que tu ne l'es, étranger. Nonobstant ce point commun, j'arpente ces terres depuis déjà assez longtemps pour pouvoir les appeler mon "chez-moi", aussi longtemps qu'elles m'accueilleront. Tu ne t'es guère montré précis; et malheureusement pour nous , je ne suis pas aussi généreux en paroles que tu ne l'es en nourriture.

Tiens donc. Un autre étranger dans ce monde, plus ancien certes mais étranger. Levant un sourcil, Rag’valsklag sembla plus intéressé qu’il ne l’était auparavant. De quel monde venait l’albinos ? Il n’était pas un impossible que le guerrier y ait mis les pattes pour y perpétuer un massacre. C’était tellement habituel pour lui qu’il ne songea pas qu’il ait pu tuer un proche de son compagnon de repas. Quoiqu’il en fut, l’automnal connaissait cet univers. Il y vivait depuis des années à ne pas en douter par ses paroles … Et il ne semblait pas être énormément le bienvenu. Il semblait donc être un personnage peu aimé ici. Aval Gudene, qu’avait-il fait ? Cela excitait le mâle fort. Il avait peut être devant lui un guerrier cachant bien son jeu. Un adversaire puissant. Cette pensée mettait en émoi tout son corps, dressant légèrement ses poils. Il avait envie de se battre. Il avait envie de le tester. D’autant plus que ce combat lui offrait des informations que son possible futur adversaire ne semblait pas vouloir lui révéler …

« A quel point es-tu ignorant, étranger ? Ou plutôt, que désires-tu savoir de ce monde exactement ?

Ces paroles stoppèrent l’émoi guerrier qui s’emparait de lui. Ainsi donc l’autre loup semblait bien vouloir lui en dire plus. Peut être pas autant que ce dont avait besoin Rag’valsklag, mais assez pour pouvoir comprendre et s’adapter à ces terres jusqu’à présent hostiles par l’ignorance qu’il en avait d’elles.

« Je suis ignare en tout, étranger. Cependant. Saches que les pratiques de marchandages sont affins de bien des mondes.

De ces simples phrases, il admettait son ignorance mais aussi et surtout qu’il avait voyagé dans d’autres univers, ne se cantonnant pas qu’à un seul. Comme il admettait que ses ordres étaient voulus et ne reposaient pas sur une absence d’informations quant aux coutumes d’ici.

« Ce monde semble régi par des saisons comme nous en trouvons partout ailleurs. Les plus courantes : Printemps, Eté, Automne, Hiver. Malgré que nous semblons être en été, des terres restent enneigées, l’humidité et les couleurs de la saison des feuilles tombantes nous entourent. Comment cela se fasse ? Il marqua une pause avant de reprendre, songeant à son panthéon divin. Quels Dieux gouvernent et dictent vos actes ? Ou êtes-vous simplement guidé par Outa’Ranos ?

Oh Likevelt n’avait pas tenu sa langue quant à cette divinité de FS. Elle en avait lâché de nombreuses insultes avant de venir faire semblant de pleurer dans les pattes de Rag’valdsklag. Il n’était pas impossible que l’identité de cette déité ne soit réellement connue. Nombreux mondes ignoraient que leurs fondements et leurs existences reposaient certes sur des lois physiques, mais aussi et grâce à des Dieux qui permettaient d’équilibrer tout ce qu’il fallait pour que les vivants prospères. Le mâle blanc allait donc découvrir si les autochtones avaient connaissance de l’élément qui leur offrait la Vie.

« Qu’en-est-il des clans ? Ici nous sommes chez les tiens je suppose. Quelle modèle de hiérarchie suivez-vous ?

Il se retenait tant bien que mal de ne pas se laisser aller à mille et une questions. Il avait soif de savoir. Normalement les autres balançaient tout ce qu’ils savaient. Là, il devait formuler des requêtes pour avoir des réponses. Rendant un sourire sarcastique à l’albinos, il conclut :

« Après, nous pourrions migrer vers la source plus loin … Afin de nous laver des quelques gouttes de sang qui nous entachent les pelages.
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Viehrs
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Viehrs
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Ven 24 Aoû 2018 - 13:01

Viehrs ft. Rag'valdsklag

THE ACCURSED AND THE HOLY

THE ACCURSED AND THE HOLY



Le fait que son interlocuteur admette être ignorant en tout provoqua chez l'albinos un sentiment étrange de fascination. Il n'avait jamais vu de loup sur ces terres qui, même ne faisant partie d'aucun clan, ne sache véritablement rien du monde qu'il foulait. Il n'avait jamais non plus rencontré de loup qui admette ce degré d'ignorance. Humilité du sage ou naïveté du voyageur, cette attitude particulière avait au moins le mérite de capter l'attention de l'hermaphrodite. Il était clair que cet inconnu, quiconque fut-il, avait vu bien des paysages et foulés bien des terres de sorte que ce monde là ne devait lui paraître plus surprenant qu'un autre. L'avidité de connaissance de l'érudit albinos en était titillé et pour ses propres raisons, il était soudainement plus enclin à révéler au guerrier blanc ce qu'il voulait savoir. Cela ne voulait pas dire, évidemment, qu'il était moins enclin à altérer les faits. Etant confortablement installé, Viehrs laissa le mâle blanc lui poser ses questions, tout en se repaissant lentement et délicatement de la viande qu'il lui avait offerte :

