Four seasons
Tu as posé les pattes sur Four Seasons !

Tu te retrouves dans un monde étrange, peuplé d'animaux désignés comme dangereux... Des loups !
Mais ne t'inquiètes pas :petitcoeuur: ils sont civilisés et ne te mordront pas au moindre mouvement ! (encore que...)
Viens incarner TON loup ou TON chien et fais le vivre à travers des aventures nommées RP !



Votre devoir sera de rétablir la paix des saisons, mais il y a toujours des trouble-fêtes...

 

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Aftermath ¤ [RP solo] ¤ [TERMINÉ]
Laïka
Laï-metall
Laïka
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Ta localisation réelle : Le royaume de la poutine

Identité du loup/chien
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En couple ?: Nope
Ven 6 Avr 2018 - 22:56

Noir. Tout était noir. Il n'y avait aucun bruit, aucune sensation. C'était comme si elle dormait, mais elle pouvait penser - elle voulait bouger, mais ses muscles ne lui répondaient pas. Il ne faisait ni chaud, ni froid. Elle n'avait aucun contrôle sur son corps, sur ses mouvements, sur ce qu'elle entendait, sentait, goûtait. Tout était pareil - rien. C'était comme si elle était prise dans un état de transe, entre rêve et réalité, piégée entre sa conscience et le monde réel. Finalement, ses paupières acceptèrent de s'ouvrir - pour ne voir qu'un monde de noirceur, dénué de lumière et de couleur. Ses yeux se refermèrent presque instantanément, trop fatigués pour maintenir leur position ouverte plus longtemps.

Lorsqu'ils se rouvrirent, le paysage avait changé. Là où auparavant se trouvait une noirceur infinie, se trouvait désormais de grands troncs, de grandes racines qui s'élançaient jusqu'au ciel. Sa tête était appuyée par terre et son corps était étendu au sol, couché de côté. Une branche appuyait durement sur son flanc et ses pattes piquaient, comme si elles avaient été blessées. Ses épaules et son ventre aussi avaient un sentiment étrange - comme - des griffures ? Mais elle n'arrivait pas à se concentrer. Son esprit n'était pas là - toutes ces sensations d'un coup étaient beaucoup à digérer pour quelqu'un qui était absent jusqu'ici. Qu'est-ce qui s'était passé ? Son cerveau ne semblait pas vouloir lui répondre. Le monde commençait à devenir flou. Elle était fatiguée - tellement fatiguée. Ses yeux se refermèrent encore une fois et elle se laissa glisser dans l'inconscience...

Mais n'y arriva jamais. Elle rouvrit ses yeux, laissant lentement la lumière pénétrer ses iris. Et tout lui revint.

Le combat. Les cris. La douleur, la brûlure à ses pattes, le feu, Abglanz. L'antre des LibresLunes. Damoclès. Elle se souvenait de tout ce qui s'était produit. Quand elle attendait le combat, assise près de Damoclès, voyant ses ennemis arriver à l'horizon. Sa lutte désespérée contre le NuitTerne au masque orange, son échec à le battre. Comment elle s'était enfuie pour aller aider Damoclès lorsque le Corbeau avait détruit leur grotte pour attaquer avec. Comment elle avait trouvé sa partenaire, blessée mais qui avait encore l'air consciente, tout simplement pour qu'elle perde connaissance juste quand elle allait continuer à se battre - et après, le sol qui se séparait, qui formait un fossé entre les deux louves et tout le monde. Elle l'avait attrapée par le col, l'avait tirée au loin - mais après ça ? Après ça, elle ne s'en souvenait plus. Elles avaient été séparées, mais comment ? Est-ce qu'elle avait essayé de retourner sur le champ de combat et qu'elle avait été emmenée ailleurs ? Dans tous les cas, elle était désormais en plein milieu de la forêt de brume, seule et blessée.

Forçant les muscles de son corps à réagir, Laïka se leva, encore lasse et fatiguée. Ses épaules lui faisaient mal - grâce d'Abglanz, ses pattes brûlées refusaient presque de répondre à ses appels, mais elle se força. Enfin, elle put examiner ses alentours, un air béat au visage.

La forêt semblait normale. Étrangement normale. Les arbres étaient là, debout, empêchant la neige d'atteindre le sol en grande quantité dans toute leur splendeur. La brume, moins épaisse que lors de ses visites précédentes, cachait un peu ses alentours sans l'étouffer pour autant. C'était comme si les affrontements qu'elle venait de vivre ne s'étaient jamais produits, comme si Nachtgewalt et ses subordonnés n'avaient jamais annihilé l'antre des LibresLunes, comme si le sang de l'hiver, de l'automne et du printemps n'avait jamais été versé ici. Comme si les LibresLunes n'avaient jamais rien perdu. Bouche bée, elle se força à avancer, ses pas hésitants presque silencieux. Même si elle se souvenait de tout, l'apprentie avait du mal à comprendre réellement la situation. Qu'est-ce qui était arrivé ? Qu'est-ce qui adviendrait de la Guilde, maintenant que leur union fragile avait été brisé et que leur secret avait été révélé au grand jour ?

