Four seasons
Tu as posé les pattes sur Four Seasons !

Tu te retrouves dans un monde étrange, peuplé d'animaux désignés comme dangereux... Des loups !
Mais ne t'inquiètes pas : ils sont civilisés et ne te mordront pas au moindre mouvement ! (encore que...)
Viens incarner TON loup ou TON chien et fais le vivre à travers des aventures nommées RP !



Votre devoir sera de rétablir la paix des saisons, mais il y a toujours des trouble-fêtes...

 

 :: Hors jeu :: Archives Eté Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt
Viehrs
Modo Justicière Nocturne
Viehrs
Race : Loup/louve
PUF * : Carnival, Cicou0, un.kanny, Kanu
Masculin
Messages : 199
Date d'inscription : 11/07/2017
Âge : 19
Ta localisation réelle : Dans le Saladier Saint. ( ͡° ͜ʖ ͡°)

Identité du loup/chien
Rang: Reclus
Notoriété:
Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Left_bar_bleue25/1000Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Empty_bar_bleue  (25/1000)
En couple ?: Libertin.♥
Mar 10 Avr 2018 - 23:06

Viehrs ft. Nachtgewalt

AND THE NIGHT WILL NOT ALWAYS WAIT FOR YOUR CALL

AND THE NIGHT WILL NOT ALWAYS WAIT FOR YOUR CALL

Un pas maladroit dans le sable écrasa entre ses griffes le reflet lumineux de la lune. Au loin, deux silhouettes progressaient, l’une claudiquant sans que cela n’affecte la menace que représentait chacun de ses pas hésitants ; l’autre, plus agitée, trottinant fièrement devant, la queue et les oreilles dressées aussi sûrement que s’il s’apprêtait à recevoir une récompense. Même dans la nuit, son pelage blanc resplendissait, sublimé par l’éclat lunaire. L'oeil avisé avait dû remarquer qu'au duo, il manquait une troisième présence dont le pelage albâtre n'était plus là pour concurrencer celui de la silhouette blanche. Manifestement moins mal en point que son comparse, elle effectuait un drôle de manège autour de lui : le devançant de plusieurs foulées, puis s’arrêtant pour l’attendre. Puis, impatient, faisait demi-tour et revenait jusqu’à lui ; comme pour lui intimer d’avancer un peu plus vite. Pourtant, ce n’était guère comme s’ils se rendaient quelque part où quelqu’un les attendrait. Au contraire, il eut mieux valu que personne ne les attendit à leur destination. Si cela avait été le cas, ç’aurait été nul autre que leurs bourreaux, avides d’enfin les voir morts entre leurs griffes. Le loup blanc contempla cette idée et l’empreinte de ses coussinets dans le sable mou. Il n’était guère prêt à mourir, et le destin semblait aussi être de cet avis !

Alors qu’ils se trouvaient encore en Hiver, Viehrs avait eu le malheur de croiser la route du bourreau du printemps, Herrade, justement à sa recherche. Nul doute que celle-ci entendait le bâillonner et le livrer en pâture à son ancienne reine, Seira, dont la douleur semblait loin d’être éteinte. L’albinos haussa les épaules. Tout compte fait, c’était la femelle au pelage argenté qui s’était trouvé bien malheureuse de l’avoir croisée, lorsque l’hermaphrodite lui avait froidement planté un poignard dans l’épaule. Un des mêmes poignards qui se trouvait collé contre ses flancs par les lanières en cuir de son harnais. Viehrs avait été, bien plus tard, contrarié d’avoir été contraint à ce geste. Faire couler le sang l’indifférait. Cependant, il se méfiait qu’on aille conter ses histoires comme celles d’un meurtrier sanguinaire. Là encore, on ne s’y trompera pas : qu’on le voit comme un loup sanguinaire, cela peinait sa fierté mais il pouvait encore l’ignorer. Ce qui l’embarrassait, c’était la possibilité que certains malappris, ayant eut vent de son potentiel attrait pour l’assassinat, ne viennent le défier et se mettent en tête de le combattre. Ils auraient vite été déçus, réalisant que l’albinos était à peine capable de se battre. Cela ne l’avait jamais intéressé ; et il avait toujours utilisé ses crocs plus pour parer son sourire que pour les planter dans la chair de ses ennemis. Tout ce qu’il avait gardé de sa rencontre avec Herrade, c’était des affreuses piqûres d’araignées qui l’avaient démangé et brûlé atrocement plusieurs jours de suite. Et ce, pour le plus grand amusement du loup noir à ses côtés.

Viehrs ralentit progressivement et, cette fois-ci, s’arrêta pour de bon, laissant le corbeau venir jusqu’à lui. Il lui souriait, mais il était de profil et ses mèches blanches cachaient son visage, donnant l’impression que son expression était impassible. Nachtgewalt était loin d’être mort, pour le plus grand dam de ses ennemis mais pour le plus grand soulagement de l’hermaphrodite, qui appréciait particulièrement quand la réalité suivait ses prévisions ; les rouages de son cerveau n’en travailleraient que plus rapidement encore.

Les deux loups étaient bien loin de l’Hiver, désormais, en témoignait la chaleur qui aurait été presque étouffante si la brise marine n’avait pas rafraîchi l’air. Tandis que les loups, hébergés gracieusement par les alphas hivernaux, retournaient tout le territoire à leur recherche ; les deux intéressés, eux, n’étaient plus là depuis longtemps. Bien sûr, ils n’étaient pas en lieu sûr, puisqu’au lieu d’être sur les terres neutres ou au moins les terres du Solstice où Viehrs pouvait peut-être encore faire jouer ses relations ; au lieu de ça, le bourreau des Librelunes et son acolyte éclairé étaient partis saluer les nouvelles terres estivales. L’hermaphrodite avait bronché, évidemment, car ç’aurait été trop lui demander que d’obéir en silence. Viehrs se souvenait parfaitement de l’incendie qu’il avait déclenché en Eté et si narguer insolemment ses traqueurs avait quelque chose de profondément hilarant, jouer avec le feu n’est jamais prudent deux fois. Par conséquent, le fourbe albinos n’était pas particulièrement en confiance et ses oreilles ne cessaient de pivoter d’avant en arrière, guettant les alentours.

Cela était sûrement aussi dû au fait qu’ils se déplaçaient totalement à découvert. Autour d’eux, rien à part une étendue d’eau à perte de vue. Le sable humide sous leurs pattes agissait à la façon d’un miroir, si bien qu’il eut semblé qu’ils marchaient directement dans le ciel, au milieu des étoiles et épaulés par la lune.

« Ils nous cherchent, le sais-tu ? »

Viehrs avait prit la parole sans préambule, son regard toujours tourné vers l’horizon interminable, inépuisable. Il fronça sa truffe rose, réagissant à ses propres dires ainsi qu’il eut conversé avec lui-même. L’hermaphrodite n’aimait pas la paranoïa dans sa voix, qui trahissait des émotions qu’il était trop fier pour jamais dévoiler, pas même à Nachtgewalt. Il ajouta prestement :


« Pas seulement tes bourreaux… »
Il se reprit encore, gloussant avec une ironie sinistre. « Nos bourreaux. » Ses crocs grincèrent involontairement, mais il continua avec toujours ce même sourire. « Tes suiveurs aussi, ceux qui ne tarderons pas à venir réclamer leur dette comme ceux qui, mécontent de ton œuvre, t’ont abandonné à ton sort. » Il termina enfin cette petite tirade décousue, indigne de son talent d’orateur, murmurant pour lui-même de manière à ce que ce fut à peine audible. « Comme tu es chanceux que ce ne fut pas mon cas. »

Son corps souhaita visiblement lui rappeler qu’il ne s’était pas sorti du conflit sans accrocs, car sa cicatrice à la joue se mit à le lancer. Une douleur lancinante qui tirait sur ses chairs encore fragiles, lui fit fermer les yeux un instant, le forçant à se taire. Il inspira lentement la fumée qui s’échappait de son bâton d’encens, la laissant emplir sa gueule. La fumée salvatrice lui fit oublier la douleur sourde qui déformait presque son beau sourire.