« Ce monde semble régi par des saisons comme nous en trouvons partout ailleurs. Les plus courantes : Printemps, Eté, Automne, Hiver. Malgré que nous semblons être en été, des terres restent enneigées, l’humidité et les couleurs de la saison des feuilles tombantes nous entourent. Comment cela se fasse ? Quels Dieux gouvernent et dictent vos actes ? Ou êtes-vous simplement guidé par Outa’Ranos ?»

L'aimable Viehrs ne l'interrompit pas, mais songea à ces questions que lui-même ne s'était pas posé. La magie qui régissait ces terres ne lui semblait pas plus particulière que celle dans laquelle il avait grandit. Il songea à ses terres natales, où la neige ne s'arrêtait guère de tomber et où la nuit refusait opiniâtrement la place au jour. Il avait semblé à l'hermaphrodite que le même genre de règle s'appliquait à ce monde, seulement étendue à un degré bien plus complexe et ayant été instauré bien avant que les premier loups ne foulent la terre. Quelque part, maintenant qu'il était amené à y songer, Viehrs regretta de ne pas s'être plus instruit à ce sujet. Quant aux dieux...S'il avait été pieux dans son enfance, toute pensée envers la divinité qui avait bercée ses premiers pas avait été banni en même temps que lui. Il en était de même, avait-il remarqué, pour la plupart des loups de ce monde qui semblaient s'en remettre très peu à leur divinité. Viehrs en déduit que le guerrier blanc, s'il ne doutait pas de l'existence d'Outa'Ranos, devait trouver quelque intérêt aux Dieux en général pour s'interroger à propos d'une divinité si discrètement représentée.

« Qu’en-est-il des clans ? Ici nous sommes chez les tiens je suppose. Quelle modèle de hiérarchie suivez-vous ? »


Il ne put s'empêcher de glousser en pensant aux automnaux comme "les siens", connaissant bien des congénères qui affirmeraient vivement le contraire. Les questions du voyageur lui semblaient à la fois vagues et ciblées. Elles n'avaient, au demeurant, rien de bien exotique mais elles étaient aussi logiques qu'essentielles à celui qui ne sait rien. Malgré sa lenteur, Viehrs avala le dernier morceau de son repas au moment où l'inconnu finissait sa tirade :

« Après, nous pourrions migrer vers la source plus loin … Afin de nous laver des quelques gouttes de sang qui nous entachent les pelages. »

L'albinos se redressa, toujours avec la grâce dont il n'aurait su se détacher, et ébroua son pelage avant de répondre, avec son charisme habituel :

« Bien, puisque cela est si aimablement proposé. Mettons nous en route, je répondrai à tes questions en chemin. »

Il se mit fièrement en marche, sans s'assurer même que le guerrier acquiesçait ou s'était levé pour le suivre. Il se figurait que, si l'étranger voulait véritablement ses réponses, il le suivrait sans tergiverser très longtemps. L'albinos marchait droit et la tête haute, son visage entouré par la fumée de son bâton d'encens qu'il avait à nouveau placé entre ses crocs. Il prit une longue inspiration, son expression sereine mais teintée d'arrogance, et s'exprima enfin, un sourire en coin tordant ses lèvres :

« Sache que, comme tu as dû le remarquer, chaque clan a une saison qui lui est attribuée et, par conséquent, un territoire sur lequel règne cette même saison. Les loups qui y vivent sont affectés par la saison et voient leurs pouvoirs influencés par elle, mais si ils en changent, cette influence change aussi. » J'en sais quelque chose, retint-il dans sa barbe en gloussant sinistrement. Il reprit. « Je ne saurais me targuer de comprendre comment cette magie fonctionne pour ainsi régir les saisons, je ne crois guère que beaucoup s'interrogent là-dessus. Toujours est-il que toi, sans clan, tu n'es donc influencé par aucune saison. » Et il ajouta, un peu trop guilleret pour le sujet.« Comme tu peux l'imaginer, ces saisons régissent aussi les alliances...Comme les tensions. »

Sa voix donnait constamment l'impression qu'il mentait ou s'amusait à modifier les faits, mais il n'avait jusque là dit que la stricte vérité, ou du moins, la vérité ainsi qu'il la voyait.

« Quant aux divinités... » Il regarda un instant son pendentif rouge à la place duquel, étant enfant, se trouvait une lourde croix en métal noir.« Tu n'es pas tombé dans le monde le plus pieux, loin de là. La liberté de culte semble régner ici, mais paradoxalement, il n'y a guère de rivaux là haut pour faire de l'ombre à Outa-Ranos. Du moins, à ma connaissance; et elle sait être limitée. » Dit-il, feignant l'humilité.