Les oreilles de la louve se baissèrent. Elle n'était pas nécessairement pessimiste, mais elle devait s'avouer une chose. Elle n'avait concrètement rien fait. Elle était incapable de lutter contre Abglanz, elle ne lui avait pas retiré son masque, elle n'avait même pas frappé le tyran, instigateur de ce plan. Elle avait tout simplement échoué, et maintenant les LibresLunes n'étaient plus. Leur organisation était peut-être encore là, mais ils étaient déjà fragiles avant que tout cela ne se produise ; peut-être qu'ils n'arriveraient jamais à se relever de cet obstacle. Peut-être que c'était la fin ? Peut-être qu'ils n'arriveraient pas à se regrouper après, qu'elle ne deviendrait jamais une LibreLune même s'ils avaient battu Nachtgewalt. Ils avaient gagné, mais perdu à la fois. Ils avaient vaincu le corbeau, mais il les avait déracinés ; ils étaient au bord de la mort. Les LibresLunes étaient faibles, plus que jamais ils ne l'avaient été et plus que jamais ils ne le seraient.

Les pattes de Laïka la portèrent à quelques mètres de son emplacement initial avant qu'elle ne réalise vraiment qu'elle était perdue en plein milieu de la forêt hivernale, là où elle avait vu le groupe terroriste pour la première fois, là où elle avait rencontré Damoclès et là où elle s'était battue aux côtés des clans et des membres de sa Guilde pour faire justice aux traîtres. Là où elle avait formé un des plus beaux liens qu'elle ait jamais eus, là où elle s'était entraînée avec Kuma, là où elle avait passé beaucoup de temps à la recherche des NuitsTernes. Là où elle avait lutté pour sa vie et obtenu ses premières blessures. Baissant de la tête, elle examina ses pattes d'un regard incertain. Elle comprenaient plusieurs brûlures, certaines encore plus apparentes et sérieuses que d'autres, et elle était certaine qu'elle avait encore des traces de griffes sur l'épaule.

Elle espérait que sa Guilde s'en sorte. Elle s'inquiétait pour Damoclès et Kuma. Qu'est-ce qui s'était passé avec eux ? Elle les avait perdue de vue. Elle ne savait pas où ils étaient. Elle avait peur. Elle était seule. Son regard s'assombrit. Elle était seule. Plus personne n'était avec elle. Même pas une trace de sang par terre. La louve commença à trembler. Elle en avait marre. Ses sentiments débordaient, elle n'était plus en contrôle. Un premier sanglot s'échappa de sa gorge, accompagné bien vite d'une larme. Ses muscles la lâchèrent et elle se retrouva en position assise, levant sa patte avant gauche pour essayer d'essuyer ses propres larmes, sans succès.

Elle n'en pouvait plus. Toute cette histoire lui avait demandé une force psychologique inouïe et elle se trouvait incapable de résister plus longtemps à ses émotions. Elle n'était plus qu'une enfant, aux prises à ses émotions qui ressortaient après une épreuve trop difficile pour une gamine de son âge - une personne qui n'explorait réellement le monde que depuis qu'elle avait été recueillie par cette Guilde qui était aux bords de la destruction. Elle en avait marre - c'était assez. Seule dans la forêt, accompagnée du vent et de la brume, Laïka se laissa pleurer, essuyant son visage d'un temps à l'autre pour masquer sa tristesse aux yeux juges du monde. Maintenant que tout était fini, elle avait tout le temps du monde à perdre ; plus rien ni personne ne pourrait l'empêcher d'extérioriser ses émotions, de se laisser aller, car elle était seule et n'avait plus personne à décevoir, surtout pas après une défaite aussi cuisante.

Laïka avait un grand ego. Elle n'aimait pas la défaite, elle ne l'acceptait pas point. Alors, se retrouver dans une situation où, si elle ne s'était pas laissée emporter elle aurait pu protéger ceux à qui elle tenait mieux que ce qu'elle a fait lui fit regretter. Elle n'aurait jamais dû se laisser emporter et se battre contre Abglanz - même si Damoclès avait fait de même en allant confronter Gauner, une d'entre elle avait fini beaucoup plus estropiée que l'autre, et ce que ressentait Laïka pouvait facilement être comparé à la culpabilité du survivant - vouloir avoir pris les coups à la place d'un autre. Ses larmes motivées par son épuisement, sa culpabilité et sa peur s'écoulèrent une après l'autre, ne semblant pas assécher ses mauvais sentiments peu importe à quel point elle pleurait. Elle aurait pu rester là des heures, des jours même. Ses tourments, ses regrets, rien ne semblait vouloir partir. Elle voulait courir, partir à la recherche des deux loups à qui elle tenait et qu'elle avait perdus - mais elle ne pouvait pas, n'y arrivait pas. Ses muscles refusaient de bouger peu importe à quel point elle essayait de les forcer, elle n'arrivait pas à se déplacer. Elle était à bout, incapable de faire ce qu'elle désirait faire le plus en ce moment. À la place, elle glissa, se traîna par terre de quelques mètres, ses griffes se plantant dans la terre et grattant le sol pour la tirer vers l'avant.

Mais c'était trop. Elle n'était pas capable. Ses yeux avaient du mal à rester ouvert. Une vague de fatigue l'envahit - bien vite, elle arrêta de bouger, son visage encore taché de larmes et son corps abîmé. Ses forces la quittaient complètement, son esprit n'était plus ancré sur terre. Ses pensées finirent par soudainement se taire. Et elle retomba dans cette abysse dont elle venait de sortir - celle du sommeil.

Elle ne se rétablirait certainement pas vite, du moins pas mentalement ; mais quand son corps serait soigné, la première chose qu'elle ferait serait partir à la recherche de Kuma et Damoclès. Maintenant qu'elle s'était permis un moment de faiblesse, elle ne se réveillerait que plus déterminée à retrouver ceux qu'elle aimait ; Une fois cela fait, elle donnerait son tout pour redonner vie à la Guilde qu'elle aimait tant. C'était son premier pas dans la guérison ; son premier objectif.
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