Viehrs se redressa, toujours en douceur, et fit enfin clairement face à Nachtgewalt. Il fixait le corbeau avec une irritation nouvelle, incompréhensible, que son visage trop calme transmettait à peine. L’hermaphrodite fit quelques pas pour parcourir la distance qui les séparait. Nonchalament, sans aucune gêne ni timidité, Viehrs vint poser sa tête sur l’échine de Nachtgewalt, de la même manière qu’il l’avait fait la fois où il lui avait arraché une plume. Oh ! Il ne comptait pas refaire cela. L’autre était peut-être mal en point, mais rien ne l’aurait empêché de lui coller un coup de bec, et Viehrs tenait trop à son beau minois déjà endommagé. Non, il resta simplement là et murmura à l’oreille du corbeau, son épaule collée contre la sienne :

« Que vas-tu faire, maintenant ? » Son ton était empreint de son ironie familière, pourtant la question était plus que sérieuse. Il ne le regardait plus, désormais. Son regard était dirigé vers le ciel dégagé qui se reflétait dans ses iris et les tintaient d’une couleur étrange, entre le rose et l’indigo. « Loin de moi l’idée de douter de ta force…Du moins, à l’accoutumée. Néanmoins, dans cet état, ma curiosité se questionne sur la façon dont tu comptes accueillir ceux qui veulent te voir mort et ne se réjouissent en rien de ta survie. »




Code Pimpé by Kannubis
Revenir en haut Aller en bas
Nachtgewalt
Administratrice
Nachtgewalt
Race : Loup/louve
Féminin
Messages : 293
Date d'inscription : 25/05/2016
Âge : 20
Ta localisation réelle : Dans la forêt !

Identité du loup/chien
Rang:
Notoriété:
Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Left_bar_bleue-3/1000Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Empty_bar_bleue  (-3/1000)
En couple ?: Très bonne blague. J'adore l'humour.
Ven 27 Avr 2018 - 16:56


Mais la Lune se levera toujours pour moi. [ft. Viehrs]


Dissimulé sous le manteau de la nuit, le cortège formé par Nachtgewalt et son insolent NuitTerne se mouvait, silencieux dans l'obscurité. Une tâche noire et une silhouette blanche, voilà ce qui les différenciaient des reflets scintillants du sable humide de la page, tandis que les vagues léchaient leurs empreintes au fur et à mesure qu'ils avançaient. Le doux bruit d'une mer apaisée semblait faire écho à la fin d'une guerre sanglante, qui n'avait guère épargné les clans ou quiconque sur Four Seasons. Pourtant, Nacht n'était pas comme ces vagues qui se retiraient docilement ou comme cette houle harmonieuse, mais plutôt comme un Mistral attendant son heure, sournoisement.

Son pas disgracieux était repérable de loin, rendu encore plus boiteux par une épaisse cicatrice à son épaule, et par une autre plus tordue au jarret de son antérieur gauche. Ces deux plaies, encore peu cicatrisées, rendaient le moindre de ces mouvements douloureux, et chacun de ces pas ballotté. Pourtant, il ne faisait aucune réflexion à ce sujet à son comparse, Viehrs, lequel semblait bien plus fringuant comme à son habitude et ce malgré ces toutes nouvelles cicatrices. En réalité, Nacht ne disait pas grand chose du tout. Il était encore un peu groggy, certes, mais il affichait surtout un air contrarié, dénué de son habituel sourire cauchemardesque. Son regard lunaire, surplombant l'appendice qui lui servait de bec, brillait d'une lueur étrange, aussi lumineuse que l'éclat de la lune qui l'observait avec indifférence.

Les pensées qui agitaient son esprit n'avaient en effet rien de joyeuses. Il pensait à ses années de préparation, parties en fumées, à ses NuitsTernes, dont la plupart l'avaient trahi et qu'il entendait bien détruire, à ses ennemis, qui ne s'en sortaient qu'avec une antre détruite, à ses poursuivants, et au sort probable qu'ils lui réservaient.

Il pensait à Wald et à Hoffnung, qu'il avait échoué à venger.

Il pensait à sa haine, qui n'avait pas fini de croître.

Il pensait à Viehrs, resté à ses côtés malgré tout.

Ce dernier n'avait pas vraiment le choix, d'un autre côté. Mais il avait pris soin de lui, sans rechigner (du moins pas autant qu'il aurait pu). Actuellement, avec Asha qui avait déserté, il était la dernière personne qui restait à Nachtgewalt, si l'on ne comptait pas Kileen qui errait sur d'autres terres.

Et Nacht était la dernière personne qui restait à Viehrs.

Comme c'était mignon et absolument pathétique.

Nachtgewalt poussa un profond soupir et eut une moue ennuyée. C'est ce moment précisément que Viehrs choisit pour tromper le silence d'une mer endormie.

-Ils nous cherchent, le sais-tu ?

Nacht lui jeta un regard las, mais ne perçut pas son expression derrière les mèches blanches qui s'évadaient avidement de sa longue natte sertie d'or - dont Nacht se moquait régulièrement devant le temps que l'albinos mettait à l'arranger chaque matin. En revanche, il perçut la crainte dissimulée dans sa voix, et un éclat hésitant entre la moquerie et l'agacement brilla dans ses yeux, sans qu'il ne juge bon de répondre.

Devant son silence, le traître printanier continua :

-Pas seulement tes bourreaux… » Il marqua un temps, puis se corrigea d'un ton grinçant. « Nos bourreaux. Tes suiveurs aussi, ceux qui ne tarderons pas à venir réclamer leur dette comme ceux qui, mécontent de ton œuvre, t’ont abandonné à ton sort. »

D'un murmure, il acheva :

-Comme tu es chanceux que ce ne fut pas mon cas.

Le noiraud écouta sa tirade sans réagir, puis laissa un ricanement lui échapper, retrouvant un court instant son habituel rictus moqueur, avant que sa morosité ne se saisisse de lui à nouveau.  

-Dis moi des choses que j'ignore, mon cher Gauner...lâcha-t-il avec un accent allemand légèrement plus marqué que d'habitude, comme s'il n'avait que faire de conserver un bon parler. Au moins, tu te rendras utile.

Il ne put retenir un sursaut quand le bel albinos écourta la distance entre eux pour interrompre leur marche et se blottir à son épaule, en une étreinte qui n'était pas sans rappeler un souvenir de leur première rencontre, ou une caresse amoureuse. Nachtgewalt, d'humeur peu joueuse, resta raide quelques instants, puis se détendit de lui-même tandis qu'il écoutait le murmure de la voix de son ultime partisan.

-Que vas-tu faire, maintenant ? demanda Viehrs d'un ton doucereux, avec une pointe de moquerie. Loin de moi l’idée de douter de ta force…Du moins, à l’accoutumée. Néanmoins, dans cet état, ma curiosité se questionne sur la façon dont tu comptes accueillir ceux qui veulent te voir mort et ne se réjouissent en rien de ta survie. »

Nachtgewalt marqua un temps sans répondre, laissant son corps se réchauffer contre celui de l'autre.

-Que vais-je faire ? Allons. Le premier qui ose s'approcher de moi - NOUS approcher -, je l'énuclée, je lui brise les os, et j'envoie ce qui reste de sa carcasse agonisante à son clan pour que tous voient ce qui arrive à ceux qui osent s'en prendre à moi ou à ce qui est mien. Qu'en penses-tu ?

Il gloussa, revigoré par cette idée, en particuliers en imaginant Damoclès ou Kérès dans cette situation.

-Bien sûr, tu rentres dans la seconde catégorie...susurra-t-il puis il le rejeta avec une certaine violence avant de recommencer à avancer, alerté par les lueurs de l'aube.

Tandis que ses griffes raclaient sur le sable humide, il continua froidement :

-Ils me pensent tous faibles, comme toi. Mais chaque seconde qui passe me rend plus fort, et ils seront six pieds sous terre bien avant moi. Ils ignorent tout de moi, comment peuvent-ils espérer me vaincre ? Si je voulais, je pourrais effacer ces unsauber cicatrices de mon corps en un seul souhait, tout comme je pourrais retirer celle qui défigure ton jolis minois - navré, mais c'est la vérité. Mais si je ne le fais pas, c'est parce que je veux que ce jour où les Idioten von Söhnen von Prostituierten de LibreLunes ont failli me vaincre soit marqué dans ma chair, autant qu'il est marqué dans mon âme.

Nacht prit sa respiration, ayant assené ces insultes d'une traite. Il serra les crocs et retint une vague de haine et de fureur qui menaçait de déborder de son cœur. Il venait de mentir allégrement, n'ayant pas récupéré assez d'énergie pour soigner des blessures aussi graves. Mais Viehrs n'avait pas à le savoir.

-Ils ignorent tout de moi...répéta-t-il à voix basse, en une étrange litanie.

Les vagues frappèrent la côte en écho à ces sombres paroles tandis que les deux silhouettes continuaient à avancer.