Il se tut un moment, songeant aux dernières questions du voyageur. Il n'aurait rien perdu à lui répondre, mais enfin, c'était mal connaître Viehrs que de le croire si docile et enclin à aider son prochain. Se tournant vers le mâle blanc, d'un geste un peu soudain, il sembla changer d'avis, son sourire se tordant de malice :

« Revoyons donc les termes de notre marché, veux-tu ? » Ses grands yeux rouges luisaient de perfidie autant que de curiosité. « Toutes ces questions m'ont amené à envisager que si tu ne sais rien de ces terres, tu sais bien des choses d'autres mondes et vois-tu, ma curiosité intellectuelle s'en trouve piquée. » Il marqua une pause, ayant le souffle court, avant de reprendre. « Et si tu m'en apprenais un peu plus, sur ce qui t'amène ? Sur ce qui se trouve au delà de ce monde ? Pas gratuitement, bien entendu! Il ne s'agirait que d'un..."Echange de bons procédés", disons-le ainsi. »

Un instant, son attention se porta sur la source qu'il apercevait enfin. Toutes ces bonnes paroles, en plus de l'avoir revigoré, lui avaient donné bien soif !



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Lun 10 Sep 2018 - 13:12




Au-Delà des Montagnes


Feat Viehrs


Quel drôle de loup. Rag'valdsklag avait du mal à analyser ce canin au pelage blanc. Ce dernier réagissant à la mention de la source se leva et prit la route, affirmant que réponse serait donnée en chemin. Lâchant un soupire, l'imposant guerrier se leva et suivit l'autre loup. Se mettant à ses côtés, il écouta chacune de ses paroles. Ainsi la magie dépendait des saisons qui elle-même repoussait la Nature. L'Hiver gardait son manteau immaculé même en été. Ce monde était décidément plein de ressources et empli d'une magie que le mercenaire n'avait encore jamais vu auparavant. Il lança un regard au loup qui marchait près de lui. Changer de clan, changeait aussi la nature de ses dons. C'était très intéressant. Il supposa que les terres inoccupées ne répondaient alors à aucune magie et vivaient les saisons comme dans bien des mondes. Il comprenait mieux pourquoi certaines terres semblaient figées dans un cycle annuel précis. Tout ne découlait que de cette puissance. Sans aucun doute divine. Mais dans quel but ? Cette notion échappait à Rag'valdsklag et ce fut la déesse Likevelt qui lui susurra à l'oreille une réponse : rien que pour la diversité des mondes ... Et l'amusement. Elle envoya alors des images mentales, montrant un hivernal souffrant du désert d'Elessar. Une mort certaine l'attendait, lui et son épais pelage. Ainsi les saisons étaient en soi destinées à se faire face. Elles étaient différentes et si l'une d'elles s'étendaient, leur saison suivrait. Ainsi le printemps pourrait transformer l'Eté en un décor fleuri, doux et pluvieux. Une quête pour avoir plus d'espace pour survivre.

L'automnal parla ensuite de la religion, arrachant le guerrier de ses réflexions quant à la réalité des tensions. Ainsi ce monde découlait d'une divinité mais n'offrait nulle foi en elle. Comme cela était triste de manquer autant de respect à son créateur mais Outa-Ranos ne semblait pas leur en tenir vigueur. Il était bien différent des Dieux qui accompagnaient Rag'valdsklag. Si dans son monde, un loup osait sortir du chemin de la prière et des sacrifices, la Mort n'était que son ultime voie. Aucun salut ne lui était accordé, juste la torture et l'oubli. La divinité de FS laissait donc le choix et la liberté quant à ses croyances. C'était louable de sa part et le mâle comprenait alors pourquoi ce Dieu avait empêché les siens d'avoir une influence ici.

Lançant un regard en biais à l'autre loup blanc, Rag'valdsklag plissa les yeux, sentant une certaine perfidie s'échapper de son interlocuteur. Au fond de lui, il sentait un piège se refermer autour de lui ... Et ce depuis le début de cette rencontre. Cependant, il ne comptait pas s'en détacher. Pas pour l'instant. Soupirant il fixa le chemin qu'il empruntait, entendant le clapotis de l'eau qui se rapprochait.

« Merci pour ces réponses.

Il remarqua la source. Ils y étaient. Franchissant les quelques mètres, il avança sur la berge quelque peu boueuse puis il s'engagea dans l'eau. Si pour beaucoup cette morsure aqueuse donnerait frisson et matière à avoir froid, ce n'était son cas. La source était chaude, lui qui avait l'habitude de se baigner dans les eaux des monts glacés.

« Très bien. J'accepte ce que tu t'évertues à appeler un échange de bons procédés. Mais avant, j'aimerai connaître ton nom. T'appeler inconnu revient à te manquer de respect, tu ne trouves pas ?

Il se pencha et lapa la surface claire de la source. Il attendait une pluie de questions, à lui qui venait d'horizons insoupçonnés.
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Outa-Ranos
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Mer 27 Fév 2019 - 11:24

» up Viehrs !
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