Code ©️ FieryAmaryllis
Revenir en haut Aller en bas
Viehrs
Modo Justicière Nocturne
Viehrs
Race : Loup/louve
PUF * : Carnival, Cicou0, un.kanny, Kanu
Masculin
Messages : 199
Date d'inscription : 11/07/2017
Âge : 19
Ta localisation réelle : Dans le Saladier Saint. ( ͡° ͜ʖ ͡°)

Identité du loup/chien
Rang: Reclus
Notoriété:
Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Left_bar_bleue25/1000Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Empty_bar_bleue  (25/1000)
En couple ?: Libertin.♥
Sam 26 Mai 2018 - 23:23

Viehrs ft. Nachtgewalt

AND THE NIGHT WILL NOT ALWAYS WAIT FOR YOUR CALL

AND THE NIGHT WILL NOT ALWAYS WAIT FOR YOUR CALL



Le silence accueillit les paroles du délicat albinos. Le mouvement des vagues se mêlait au bruit rauque de la respiration laborieuse du corbeau, mais l'ancien printanier ne semblait pas l'entendre, fut-ce par habitude, ou par indifférence. Il fut surpris que le mâle noir ne le chasse pas promptement, restant au contraire contre lui ainsi qu'ils furent blottis tous les deux. L'hermaphrodite, son coeur empreint de perfidie, vit cela comme une marque de faiblesse et se sentit inspirer un rictus moqueur et mauvais. Paradoxalement, aucune remarque désagréable ne s'échappa d'entre ses fines babines. Surprenamment, l'albinos retint sa langue et feint de n'avoir rien remarqué. C'était probablement là sa propre faiblesse, sa propre solitude à laquelle il n'était habitué, qui l'empêchait de lui-même lever sa tête de l'épaule du corbeau. Viehrs sentit ses crocs se serrer à cette pensée, puis rabattit ses oreilles contre son crâne et ferma un instant ses paupières. Cette fois-ci, il était capable de l'entendre, le bruit des vagues et des poumons de Nachtgewalt.

La voix du mâle, sifflante de haine et de colère, ne parvint pas à faire sursauter l'hermaphrodite, qui se contenta de rouvrir doucement les yeux,  d'un mouvement aussi flegmatique que las.

« Que vais-je faire ? Allons. Le premier qui ose s'approcher de moi - NOUS approcher -, je l'énuclée, je lui brise les os, et j'envoie ce qui reste de sa carcasse agonisante à son clan pour que tous voient ce qui arrive à ceux qui osent s'en prendre à moi ou à ce qui est mien. Qu'en penses-tu ? »

Son gloussement fit écho à celui de Nachtgewalt. Il y avait quelque chose d'amusant, et d'un peu terrifiant, à ce que le grand loup noir ne perdit jamais de sa combativité. Même affaibli et sûrement incapable de se battre, il proférait tout de même des menaces, qu'il n'aurait d'ailleurs pas grand mal à mettre à exécution. Du moins, ainsi pensait l'albinos, qui pourtant n'était pas crédule. Il chuchota, bien qu'il fut trop proche pour que le corbeau ne puisse pas l'entendre.

« Quelle perspective fabuleuse.»

Nachtgewalt ajouta, ne faisant qu'accentuer l'amusement de Viehrs :

« Bien sûr, tu rentres dans la seconde catégorie...»

Et sans préambule, le mâle noir sembla décider que c'était assez et repoussa brusquement le loup albâtre pour reprendre sa marche sans un regard en arrière, comme assumant que son partisan le suivrait docilement. L'albinos était préparé à ce que l'autre le chasse, mais cela n'empêcha pas son coeur de manquer un battement et à ses pattes de s'emmêler, comme si elles ne trouvaient plus de support. La chaleur des plumes du corbeau fut remplacée par la moiteur de l'été.

Viehrs ébroua ses épaules, dérangé par l'humidité qui rendait son beau pelage poisseux, collaient ses mèches à son pelage et les embruns qui irritaient sa peau fragile qui le démangeait. A l'inverse de son compagnon de marche, l'albinos était d'une sérénité totale, à l'extérieur; chacun des mouvements lents et empreint d'une sorte de mélancolie théâtrale. Il regarda le bourreau des Librelunes s'éloigner et quelque chose bloqua sa respiration le temps d'une seconde. Se dressant sur ses pattes, il le suivit, restant cette fois-ci à sa hauteur sans le dépasser.

N'ayant pas fini sa litanie vengeresse, Nachtgewalt poursuivit de maudire le monde, tout son corps semblant tendu par la colère :

« Ils me pensent tous faibles, comme toi. Mais chaque seconde qui passe me rend plus fort, et ils seront six pieds sous terre bien avant moi. Ils ignorent tout de moi, comment peuvent-ils espérer me vaincre ? Si je voulais, je pourrais effacer ces unsauber cicatrices de mon corps en un seul souhait, tout comme je pourrais retirer celle qui défigure ton jolis minois - navré, mais c'est la vérité. Mais si je ne le fais pas, c'est parce que je veux que ce jour où les Idioten von Söhnen von Prostituierten de LibreLunes ont failli me vaincre soit marqué dans ma chair, autant qu'il est marqué dans mon âme. »Il répéta, comme une obsession. « Ils ignorent tout de moi...»

Viehrs inclina sa tête vers lui, ses yeux plissés comme s'il avait eut du mal à saisir le flot de paroles de Nachtgewalt. Les quelques insultes proférées contre lui ne furent pas masquées par celles proférées contre les Librelunes, mais l'albinos, s'il se vexa, le fit sans manifester de contrariété. Il aurait pu, avec une colère brisant son calme, réclamer que le corbeau fasse usage de ses pouvoirs pour effacer de son corps l'affreuse cicatrice qui continuait de rendre tout son visage douloureux. Après tout, le corbeau avait peut-être choisi de conserver des cicatrices de guerres, mais ça n'était pas le cas de Viehrs qui abhorrait ses blessures qui rongeait sa beauté autant que l'âge.

Ainsi qu'on l'a dit, Viehrs n'était pas le plus crédule. Fronçant les sourcils, avec un scepticisme inquiet, l'albinos chercha le regard de Nachtgewalt un moment, puis abandonna. Secouant doucement la tête, l'hermaphrodite accéléra la marche et frôla, accidentellement, les flancs du corbeau sans s'en formaliser. Son attention s'était porté sur un large tronc de palmier échoué sur le rivage. Avec agilité et grâce, le loup blanc s'éloigna du loup noir pour se hisser sur le tronc  d'arbre. Il était détrempé, et couvert de petites algues, mais au moins il n'y avait pas de sable mou. Jouant au funambule sans s'amuser, Viehrs continuait de marcher parallèlement à Nachtgewalt. Il n'était toujours pas assez loin pour que sa voix ne porte pas jusqu'à lui.

Il laissa échapper un éclat de rire, provoqué par les paroles haineuses et démentes du mâle noir, qu'il ressassait dans son cerveau. Sifflant vicieusement, il répondit simplement :

« Ainsi soit-il ! »

Il rigola de nouveau, sans joie véritable. La nuit était de plus en plus bleue, et de moins en moins noire. Viehrs se demandait ce que cela devait faire, de craindre ainsi le lever du jour.

« Tu le sais, car tu me connais si bien, je me fiche éperdument de ce que bien arriver à ces Librelunes, qu'ils triomphent ou soient annihilés, je ne saurais m'en émouvoir. » Comme pour accentuer ses paroles, il haussa les épaules. « Tant qu'ils ne cherchent pas à arrêter mes desseins. » Il tourna son regard vers Nachtgewalt, lui offrant un sourire volontairement hypocrite. Et pourtant, il n'avait probablement jamais été aussi sincère, en témoignait son ton léger et détaché. « Malheureusement, mes desseins ne sauraient s'accomplir s'ils parvenaient à te mettre hors d'état de nuire, puisque nous restons liés par une promesse. Et tu tiens toujours tes promesses, n'en est-il pas ainsi? De fait, » conclut-il comme s'il était en pleine démonstration scientifique. « Puissent-ils périr aussi vite que possible. »

Un long soupir s'échappa d'entre ses crocs toujours serrés, témoignant de la tension derrière l'apparat de calme et de contrôle.
Soudainement, arrivé au bout du tronc mort, Viehrs s'assit délicatement, s'arrêtant à nouveau de marcher comme s'il n'avait pas remarqué que Nachtgewalt se hâtait. Il regarda un moment la Lune, qui commençait à descendre sans s'arrêter. Il demanda, sans transition ni introduction, changeant le sujet ainsi qu'il plaisait à sa curiosité :


« Comment se fait-il que tu sois si vulnérable à la lumière du jour, toi dont-il semble, la nuit, que rien ne puisses t'arrêter ? »





Code Pimpé by Kannubis
Revenir en haut Aller en bas
Nachtgewalt
Administratrice
Nachtgewalt
Race : Loup/louve
Féminin
Messages : 293
Date d'inscription : 25/05/2016
Âge : 20
Ta localisation réelle : Dans la forêt !

Identité du loup/chien
Rang:
Notoriété:
Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Left_bar_bleue-3/1000Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Empty_bar_bleue  (-3/1000)
En couple ?: Très bonne blague. J'adore l'humour.
Ven 15 Juin 2018 - 11:29


Mais la Lune se levera toujours pour moi. [ft. Viehrs]


Viehrs ne semblait pas se formaliser de l’impétuosité de Nachtgewalt, l’observant de son regard si particuliers sans une once de douceur. Nacht, en son for intérieur, se satisfaisait de cette attitude : il ne désirait ni pitié, ni compassion, ni réconfort, et encore moins de l’approbation. En fait, il n’attendait rien de l’albinos, si ce n’est sa présence à ses côtés. Pourquoi ? Pour le protéger ? Sans doute. Rien de désintéressé ou de sentimental n’avait éclairé le regard du noiraud depuis fort longtemps. Ses raisons devaient donc être probablement rationnelles.

Quand l’ancien printanier le frôla pour aller jouer l’équilibriste sur un vieux palmier rongé par les marées, Nacht le suivit des yeux, songeur. Sa litanie vengeresse précédente avait laissé un goût amer sur sa langue, comme un avant-goût du sang qui allait couler, ou de celui qui avait déjà été versé.

-Ainsi soit-il ! rit Viehrs, sardonique.Tu le sais, car tu me connais si bien, je me fiche éperdument de ce que bien arriver à ces Librelunes, qu'ils triomphent ou soient annihilés, je ne saurais m'en émouvoir.  Tant qu'ils ne cherchent pas à arrêter mes desseins.

Il fixa Nachtgewalt avec un sourire étrange, conflictuel. Le corbeau lui rendit son regard, tout aussi indéchiffrable, et Viehrs continua d’un ton méthodique :

-Malheureusement, mes desseins ne sauraient s'accomplir s'ils parvenaient à te mettre hors d'état de nuire, puisque nous restons liés par une promesse. Et tu tiens toujours tes promesses, n'en est-il pas ainsi? De fait, Puissent-ils périr aussi vite que possible.

Nacht gloussa, amusé par la démonstration, et reprit son sourire habituellement moqueur et mauvais.

-Voilà qui est bien dit, mein Freunddit-il de sa voix stridente réduite à un murmure glacial.

Reprenant sa marche, il capta le soupire tendu de son comparse qui prenait tranquillement son temps, sans se soucier de la hâte du noiraud. Ce dernier, s’agaçant, s’apprêta à lui en faire la remarque quand l’autre déclara alors :

-Comment se fait-il que tu sois si vulnérable à la lumière du jour, toi dont-il semble, la nuit, que rien ne puisses t'arrêter ?

Nacht se raidit, surpris de l’audace de Viehrs. Il s’arrêta et le regarda de son regard lunaire, figure d’obscurité aux deux yeux étincelants. Pendant quelques instants, il ne ressembla plus au loup défiguré qu’il était, mais à un spectre affublé de plumes, un souvenir lointain tissé par l’obscurité, tandis qu’il se remmémorait certaines choses qu’il eût préféré oublier. Puis les moments s’éteignirent, et il retrouva son sourire tordu et bien trop large pour son affreux museau.

-Allons allons, Gauner, quelle est cette soudaine curiosité teintée d’impertinence ? Toi qui ne te soucie des autres que pour ce qu’ils t’apportent, tu t’interroges sur ma personne ? Ou cherches-tu simplement à mettre un nom sur ma diurne faiblesse ?

Il gloussa et plissa les yeux. Il était difficile de dire s’il retenait sa colère, excitée par sa morosité, ou s’il s’amusait réellement de la situation.

-Que dirais-tu d’un marché ? déclara-t-il après quelques instants. Une information pour une information. Je te révèles quelques uns de mes précieux secrets, et tu me révèles quelques uns des tiens.

Retrouver son accoutumance aux marchés et autres contrats était fort agréable pour Nachtgewalt, le plaçant dans une situation de puissance et de contrôle, ce qu’il préférait. Mais également, cela lui permettait de ne pas se dévoiler plus qu’il ne le faisait déjà. Il se doutait que Viehrs allait refuser, l’albinos n’étant pas du genre à partager ses sentiments et autres histoires. Nacht non plus. L’albinos en savait, en un sens, déjà trop sur le démon noir, et ce dernier n’appréciait guère que ses faiblesses se répandent sans un mot.

Pourtant, en un sens, Nacht se questionnait sur le passé de l’ancien printanier. Bien sûr, ses petits tracas d’autrefois lui importaient guère, mais il savait mieux que personne que le passé définit le présent.

Surtout quand ce dernier est aussi sombre qu’il ne l’était pour Nachtgewalt.



Code ©️ FieryAmaryllis
Revenir en haut Aller en bas
Viehrs
Modo Justicière Nocturne
Viehrs
Race : Loup/louve
PUF * : Carnival, Cicou0, un.kanny, Kanu
Masculin
Messages : 199
Date d'inscription : 11/07/2017
Âge : 19
Ta localisation réelle : Dans le Saladier Saint. ( ͡° ͜ʖ ͡°)

Identité du loup/chien
Rang: Reclus
Notoriété:
Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Left_bar_bleue25/1000Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Empty_bar_bleue  (25/1000)
En couple ?: Libertin.♥
Lun 18 Juin 2018 - 15:06

Viehrs ft. Nachtgewalt

AND THE NIGHT WILL NOT ALWAYS WAIT FOR YOUR CALL

AND THE NIGHT WILL NOT ALWAYS WAIT FOR YOUR CALL


D'habitude, Viehrs se délectait de lire les réactions de ses interlocuteurs lorsqu'il lançait une pique un peu trop violente ou posait des questions d'une trop grande indiscrétion. La délicatesse ou la retenue, s'agissant de paroles, n'était pas dans sa nature. Pourtant, en voyant le corps de Nachtgewalt se raidir à sa question, celui de Viehrs se raidit en réponse et un éclair de méfiance illumina ses yeux, manquant de lui faire ravaler sa question. Que craignait-il ? Rien d'autre que de rediriger une partie de la colère vengeresse du corbeau sur sa propre personne. L'albinos savait à la fois qu'il était en sécurité, et en même temps pas à l'abri d'un coup de croc correcteur. De la même manière qu'il marchait en équilibre sur le tronc, il veillait à ne pas faire basculer les humeurs de Nachtgewalt en sa défaveur.
Mais ce ne fut pas de la colère que l'hermaphrodite lu dans les prunelles écarquillés du corbeau, simplement une surprise. Pendant un instant, il lui sembla que le loup noir était totalement vulnérable, toute la force drainé de son corps et son visage marqué par une fatigue que l'obscurité nocturne ne pouvait plus dissimuler.

La réaction de Nachtgewalt ne fit qu'accentuer la curiosité déplacée de Viehrs qui ne s'émeut guère du désarroi de son compagnon. Il y avait bien des secrets que le corbeau emporterait dans sa tombe, empêchant les autres de connaître sa véritable nature, le rendant imprévisible. Cela ne pouvait guère plaire au calculateur albinos. Il soutenait son regard avec une indifférence qui masquait sa confusion.

En même temps que le sourire tordu de Nachtgewalt revint, Viehrs relâcha la tension dans ses muscles. Le loup noir ayant reprit le contrôle de ses émotions, lança avec cynisme contournant la réponse :

« Allons allons, Gauner, quelle est cette soudaine curiosité teintée d’impertinence ? Toi qui ne te soucie des autres que pour ce qu’ils t’apportent, tu t’interroges sur ma personne ? Ou cherches-tu simplement à mettre un nom sur ma diurne faiblesse ? »

Viehrs réalisa à quel point obtenir une réponse à une telle question aurait tenu du miracle. Nachtgewalt, s'il ignorait son passé, connaissait trop bien sa personne pour se laisser aller à délivrer des informations à l'être le plus prompt à les utiliser contre lui. Avoir été aussi direct avait été une erreur de la part de l'érudit albinos qui, haussant les épaules, s'esclaffa :

« Il doit bien y avoir un peu des deux. »


Docilement, l'ancien printanier descendit du tronc de palmier où il était perché. Retrouver la sensation du sable sous ses coussinets ne lui plu guère et il laissa échapper un grognement agacé.

« Que dirais-tu d’un marché ? »

Viehrs releva brusquement la tête, les oreilles dressées. Ce fut au tour de ses yeux de s'écarquiller de surprise. L'albinos s'attendait à ce que le mâle change de sujet, ou le presse d'avancer. Il plissa les yeux et fronça les sourcils mais n'interrompt pas le corbeau, son intérêt piqué.

« Une information pour une information. Je te révèles quelques uns de mes précieux secrets, et tu me révèles quelques uns des tiens. »

Le coeur de l'ancien printanier se serra. Viehrs était du genre à avoir des secrets qui eux-mêmes avaient des secrets; de sorte que lui soutirer la moindre véritable information sur son passé tenait du miracle. La seule qui sut jamais des choses à son propos était Asha, qui détenait des informations sur lui mais aussi sur Nachtgewalt. Il voulait savoir, mais ne voulait pas qu'on sache à son propos. En même temps, il se doutait qu'il s'agissait là d'une ingénieuse tactique pour éviter de dévoiler la moindre information, sachant que Viehrs serait reluctant à livrer le moindre secret. Dissimulant son désappointement, le loup blanc détourna le regard pour donner un coup de langue à sa fourrure.

Quand il eut retrouvé sa contenance, Viehrs se mit à marcher vers Nachtgewalt, son regard de sang planté dans le sien. Un large sourire sur les babines, apparat de confiance en soi, il déclara avec amusement :


« Allons, n'est-ce pas toi, l'impertinent, à présent ? On sait l'usage que je pourrais faire d'informations à ton propos, mais toi, que pourrais-tu bien faire de mes secrets ? »
Il ajouta, suintant d'ironie.« Les secrets d'un simple sbire ne doivent pas avoir de grande valeur. »


Une lueur de défi brillait dans les yeux de l'albinos, qui n'aimait guère être trop prévisible. Arrivé à la hauteur de Nachtgewalt, il vint susurrer à son oreille, gloussant à nouveau :

« Mais allons, c'est d'accord. »


Dépassant à nouveau le corbeau, Viehrs fit mine de se remettre enfin en marche, pour s'arrêter quelques mètres plus loin et se retourner vers Nachtgewalt, guettant sa réaction avec un sourire empreint de malice. Il ajouta, sa voix toujours calme malgré la tension dans ses paroles :

« Une seule question. Tu réponds à la mienne et je m'engage à répondre à la tienne. Un oeil pour un oeil. »
Inclinant la tête sur le côté, il acheva, sarcastique. « Sans mentir, évidemment. »





Code Pimpé by Kannubis
Revenir en haut Aller en bas
Nachtgewalt
Administratrice
Nachtgewalt
Race : Loup/louve
Féminin
Messages : 293
Date d'inscription : 25/05/2016
Âge : 20
Ta localisation réelle : Dans la forêt !

Identité du loup/chien
Rang:
Notoriété:
Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Left_bar_bleue-3/1000Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Empty_bar_bleue  (-3/1000)
En couple ?: Très bonne blague. J'adore l'humour.
Mer 11 Juil 2018 - 0:42


Mais la Lune se levera toujours pour moi. [ft. Viehrs]


-Allons, n'est-ce pas toi, l'impertinent, à présent ? On sait l'usage que je pourrais faire d'informations à ton propos, mais toi, que pourrais-tu bien faire de mes secrets ?  Les secrets d'un simple sbire ne doivent pas avoir de grande valeur.

L'air décontenancé de Viehrs n'avait pas échappé à Nachtgewalt, qui le fixait en coin d'un air amusé. Ses paroles étaient vraies, mais c'était bien mal connaitre Nacht que de penser qu'il ne pouvait pas trouver d'utilités à une quelconque information, surtout venant d'un loup aussi recherché et haï que Viehrs. Et puis, au delà de ça, le démon noir aimait connaitre ses ennemis comme ses alliés, il aimait trifouiller dans leur passé comme il aimait écarter les tripes de ses proies pour arracher le foie.

Cette métaphore gustative rappela à Nacht que le jour arrivait lentement, et qu'il n'avait pas encore mangé. Il gloussa en haussant nonchalamment les épaules, satisfait de se sentir en position de force, et fit apparaitre une pomme d'un rouge vif dans une de ses serres. Ce simple voeu provoqua une légère douleur dans ses plaies récentes, mais il l'ignora et croqua avidement dans le fruit, ses crocs en perçant la chair sans difficulté. La douceur acidulée de la pomme était certes moindre face à la fraicheur d'un sang frais, Nacht s'en satisfit, affectionnant ce fruit.

-Mais allons, c'est d'accord.

Nachtgewalt manqua de s'étouffer en avalant sa bouchée, stupéfait. Le jus du fruit coula le long de son menton, suivant le contour de sa cicatrice. Il s'immobilisa et porta un regard surpris à Viehrs, plissant les yeux pour le dévisager, mais l'albinos le dépassa pour aller s'arrêter quelques mètres plus en avant, l'observant en coin.

- Une seule question, poursuivit-il. Tu réponds à la mienne et je m'engage à répondre à la tienne. Un oeil pour un oeil. Sans mentir, évidemment.

Nachtgewalt le toisa, puis gloussa à nouveau, se décrispant. Il hésitait entre l'envie furieuse de scalper l'insolent ou au contraire de l'embrasser devant un tel retournement de situation. Si une chose était toujours certaine avec Viehrs, c'était qu'on ne s'ennuyait pas. Nacht ne pouvait revenir sur un marché, c'était une des choses qu'il ne trahissait jamais, même si l'idée de parler de lui le dérangeait grandement. Mais la perspective d'en apprendre plus sur l'albinos le démangeait.

-Entendu, Gauner ! répondit-il de son habituel ton narquois et mielleux. Un marché est un marché.

Il termina de croquer la pomme, puis envoya le trognon plus loin avant de poursuivre sa marche. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait rien confié à son propos...En fait, il n'avait jamais rien confié à qui que ce soit. En soi, parler de certains détails de sa vie ne le dérangeait pas plus que ça, puisque plus personne ne pouvait désormais les utiliser contre lui, mais personne n'avait vraiment osé lui en demander, ou s'y était mal pris. Il ignorait comment s'y prendre, bien qu'il choisisse de n'en montrer rien et de rester dans le théâtral.

-Pour répondre à ta question précédente...Je suis maudit. C'est une des contraintes de mon merveilleux pouvoir : si je trahis une des règles que la Lune m'impose, j'en suis punis par une malédiction. Et je les ai trahi deux fois.

Nacht gloussa à nouveau, mais cela n'avait rien de drôle. En réalité, il pouvait encore sentir le frisson qui l'avait parcouru quand il avait noyé Stern jusqu'à que mort s'en suive, malgré son instinct et son pouvoir qui lui hurlaient de ne rien en faire.

Il éprouvait encore ce sentiment de satisfaction et de vide intense en observant la vie le quitter.

-Ma disgracieuse apparence et ma faiblesse diurne en sont des conséquences ! acheva finalement le noiraud en levant les yeux vers le ciel étoilé. Mais je ne regrette rien : le remord n'est pas dans ma nature. Et puis, tant que je peux achever ma vengeance, alors mes actions n'ont pas été vaines.

Il baissa à nouveau les yeux vers Viehrs, et essuya la trainée de jus en laissant un de ses terrifiants sourires déchirer sa gueule comme une plaie béante.

-Mais dis moi à ton tour, Gauner...D'où viens-tu ? Je sais que Asha et toi êtes relatifs...Wie interessant.


Code ©️ FieryAmaryllis
Revenir en haut Aller en bas
Viehrs
Modo Justicière Nocturne
Viehrs
Race : Loup/louve
PUF * : Carnival, Cicou0, un.kanny, Kanu
Masculin
Messages : 199
Date d'inscription : 11/07/2017
Âge : 19
Ta localisation réelle : Dans le Saladier Saint. ( ͡° ͜ʖ ͡°)

Identité du loup/chien
Rang: Reclus
Notoriété:
Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Left_bar_bleue25/1000Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Empty_bar_bleue  (25/1000)
En couple ?: Libertin.♥
Mer 18 Juil 2018 - 1:27

Viehrs ft. Nachtgewalt

AND THE NIGHT WILL NOT ALWAYS WAIT FOR YOUR CALL

AND THE NIGHT WILL NOT ALWAYS WAIT FOR YOUR CALL


Ce fut moins le bruit de déglutition douloureuse du mâle noir avalant un morceau de travers, que la douce odeur sucrée et acidulée s'invitant doucement jusqu'à sa truffe, qui firent se dresser de surprise les longues oreilles blanches de Viehrs. Le fruit que le corbeau tenait entre ses serres, tout en semblant au moins l'écouter parler, dégageait une senteur qui contrastait violemment avec celle, omniprésente, d'iode. D'où avait-il bien pu sortir le fruit ? Son pouvoir pouvait-il aussi ainsi le nourrir ? Aussi délicat fut-il, l'albinos n'appréciait pourtant pas particulièrement la chair des pommes. Cependant, leur odeur s'attachait à celle des vergers en fleurs qui précédait le développement des fruits; une odeur de renouveau, de renaissance : une odeur de printemps. Ses iris restèrent fixés sur Nachtgewalt, mais ils étaient voilés, sans s'illuminer du moindre éclat, durant plusieurs interminables secondes : jusqu'à ce que le corbeau ait terminé de dévorer le fruit et se débarrasse de sa carcasse pour enfin le rejoindre. Fermement campé sur ses pattes, Viehrs ne recommença à marcher qu'une fois le loup noir arrivé parfaitement à sa hauteur; de sorte que, tel la lune occultant la lumière du soleil lors d'une éclipse, la pâleur de son pelage disparu, happé derrière la noirceur de Nachtgewalt. Ce dernier, s'étant visiblement remit du choc causé par sa réponse, avait plus tôt conclut avec malice :


« Entendu, Gauner ! Un marché est un marché. »

Les canines de l'hermaphrodite apparurent derrière son long sourire, jubilant intérieurement de satisfaction. Si le mâle noir, ne s'étant pas attendu à ce que le mystérieux albinos accepte sa proposition, avait été d'abord figé par la stupéfaction; cela était pour le plus grand plaisir dudit albinos. Déstabiliser ainsi Nachtgewalt s'avérait être une source de grand amusement, ainsi que de grand réconfort pour Viehrs. Quelque part, le voir ainsi prit au dépourvu entachait l'apparence parfaitement inatteignable, même sous la douleur de ses plaies, du bourreau à la démarche lourde. D'autre part, un regain de confiance certain lui était insufflé par la réaction du corbeau. Alors que tout glissait entre ses griffes ainsi que du sable fin, un grain unique demeurait prisonnier de ses pattes avides de contrôle.

Doucement, veillant à chacun de ses pas comme pour ne pas venir " accidentellement" emmêler ses pattes dans celles du corbeau marchant à ses côtés, Viehrs attendait que Nachtgewalt lui livre ses secrets. Le silence de ses coussinets délicats dans le sable et ses yeux luisants étaient ceux d'un prédateur tapit dans l'ombre, prêt à attraper entre ses crocs toute information qui aurait pu lui servir. Nonobstant la menace vicieuse de son calme, l'érudit ne cherchait pas à presser le mâle noir. Sûrement était-ce dur pour lui de rassembler et d'ordonner ses propos. D'autant qu'il n'était pas sans ignorer à quel point Nachtgewalt demeurait aussi peu enclin que lui à se dévoiler. Viehrs gloussa. Tels deux prisonniers tirant sur leurs chaînes, ils s'étaient liés par ce marché futile à remplir une promesse que ni l'un ni l'autre ne voulait tenir, bien que tous deux désirent obtenir sa part du marché de l'autre. Y avait-il déjà eu plus explicite preuve de leur égoïsme ? Nachtgewalt, sans se décontenancer un seul instant, entama avec la fierté d'un acteur au milieu d'une scène :


« Pour répondre à ta question précédente...Je suis maudit. C'est une des contraintes de mon merveilleux pouvoir : si je trahis une des règles que la Lune m'impose, j'en suis punis par une malédiction. Et je les ai trahi deux fois. »


Maudit ? Viehrs parcourut doucement et sans défi le corps du corbeau du regard. Oui, maudit, il pouvait difficilement en être autrement. L'albinos hocha longuement la tête, plus attentif que jamais, et n'osant même glousser pour interrompre la parole divine de Nachtgewalt. Aucun jugement ne se faisait quant aux actes du corbeau. D'une part car le respect des règles n'était pas dans la nature de l'érudit; et d'autre part, car il se fichait éperdument de l'usage abusif dont avait bien pu faire le corbeau de son pouvoir. Il commençait à assembler cette information capitale au reste des informations qu'il avait pu tirer de leurs nombreuses conversations houleuses. Dans le palais de sa mémoire, les pièces éparpillées du puzzle se rapprochaient seules et sans avoir besoin d'être sollicitées. En dépit de ce qu'il commençait à comprendre, Viehrs laissa le corbeau continuer de parler. Ce dernier acheva, ses yeux laiteux rivés sur l'océan d'étoiles décorant le ciel obscur :

« Ma disgracieuse apparence et ma faiblesse diurne en sont des conséquences ! Mais je ne regrette rien : le remord n'est pas dans ma nature. Et puis, tant que je peux achever ma vengeance, alors mes actions n'ont pas été vaines. »

Ces dernières paroles firent ricaner doucement Viehrs, qui ne pouvait qu'approuver à quel point la nature du corbeau ne connaissait pas de remord ou de regrets. C'était cette nature là qui se reflétait dans la sienne comme dans un miroir. De nombreuses questions chatouillaient sa langue, mais il les ravala. Le mystère devait tout de même demeurer. Cela étant convenu, l'hermaphrodite pouvait se taire et demeurer en paix. Ou du moins, il demeura en paix jusqu'à ce que Nachtgewalt, réclamant son dû, s'enquit à son tour :

« Mais dis moi à ton tour, Gauner...D'où viens-tu ? Je sais que Asha et toi êtes relatifs...Wie interessant. »


Sans qu'il put rien en masquer ni rien contrôler de ses émotions, le visage de Viehrs se décomposa brutalement. Son sourire tomba en un rictus mauvais, ses oreilles se couchèrent sur son crâne au point de disparaître dans sa chevelure et ses yeux étaient exorbités par la stupeur. Le corbeau aurait pu saisir son coeur chaud entre ses serres, que la sensation aurait été parfaitement identique. De toutes les questions curieuses qu'il aurait pu poser, il avait évidemment fallu que le vicieux corbeau ne choisisse la pire de toutes. Viehrs, ne pouvant ravaler la douleur qui s'était manifestée aux yeux de tous au point de déformer les traits de son joli minois, choisit de détourner lentement le regard pour retrouver un peu de contenance. L'hermaphrodite, fabulant, avait l'impression que dans son dos, une paire d'yeux verts émeraudes le fixaient et surveillait ses dires. Viehrs détestait évoquer ses origines, cela était évident, rien qu'y penser serrait son estomac d'une insoutenable rancoeur. Cependant, il ne pouvait se défiler, désormais; sa simple stupéfaction en avait déjà trop dévoilé sur ses sentiments. S'apprêtant à répondre, l'hermaphrodite se rendit compte qu'il retenait son souffle depuis trop longtemps déjà, et dut reprendre sa tirade avant même de l'avoir commencé. Inopinément, une prière revint à sa mémoire. Enfin, il n'avait pas tant l'impression de s'en souvenir, que celle d'entendre la voix de sa soeur et reine murmurer, comme une étrange comptine pour enfants : « Craint le sang ancien, par lequel chacun renaquît et par lequel chacun renaîtra. Mais ne craint que lui, car il est le seul à faire et le seul à défaire ainsi qu'il l'entend. » De telles pensées pieuses, si elles ne le calmèrent en rien, ravivant le passé comme un feu de forêt, parvinrent à le faire glousser et retrouver son attitude habituelle.

Viehrs parvint à sourire, avant d'enfin s'exprimer, sa voix encore plus basse qu'à l'accoutumée :


« Je ne saurais m'exprimer pour Asha, ma famille demeure immense et, jusqu'à peu, j'ignorait même qu'elle en venait. Elle n'est qu'une cousine parmi d'autres, simplement la seule à se trouver en ce monde en même temps que moi.»
Regardant à son tour le ciel étoilé, il continua. « Je ne viens pas de ce monde. J'appartiens aux héritiers de la famille royale d'un immense clan. »
Cela le fit éclater d'un rire cristallin. « Un prince de la couronne, oui ! Mais le neuvième, malheureusement. »


Son expression se crispa à nouveau, mais il parvint tout de même à continuer sur sa lancée. Il marchait sans jeter un seul regard à Nachtgewalt.

« Mon monde n'a rien à voir avec celui-ci et nos terres ne ressemblent en rien à celles que j'ai pu fouler ici.  Elles sont larges, interminables même et bordées d'édifices anciens abritant désormais les loups. Elles imposent leur puissance à toutes leurs voisines et ne connaissent ni envahisseurs, ni rivaux de taille. »
Il se surprit lui-même à en faire un portrait si beau, et se reprit avec plus de mépris. « Ne te laisse pas avoir par leur beauté. Les terres d'où je viens abritent un clan servant des divinités ésotériques qui, leur prêtant allégeance, ont corrompu leur sang jusque dans leurs entrailles.  »
Il haussa un peu le ton, mimant un air surprit, tournant vers Nachtgewalt son regard à la sclérotique plus noire que la mort. « En ce sens, peut-être ai-je été maudit à mon tour !»


Viehrs réalisa qu'il avait bien trop parlé, ne parvenant plus à s'arrêter une fois commencé. Pourtant, il avait révélé ses origines tout en taisant son véritable nom, en taisant la raison de sa venue en ce monde et en taisant la raison véritable de sa rancoeur envers cette famille. Il n'avait fait qu'écorcher l'épiderme de tous ses secrets; et cela le rassurait. Ayant fini de parler de lui, ses muscles pouvaient enfin se détendre et il s'étira discrètement, engourdi par la haine. Viehrs souhaitant mettre fin à ce reflux de souvenir le plus rapidement possible, il dépassa à nouveau Nachtgewalt, effleurant au passage son menton puis sa joue du bout de sa longue queue blanche.

« Je m'égare. N'avions nous pas dit une seule question, après tout ? »
Quelque chose dans son regard sommait le corbeau de ne pas se permettre de fouiller plus que cela dans ses secrets. Il fouetta l'air de sa queue avec agacement, n'arrêtant pas sa marche. « Et puis, cela n'a aucun intérêt quant à notre situation. Nous n'avons guère le loisir de nous perdre en de telles discussions. »



Et l'albinos continua fièrement son avancée, bien que ses épaules furent désormais crispées par les souvenirs, heurtant la grâce de sa démarche.


Code Pimpé by Kannubis
Revenir en haut Aller en bas
Nachtgewalt
Administratrice
Nachtgewalt
Race : Loup/louve
Féminin
Messages : 293
Date d'inscription : 25/05/2016
Âge : 20
Ta localisation réelle : Dans la forêt !

Identité du loup/chien
Rang:
Notoriété:
Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Left_bar_bleue-3/1000Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Empty_bar_bleue  (-3/1000)
En couple ?: Très bonne blague. J'adore l'humour.
Lun 20 Aoû 2018 - 21:02


Mais la Lune se levera toujours pour moi. [ft. Viehrs]


Viehrs ne sembla guère apprécier la question que Nachtgewalt lui fournit, et au contraire, il sembla se crisper, perdant toute l'assurance que la réponse du noiraud lui avait donné. S'il avait apprécié en entendre davantage sur le passé de Nacht, il ne semblait pas vouloir partager le sien, et cela renforça la curiosité malsaine du damné noir, qui ne put retenir un sourire amusé. Viehrs finit par détourner les yeux pour dissimuler ses émotions, mais il était trop tard et le noiraud avait lu en lui comme dans un livre ouvert. Ses mots avaient visé juste, comme d'habitude, et chaque seconde où l'albinos retenait ses réponses, la soif d'informations de Nacht devenait plus forte, étouffante même.

Lorsqu'enfin Viehrs reprit la parole, ce fut d'une voix maitrisée, mais dénuée du fiel qui d'ordinaire l'entachait. Ses yeux sanglants baignaient dans la lueur caractéristique des souvenirs.

- Je ne saurais m'exprimer pour Asha, ma famille demeure immense et, jusqu'à peu, j'ignorait même qu'elle en venait. Elle n'est qu'une cousine parmi d'autres, simplement la seule à se trouver en ce monde en même temps que moi.  Je ne viens pas de ce monde. J'appartiens aux héritiers de la famille royale d'un immense clan. Un prince de la couronne, oui ! Mais le neuvième, malheureusement.

Son rire retentit dans l'obscurité, clair comme le son d'une clochette, mais amer comme le raclement du sable repoussé par la vague. Il se mêla à la mélodie de la mer, vite écarté par le vent.

Nacht ne s'en émouvait pas - à supposer qu'il puisse encore s'émouvoir de quoique ce soit. Il fixait l'albinos, son sourire s'étant légèrement mué en une expression pensive. Il taisait ses songes, mais il était clair qu'il ne manquait pas un mot des paroles de son compagnon de fortune. Cependant, si ce dernier avait cherché du réconfort, il ne l'aurait pas trouvé dans les éclats de miroir qui servaient d'yeux à Nachtgewalt : ces derniers étaient aussi froids et dénués d'empathie qu'à l'ordinaire. Ce n'était qu'un récit parmi tant d'autres, pour lui. De toute manière, il doutait que l'albinos attendait de lui une quelconque forme de compassion ou de pitié. Peut-être même avait-il honte de son passé ? Cela expliquerait pourquoi il refusait de regarder le noiraud. Cette pensée raviva son sourire.

-Mon monde n'a rien à voir avec celui-ci et nos terres ne ressemblent en rien à celles que j'ai pu fouler ici, continua finalement Viehrs après avoir marqué un temps.  Elles sont larges, interminables même et bordées d'édifices anciens abritant désormais les loups. Elles imposent leur puissance à toutes leurs voisines et ne connaissent ni envahisseurs, ni rivaux de taille.  Ne te laisse pas avoir par leur beauté. Les terres d'où je viens abritent un clan servant des divinités ésotériques qui, leur prêtant allégeance, ont corrompu leur sang jusque dans leurs entrailles.

Le mépris dans les paroles de l'albinos ne surprit guère Nachtgewalt. En réalité, ce dernier n'avait cessé de sourire, mais un sourire qui ne semblait pas adressé à Viehrs. Il y avait quelque chose de familier, dans les paroles de l'ancien printanier, qui ravivait quelques souvenirs chez le damné noir. Ce dernier, avec ironie, songeait qu'il avait bien trouvé son "partenaire", et ce dernier semblait partager cette pensée, car il ajouta d'un ton plus affirmé :

-En ce sens, peut-être ai-je été maudit à mon tour !

Nachtgewalt gloussa, et glissa d'un ton si bas que seul le vent sembla l'entendre :

-Oh crois-moi Gauner...Tu ignores ce qu'est une véritable malédiction.

Il y eut un instant de silence, pendant lequel Viehrs sembla se détendre au rythme des vagues léchant la côte, et du fil de la pensée de Nacht, qui fixait l'océan d'un air pensif. Son amertume et agressivité précédente semblait avoir été évacuée au fil des paroles de l'ancien printanier, comme si évoquer ces souvenirs le plongeait dans un monde de songes où ses échecs récents perdaient leur sens. Mais la voix de Viehrs le ramena bien vite à la réalité, et Nacht le vit le dépasser, le frolant presque tendrement au passage.

-Je m'égare. N'avions nous pas dit une seule question, après tout ? asséna-t-il d'un ton qui laissait deviner qu'il souhaitait le sujet clos. Et puis, cela n'a aucun intérêt quant à notre situation. Nous n'avons guère le loisir de nous perdre en de telles discussions.

Nachtgewalt gloussa à nouveau.

-Tu as tort, mein Freund ! s'amusa-t-il de sa voix stridente. C'est en période de guerre que les souvenirs prennent tout leur sens. C'est à cause du passé que nait la violence, et s'en rappeler nous permet de mieux la conjurer...Ou de mieux l'éveiller, dans notre cas.

Il marqua un temps, et son expression devint plus grave, lugubre même. Le museau fort laid de Nacht et ses yeux lunaires se tordirent en une moue qui n'avait soudain presque rien de lupin, mais qui pourtant, ne semblait pas agressive. Le noiraud ignorait pourquoi, mais soudainement, il eut besoin de le dire, comme si le passé de Viehrs faisait trop écho au sien pour qu'il se taise, ou comme s'il sentait qu'il avait raté un tournant de sa vie, et qu'il essayait de mieux s'en rapprocher.

-Au moins as-tu la chance de te rappeler de la beauté d'où tu viens, Viehrs. (Il était rare qu'il l'appelle par son prénom) Là d'où je viens, je ne me rappelle que de la nuit, de son obscurité aveuglante, étouffante. Comme si je n'avais découvert la Lune que lorsque j'ai rencon-...

Sa voix s'étrangla dans sa gorge, comme si Nachtgewalt se rendait compte qu'il en disait trop, et que son corps lui-même lui urgeait de se taire. Il jura intérieurement, s'étonnant de sa faiblesse, et fixa l'horizon, pris d'un élan de compréhension : une lueur pointait, au bout de l'horizon, encore fragile, mais témoignant d'une aube approchant. Nacht sentit que ses pouvoirs s'affaiblissaient, et il mit son instant de faiblesse sur ce compte. Son visage se crispa brièvement en une expression furieuse, laissant voir ses crocs bien trop nombreux pour sa gueule.

-Hâtons nous, ordonna-t-il d'une voix qui n'était pas aussi mielleuse qu'à l'ordinaire.

Alors qu'il reprenait la marche, accélérant le pas, il attrapa brusquement la gorge de Viehrs, saisi d'un instinct meurtrier que sa colère et sa faiblesse naissante exacerbait :

-Oublie mes dernières paroles. C'est un conseil, susurra-t-il en retrouvant un sourire pernicieux.

Nacht le lâcha et reprit son chemin. Il apercevait au loin un grand squelette de bateau qui lui semblait fort intéressant...




Code ©️ FieryAmaryllis
Revenir en haut Aller en bas
Viehrs
Modo Justicière Nocturne
Viehrs
Race : Loup/louve
PUF * : Carnival, Cicou0, un.kanny, Kanu
Masculin
Messages : 199
Date d'inscription : 11/07/2017
Âge : 19
Ta localisation réelle : Dans le Saladier Saint. ( ͡° ͜ʖ ͡°)

Identité du loup/chien
Rang: Reclus
Notoriété:
Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Left_bar_bleue25/1000Le soleil ne se couchera pas toujours pour toi || ft. Nachtgewalt Empty_bar_bleue  (25/1000)
En couple ?: Libertin.♥
Ven 31 Aoû 2018 - 18:25

Viehrs ft. Nachtgewalt

AND THE NIGHT WILL NOT ALWAYS WAIT FOR YOUR CALL

AND THE NIGHT WILL NOT ALWAYS WAIT FOR YOUR CALL


L'amusement de Nachtgewalt attira son regard sans qu'il ne ralentisse, ce dernier, prêchant une autre philosophie, rétorqua :

«Tu as tort, mein Freund ! C'est en période de guerre que les souvenirs prennent tout leur sens. C'est à cause du passé que nait la violence, et s'en rappeler nous permet de mieux la conjurer...Ou de mieux l'éveiller, dans notre cas. »


Il n'y avait eu ni émoi, ni compassion dans le regard de l'ancien Librelune, pas une once de pitié - que d'ailleurs, aucun des deux compères ne possédait - ne s'était faite sentir. L'albinos n'en attendait pas moins du corbeau, cela était sûr. Pourtant, une vague de soulagement parcourut tout son corps, soulevant comme la marée montante, les souvenirs qui s'étaient ancrés sur ses frêles épaules blanches. Il lui sembla qu'en même temps que la vague se retirait, elle emmena avec elle les affres de sa mémoire pour les enfouir là où nul ne pourrait les voir.  Il avait voulu forcer ses souvenirs à partir mais c'est d'eux-même que ceux-ci s'en allaient, laissant son esprit n'être dirigé que par l'instant présent. Et cela était mieux ainsi. Le pragmatique exilé du printemps ne pouvait se permettre d'avoir ni remords, ni regrets.
Il continuait d'avancer interminablement sur le sable, sans que ses griffes ne labourent plus nerveusement le sol. Par sérénité, peut-être; ou par résignation. L'hermaphrodite n'était pas du genre à laisser mourir un si bon débat et il s'apprêtait à faire connaître sa pensée, mais il se trouva retenu dans son élan par l'air étrange qu'avait prit le visage de Nachtgewalt. Il sembla tout à coup que ce qu'il avait à dire n'avait rien d'aussi fascinant que l'expression sépulcrale qui tordait ses traits en une apparence qui ne tenait pas plus de l'aviaire que du canin. Viehrs ne s'en trouva pas surpris, car il semblait à l'érudit qu'il n'avait connu d'être plus hanté par son passé que Nachtgewalt. Il ne portait de jugement sur cela, car s'il était avide de secret, les sentiments lui importaient peu. Seulement, ce visage là témoignait d'une perte de contrôle toute particulière et d'autant plus fascinante. L'albinos se trouva presque mal à l'aise, tandis qu'il attendait tel un charognard, que le corbeau lâche le morceau.

« Au moins as-tu la chance de te rappeler de la beauté d'où tu viens, Viehrs. Là d'où je viens, je ne me rappelle que de la nuit, de son obscurité aveuglante, étouffante. Comme si je n'avais découvert la Lune que lorsque j'ai rencon-... »

Nachtgewalt avait déjà capté toute son attention en lui faisant le cadeau, que dis-je, l'honneur, de l'appeler par son prénom, chose toute particulière pour Viehrs. Le sourire qui se faufilait sur ses babines s'élargit triomphalement lorsque la voix du corbeau mourut dans un râle, comme censurée. Il aurait pu se voir déçu que Nachtgewalt n'aille pas au bout de sa pensée, mais il n'en fut rien. Qu'est-ce qui, dans le récit de son passé, avait bien pu faire écho à celui du corbeau au point que celui-ci, oubliant son interlocuteur, ne se laisse aller à pareille faiblesse ? Le traître printanier ne pouvait obtenir tous les secrets du corbeau sur un plateau doré mais qu'importe ! Il s'en contenterait d'un en argent. Le loquace albinos resta muré dans son silence, mais ne put se défaire de son large sourire qui trahissait probablement sa pensée. Viehrs sentait la lumière qui commençait à illuminer la plage et ne fut guère surprit d'entendre le corbeau aboyer avec fermeté, probablement plus en colère envers lui-même qu'envers l'hermaphrodite :

« Hâtons nous. »

Il inclina la tête sur le côté et s'exclama sournoisement, ne maquillant rien de la moquerie dans sa voix :

« Pourquoi donc ? Tu étais, je crois, sur le point de me conter un moment crucial de ton existence. »

Viehrs éclata d'un rire cristallin qu'il n'eut pas le temps de faire monter très haut dans les aigus, qu'il sentit une force serrer sa gorge et écraser ses cordes vocales, coupant net son souffle mais pas son amusement. Ca n'était pas la première fois qu'il sentait la force du corbeau menacer son intégrité et, par une sorte d'accoutumance malsaine au danger, son corps se crispa naturellement mais aucune terreur ne vint glacer ses veines. Il ne ressentait pas de la peur, mais une sorte de fascination morbide pour la puissance du corbeau, même s'il sentait celle-ci plus fébrile et plus instable ainsi que le jour se levait. Il ne subissait que ce qu'il avait provoqué et s'il baissait ses oreilles et retroussait ses babines, ce n'était que parce qu'il savait ce vicieux mâle capable d'ajouter ses cicatrices à son corps simplement parce qu'un caprice de sa colère lui en avait dicté l'envie. Et Viehrs sentait que s'il voyait encore une seule fois son sang couler, il allait véritablement faire un malaise. Il ne se débattit pas dans la prise du corbeau et se contenta de le toiser calmement, l'insolence illuminant toujours ses prunelles carmines.

« Oublie mes dernières paroles. C'est un conseil. » Le menaça Nachtgewalt, sous couvert d'un doux murmure.

Viehrs baissa lentement sa tête vers lui, prenant garde à ne pas enfoncer la prise du mâle sur sa gorge, et il rendit au corbeau son sourire pernicieux, plissant tout son visage en une expression explicite de mépris, de provocation, de fourberie. Il poussa un gloussement sourd, aussi étouffé que ses cordes vocales, et murmura, ne pouvant élever la voix.

« Ma foi, tes conseils ne m'ont jamais paru très avisés, mon cher Nacht. » Il souffla, la pression sur son cou le faisant respirer péniblement. « Je tâcherai de m'en souvenir. »

Viehrs toussa discrètement lorsque ses poumons purent de nouveau s'emplir d'air correctement. Regardant le corbeau s'éloigner, l'ancien printanier hésita un instant, ravala un grognement et secoua la tête avant de suivre de nouveau le chef des NuitsTernes.  Il ne faudrait pas encore très longtemps avant que le soleil n'accompagne leur marche. Tournant ses yeux vers le ciel devenu plus rose que bleu, Viehrs se demanda depuis combien de temps marchaient-ils ainsi sans se permettre de ressentir la fatigue. Il se demanda si c'était à cela qu'il s'était condamné. A son tour, il aperçut la silhouette d'une épave qui se dessinait dans le paysage de la plage. Une immense carcasse de bois et de métal que le temps avait affectée si bien qu'elle se fondait presque dans le paysage. Plus les deux loups s'en approchaient, et plus les effluves d'algues et d'iode s'intensifiaient, mêlées à un parfum nouveau de rouille et d'huile répandue depuis des décennies. De nombreuses mouettes y avaient élu domicile, dévisageant incrédules les deux intrus sur leur territoire. Au fur et à mesure qu'ils s'approchaient, le visage de Viehrs se fermait. Etait-ce là la voie qu'il avait choisie ? S'était-il trompé quelque part dans ses plans ? Il lui semblait parfois que ses propres machinations étaient impénétrables. Une partie de son assurance était mise à genoux, lorsqu'ils furent enfin au pied de l'épave. De temps à autre, devant le corbeau, le traître laissait tomber son masque d'hypocrisie et ses grands sourires charmeurs pour dévoiler cette froideur aigrie que nul ne lui connaissait. Face à Nachtgewalt, son masque s'ébranlait, peut-être parce que le corbeau était différent des autres, ou peut-être, au contraire, parce qu'il lui accordait encore moins d'importance qu'aux autres. Qui pouvait vraiment le savoir ? Fronçant sa délicate petite truffe rose, l'aristocrate railla, toisant le maudit :

« Ciel ! Quelle chance avons-nous là ! Un abri, alors que le jour se lève justement ! » Il gloussa avec sarcasme.« Serait-ce la Lune qui aurait exaucé ton souhait, mon cher Nacht ?»

Viehrs observa de nouveau le bateau échoué, dévoilant clairement sa répugnance à l'égard de leur abri de fortune. Cependant, peu importe son ignorance, ses muscles étaient engourdis et ses plaies avaient besoin d'attention et de repos afin de ne pas rouvrir les chairs. La diva pesta capricieusement entre ses crocs avant de prendre une grande inspiration, mettant ses réticences en sourdine. Le loup albâtre posa une patte sur les planches du bateau, jaugeant leur solidité. Doucement les ayant jugées assez solide, il se hissa sur amas de planche et de barres de métal rouillés et s'exclama, autant pour lui-même que pour son public.

« Puisque nous nous perdons en confessions ce soir, laisse moi encore t'avouer une petite chose, mon cher Nacht. » Il marqua une pause, balayant une algue de son chemin avec un air de dégoût sur son joli visage. « J'aime avoir toutes les cartes entre mes pattes, cela m'est très cher.» Il plongea son regard dans celui du corbeau et acheva, son rictus habituel tordant ses lèvres de plus belle. « Et c'est ce qui m'attire la haine et l'envie de chacun, vois-tu ? Je finis toujours par toutes les avoir. » Et il répéta, son sourire se parant d'une innocence feinte.« Toutes. »


Code Pimpé by Kannubis
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Sauter vers: