Four seasons
Tu as posé les pattes sur Four Seasons !

Tu te retrouves dans un monde étrange, peuplé d'animaux désignés comme dangereux... Des loups !
Mais ne t'inquiètes pas : ils sont civilisés et ne te mordront pas au moindre mouvement ! (encore que...)
Viens incarner TON loup ou TON chien et fais le vivre à travers des aventures nommées RP !



Votre devoir sera de rétablir la paix des saisons, mais il y a toujours des trouble-fêtes...

 

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 Partageons les fantômes du passé... Pv: l'Aveugle

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Lukhe
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MessageSujet: Partageons les fantômes du passé... Pv: l'Aveugle   Sam 19 Aoû 2017 - 12:31

Ce lac abritera nos confessions...


Ses pas foulaient le sol de manière régulière. Il ne savait pas où il se rendait. Pourtant, il avait de nombreuses fois arpenté les Terres Neutres, malgré le fait qu'il aurait dû savoir se contenter du Printemps. Au fond, quel loup n'avait pas, sur Four Seasons, mis les pattes partout où il le pouvait? Lukhe était persuadé qu'aucun n'était resté scellé à son territoire bien longtemps. Il aurait pu se diriger vers les plaines, déjà visitées, se laisser aller à papillonner vers les falaises qu'il voyait au loin, mais il avait fini par en décider autrement. Alors il marchait, sans but, sans frontières, du pas assuré de celui qui sait qu'il trouvera bien quelque chose au bout de son chemin. Quoi? Cela, il ne le savait pas encore.

Les catastrophes estivales continuaient. Le Printemps lui même connaissait des changements. Seira était désormais l'Alpha. Soit, Lukhe ne le voyait pas d'un mauvais œil. Il n'était pas natif, pas même très engagé dans la politique des Clans en eux mêmes. Ce qu'il avait vu, c'était une femelle digne et forte, qui se proposait pour régner à la place d'un mâle trop souvent absent. Pour autant, ces événements qui s'enchaînaient, commençaient à le fatiguer. Il avait donc en début de matinée décidé de s'éloigner, ce qui expliquait sa présence en ces lieux et plus particulièrement sa mine renfrognée.

Le petit brun s'était bien vite mis à courir. Sans se tuer à l'effort, il avançait vite, et ses muscles souples se plaisaient à jouer sous son pelage fourni. Il opérait ainsi depuis qu'il avait quitté ses Terres. Accélérer brutalement durant quelques minutes, puis ralentir, reprendre son souffle, et ainsi recommencer. Il n'était pas pressé. Le paysage changeait, de façon imperceptible, les arbres se transformaient, mais ce qui lui fit relever les yeux fut l'odeur chargée d'humidité qui lui monta dans la truffe. Elle lui faisait penser au lac gelé hivernal. Cela devait sans doute être une étendue d'eau dont la taille s'en rapprochait. Il fit un détour vif, car il venait de trouver là de quoi étancher sa curiosité, et sa soif naissante.

L'endroit était lugubre, et fit ralentir un peu sa marche. Il avait l'impression que l'air s'était refroidi. Il n'avait ressenti cela qu'une seule fois, lorsqu'il s'était lancé dans la bâtisse abandonnée qui avait manqué de lui faire faire un arrêt cardiaque, à lui et à sa camarade printanière. Il préféra se méfier, mais sa curiosité était bien plus forte qu'une petite méfiance, aussi continua-t-il tout droit. La surface argentée du lac fut bientôt visible et captiva son regard. Il ne s'en approcha que pour boire rapidement, et l'eau avait ce goût de glace, d'eau ancienne et pourtant pure qui lui prenait la gorge et la langue. Une patte vicieuse commença dors et déjà à s'avancer vers lui, mais ne se referma que sur le vide avec un juron vicieux lorsqu'il se recula.

-Loupé, pauvre vieux...Souffla le jeune avec cynisme, avant de s'éloigner du bord en trottinant.

Ses coussinets laissaient de petites traces dans le sol humide. La dimension mystique de l'endroit lui faisait hérisser le poil mais réveillait cette vilaine envie de découverte, cette fascination morbide de ceux qui s'amusent à se raconter des histoires d'horreur un soir d'ennui. Il entreprit un tour du lac, attentif, l'oreille aux aguets. Rien ne bougeait. Rien ne respirait. Pourtant il ne se sentait pas seul. En cet Été bien trop chaud à son goût, il appréciait la fraîcheur de ce lieu dont il ne connaissait pas l'histoire. Comment se méfier de fantômes lorsqu'on ne soupçonne pas leur présence?

Malgré cela, un frisson violent couru sur son échine. Il sentait... Quelque chose. Et tel un insecte attiré par la lumière qui se devrait de le brûler, il avança à pas feutrés, tête basse, museau frémissant, pour voir de quoi il en retournait. Quelque chose bougea sur sa droite. Quelque chose s'imposant, et quelque chose dont la teinte était... Fantômatique. Le bond qu'il fit fut ridicule. Le bond d'un lièvre effrayé, de la biche piégée, qui le propulsa deux mètres plus loin. Il tomba lourdement sur le flanc, et alors... Il éclata d'un rire franc, sans plus bouger de l'endroit où il se trouvait.

-Comme on s'retrouve, cher Aveugle! Serions-nous prédestinés à nous croiser près des lacs, ou êtes-vous une incarnation des eaux sans que je ne le sache?

À avoir une imagination débordante, voilà ce qu'il finissait par arriver. Le pelage gris de son vieil ami, si l'on pouvait l'appeler ainsi, avait trompé son œil débordant d'envie de voir des apparitions là où il n'y en avait pas. C'était ridicule de sa part, mais il ne paraissait pas s'en soucier. Ce n'était pas comme s'il s'agissait d'un étranger, et le grand mâle Estival ne pouvait critiquer son instinct de survie qui le faisait décamper à une vitesse phénoménale.

-Cela fait bien longtemps, je suis soulagé de vous voir entier...ajouta-t-il avec un ton qui mêlait prudence et ce respect que son aîné avait acquis sans même le demander.

Il fut surpris de se rendre compte qu'en effet, il était soulagé. Il s'était plusieurs fois demandé ce que devenait l'Aveugle sur son territoire ravagé, et maintenant ils se retrouvaient ici, loin de tout, loin de chez eux, et pourtant dans un endroit très similaire à celui de leur première rencontre. Quelle ironie du sort.

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MessageSujet: Re: Partageons les fantômes du passé... Pv: l'Aveugle   Dim 20 Aoû 2017 - 0:24



Partageons les fantômes du passé...
Avec Lukhe

Lorsque l'Aveugle avait détecté l'odeur de Lukhe, en pleine forêt neutre, il ne l'avait pas tout de suite reconnue. Il avait pensé "Tiens, encore un printanier qui s'éloigne un peu trop de ses terres..." avec un grognement blasé, puis le caractère familier de cette odeur l'avait frappé et il s'était interrogé. Ses yeux s'étaient écarquillés et il avait humé l'air, les oreilles dressées. Cela faisait étrange de sentir l'odeur du soldat printanier après tout ce temps. Depuis combien de temps n'avait-il pas vu le petit fou ? L'Aveugle eut un sourire à la fois espiègle et intrigué, quelque chose qui hésitait entre la moquerie et la simple malice. Le grand mâle gris s'était alors mis à suivre l'odeur, pistant Lukhe comme il aurait traqué un gibier. Virevoltant entre les arbres, il avait senti l'odeur de l'eau parvenir à son flair affuté, et il avait compris la présence d'un lac. L'ironie de la situation l'avait fait ricaner, puis il avait enfin entendu un bruit de mouvement : le déplacement lourd d'un guerrier, mais atténué d'un loup pas très grand. C'était bien Lukhe.

L'air était froid, et l'ambiance était étrangement lourde et humide, poissant le pelage du chie-loup - ce qui avait le don de l'agacer. L'Aveugle était tendu, bandant ses muscles pour rester discret. Lukhe se déplaçait près du lac, sans sembler l'avoir vu. L'estival fit glisser son regard voilé sur les lieux sans les voir, souriant toujours. Il avait envie d'une belle entrée en scène.

Se déplaçant le plus furtivement possible, il fit le tour du printanier qui semblait peu rassuré, se faisant quelques petites frayeurs près de l'eau, laquelle clapotait doucement aux oreilles de l'Aveugle. Ce dernier continua de s'approcher à pas de loup - cette expression n'ayant jamais été aussi littérale - et finit par arriver presque à la hauteur du Lukhe, bien que ce dernier se déplaçait également. Il dut alors capter la présence du chien-loup, car il se crispa brusquement et sursauta si fort qu'il tomba un peu plus loin, une vive odeur de peur emplissant l'air. Stupéfait, l'Aveugle, qui n'avait même pas prononcé un mot, ne put s'empêcher d'éclater d'un rire franc et railleur, bien que dénué de malveillance. Lukhe éclata de rire à son tour devant l'absurdité de la situation, puis s'écria d'un ton rieur :

-Comme on s'retrouve, cher Aveugle! Serions-nous prédestinés à nous croiser près des lacs, ou êtes-vous une incarnation des eaux sans que je ne le sache?

L'Aveugle sourit, son rire s'étant éteint dans un souffle. Il s'assit, fixant la position où était surement Lukhe. La joie de ce dernier l'étonnait mais le flattait en un sens. Leur dernière rencontre n'avait pas été particulièrement tendre, mais très agréable pour l'estival qui s'était bien amusé - aux dépends du Printanier, évidemment. Mais Lukhe n'était pas un mauvais bougre, et l'Aveugle, en y repensant, en venait même à l'apprécier. Le plus surprenant, c'est que c'était réciproque. Décidément, le printanier était réellement fou.

-Eh bien ! Ne serait-ce pas mon petit fou ! Moi qui voulait te prendre par surprise, voilà qui est chose faite ! Mais en effet ! railla l'Aveugle. Je suis le fantôme des lacs. Enfin, je l'espère en tout cas pour toi car avoir aussi peur d'un aveugle, ce n'est pas ce qu'il y a de plus brave pour un soldat - ou alors, tu es juste particulièrement sensé.

Bon, une petite pique pour commencer, voilà qui était fait. Le regard voilé de l'Aveugle était toujours moqueur, comme à son habitude, mais d'une moquerie douce, moins critique qu'à leur dernière rencontre. Vieillesse ou attendrissement ?

"C'est du pareil au même..." ronchonna intérieurement l'estival.

Déjà, Lukhe enchainait d'un ton respectueux :

-Cela fait bien longtemps, je suis soulagé de vous voir entier...

L'Aveugle arqua un sourcil, étonné d'une telle preuve d'affection. Le ton de Lukhe était sincère, et l'Aveugle ne savait pas s'il devait s'en attendrir ou s'agacer qu'on puisse douter de sa capacité à survivre. Il adopta donc un ton mi-figue mi-raisin :

-Allons très cher ! s'exclama-t-il. Tu penses vraiment qu'un petit volcan de rien du tout peut ravager un vétéran comme moi ? Tu me sous-estimes - et souviens toi que ce n'est pas une bonne idée.

Il ricana, mais malgré lui il adoptait un comportement plus chaleureux qu'à l'ordinaire, car, même s'il ne l'aurait avoué pour rien au monde, il appréciait de revoir ce soldat. Certes, il restait assez froid sur ses abords, et il conservait une attitude assez railleuse et fière, mais c'était après tout son comportement quotidien, son masque ordinaire. Lukhe y était probablement habitué, et il repérerait surement la fissure dans l'armure du bourreau.

D'ailleurs, ce dernier fit un simulacre de réverence, et continua d'un ton faussement impérieux :

-Mais en effet, cela fait longtemps ! Tu as d'ailleurs devant toi le nouveau bourreau de l'Eté, mon cher petit fou ! Je te prierais donc de faire preuve de davantage de respect.

Il l'avait à nouveau appelé ainsi, ce surnom étant à la fois sarcastique et affectueux, un peu comme le surnom de l'Aveugle : Créveug. Il se dit alors qu'il ne l'avait donné à personne d'autre qu'à Aydahven jusqu'à présent. Peut-être Lukhe finirait par le mériter. L'Aveugle sourit plus largement, de son habituel sourire.

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MessageSujet: Re: Partageons les fantômes du passé... Pv: l'Aveugle   Ven 25 Aoû 2017 - 18:16

Ce lac abritera nos confessions...


Entendre rire le grand mâle l’avait surpris dans un premier temps, mais alors qu’ils se laissaient tout deux aller à une certaine hilarité, Lukhe sentit son cœur s’alléger. Malgré le temps qui séparait leurs deux rencontres, son ainé ne l’avait pas oublié, ce qui était plaisant à constater. Avec cet incroyable instinct qui compensait sa cécité, il fixait le jeune mâle, avec une aisance qui n’achèverait jamais de le surprendre. Il s’était assis, et le Printanier lui-même l’imita bien vite, quittant sa ridicule position de faon traumatisé. Avec tout le soin dont il était capable, il lissa son poitrail ébouriffé, et leva un regard d’argent sur les prunelles aveugles de son comparse. Ce sourire sarcastique, presque une grimace, lui aurait presque manqué. Il devait être en effet légèrement fou pour aller jusqu’à apprécier cet être cynique et acariâtre.

-Eh bien ! Ne serait-ce pas mon petit fou ! Moi qui voulait te prendre par surprise, voilà qui est chose faite ! Mais en effet ! Je suis le fantôme des lacs. Enfin, je l'espère en tout cas pour toi car avoir aussi peur d'un aveugle, ce n'est pas ce qu'il y a de plus brave pour un soldat - ou alors, tu es juste particulièrement sensé.

Pour autant que sa mémoire ne lui joue pas défaut, Lukhe reconnaissait ce ton railleur, cette intonation particulière qui le faisait se sentir comme un jeune chiot qu’on réprimande. Le sourire en coin que leur précédente joute avait fait devenir presque habituel étira les babines du brun alors qu’il l’écoutait d’une oreille toujours aussi attentive. Ça pour l’avoir pris par surprise, il avait réussi… Il espérait que sa courte panique resterait en ce lieu et n’irait pas s’ébruiter un peu partout, quel Soldat il faisait si une simple silhouette lui faisait frôler l’arrêt cardiaque !

-Ne faudrait-il pas être le dernier des imbéciles pour ne point craindre un Aveugle, après tout ? Le p’tit fou pourrait bien n’pas l’être tant qu’ça, car des fantômes ou des aveugles, j’crois savoir duquel je devrais le plus m’inquiéter… S’amusa le Soldat, et son ton s’accordait parfaitement à celui qu’employait son vis-à-vis.

Comme l’aîné paraissait sceptique, Lukhe pencha la tête, attendant ces paroles qu’il sentait déjà arriver. C’était tout de même fou qu’il ait suffit d’une unique rencontre pour qu’il connaisse une partie raisonnable des mimiques de l’Estival. Il n’avait jamais été aussi attentif face à quiconque, et oubliait bien vite des visages ou des attitudes. Peut-être était-ce son instinct de survie qui lui avait recommandé de ne jamais oublier ce mâle ci.

-Allons très cher ! et son ton semblait partagé, Tu penses vraiment qu'un petit volcan de rien du tout peut ravager un vétéran comme moi ? Tu me sous-estimes - et souviens toi que ce n'est pas une bonne idée.

L'aurait-il vexé en s'inquiétant de son bien être? Il ricanait, son que le jeune avait oublié mais qui revenait en mémoire à une vitesse prodigieuse. Il avait l’impression que la tension qui régnait entre eux autrefois, bien qu’encore présente en certains points, avait grandement diminué, lui laissant l’occasion d’être plus à l’aise. L’Aveugle était trop fier pour montrer une quelconque chaleur à son égard, mais quelque chose, au fond, trahissait le fait que Lukhe était plus que bienvenu. Sûrement le fait qu’il n’avait reçu pour le moment aucune menace au visage… Et le voilà qui faisait une révérence, lui faisant arquer un sourcil avec un rictus amusé. Il s’agissait toujours de sortir ses plus belles répliques, et le plus petit prit une seconde pour se lamenter sur le vide de défis verbaux des derniers mois. Le gris tombait à pic.

-Mais en effet, cela fait longtemps ! Tu as d'ailleurs devant toi le nouveau bourreau de l'Eté, mon cher petit fou ! Je te prierais donc de faire preuve de davantage de respect.

Même ce ton lui avait manqué. Même ce ridicule surnom que l’autre employait sans vergogne, et qui lui faisait hérisser le poil. Il s’y était presque attaché, finalement… Cynique, mais un surnom tout de même. N’appréciait-on pas les gens auxquels on se donnait la peine d’attribuer un sobriquet, après tout ? Au sourire de l’Aveugle, il se releva, et ne fut même pas intimidé par cette histoire de Bourreau. S’il l’avait voulu mort, il serait déjà loin au fond du lac…

-Je m’inquiétais davantage pour le volcan, très cher Aveugle, il aurait été bien insolent de ma part de penser qu’une quelconque catastrophe parviendrait à venir à bout d’un tel combattant… Commença-t-il alors, avec une malice plus profonde encore qu’auparavant : Quant à vous sous-estimer, j’serais bien sot de me laisser aller à vous croire vaincu par les aléas de la vie, et plus imbécile encore d’imaginer que je serais capable de blesser ne s’rait-ce que votre aura…

Il eut un très léger rire, et ce fut l’œil brillant qu’il se rapprocha légèrement de l’autre mâle. La distance respectueuse était toujours là, cependant, mais les barrières qui les séparaient l’un de l’autre étaient moins glaciales qu’elles n’avaient pu l’être dans le passé. Lukhe se laissa aller à une révérence exagérée, lui aussi, et le museau à terre, continua :

-Tous mes respects au nouveau Bourreau, puisse votre règne être long et bien remplis… Ou vide ? Que suis-je censé souhaiter, après tout ? Que vous fassiez vot’travail, ou qu’les cœurs continuent de battre ?

Il se redressa vivement, et il savait que si l’Aveugle ne l’avait pas vu, il devait sans doute avoir deviné chacun de ses faits et gestes. Lukhe était plus exubérant, peut-être, mais le temps qui s’était écoulé l’avait fait grandir. Il était encore jeune, encore lui-même, mais son aîné poussait son esprit en général peu sollicité à son poste à des extrêmes. Et cela lui plaisait. Cela lui plaisait beaucoup, à lui qui pourtant était plutôt silencieux.

-Était-ce suffisamment convaincant, cher Aveugle, ou le respect n’était-il encore pas assez présent pour votre grandeur ?

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MessageSujet: Re: Partageons les fantômes du passé... Pv: l'Aveugle   Lun 28 Aoû 2017 - 23:44



Partageons les fantômes du passé...
Avec Lukhe

L'Aveugle entendit Lukhe se relever sans noter de changement d'humeur. Il conserva son air railleur malgré son regard toujours un peu moins froid.  Le printanier répondit alors malicieusement :

-Je m’inquiétais davantage pour le volcan, très cher Aveugle, il aurait été bien insolent de ma part de penser qu’une quelconque catastrophe parviendrait à venir à bout d’un tel combattant… Quant à vous sous-estimer, j’serais bien sot de me laisser aller à vous croire vaincu par les aléas de la vie, et plus imbécile encore d’imaginer que je serais capable de blesser ne s’rait-ce que votre aura…

L'Aveugle ferma les yeux d'un air faussement princier et hocha la tête avec la même expression. Si un autre que Lukhe s'était exprimé avec autant de moquerie, le chien-loup aurait été bien moins tendre, mais il n'avait pas envie de se battre avec le printanier.

Pas encore du moins.

Le soldat printanier s'approcha de l'Aveugle, rompant une certaine distance de courtoisie. D'ordinaire, c'était l'estival qui embarassait ses interlocuteurs de cette manière, mais le fait que Lukhe franchisse le pas à sa place l'ennuya légèrement. Il l'appréciait certes, mais il ne voulait pas non plus se sentir faible face à un autre que lui. Fort heureusement, Lukhe restait simplement joueur et garda un certain respect entre eux qui contenta l'estival.

Lukhe, dans un petit rire malicieux, esquissa un mouvement vers le bas que l'Aveugle interpréta comme une révérence - du moins était-ce cohérent avec la situation. Il arqua un sourcil, fixant son interlocuteur en souriant toujours, fièrement dressé mais faussement nonchalant comme à son habitude.

-Tous mes respects au nouveau Bourreau, puisse votre règne être long et bien remplis… Ou vide ? s'exclama le printanier, sa voix étouffe sur le sol. Que suis-je censé souhaiter, après tout ? Que vous fassiez vot’travail, ou qu’les cœurs continuent de battre ?

L'Aveugle ricana et haussa les épaules, baillant négligemment.

-Oh tu sais, ce n'est pas comme si ce travail me changeait de mon quotidien. Ce n'est pas vraiment une corvée, très cher...

Il laissa sa phrase en suspend, teintée de malice mais aussi d'une froide vérité. Après tout, l'Aveugle n'était pas un enfant de chœur.

Le printanier se relevait déjà, et malgré sa cécité, l'Aveugle pouvait sentir le regard qu'il posait sur son ainé, chargé de sentiments positifs.

"Il a changé le petit fou..." songea le chien-loup, jaugeant silencieusement le soldat avec un début de respect. "Il est bien plus expressif qu'il ne l'était la dernière fois, et il manie bien plus précisément ses mots."

C'était appréciable, cela rajoutait un certain piment que l'Aveugle n'autorisait que parce qu'il en comprenait la cause. Il savait que ce surplus de confiance était dû à leur précédente rencontre, et il avait envie de voir jusqu'où avait évolué Lukhe. Quitte à le bousculer un peu, bien entendu. Mais le printanier pouvait se flatter de s'être attiré l'intérêt et la sympathie du vieux coeur de pierre de l'Aveugle, ce qui n'était pas donné à tous.

-Était-ce suffisamment convaincant, cher Aveugle, ou le respect n’était-il encore pas assez présent pour votre grandeur ? acheva alors le printanier sur le même ton.

L'Aveugle le toisa quelques instants, son regard se chargeant d'une froideur supplémentaire mais qui était plus feinte qu'autre chose. C'était facile pour l'estival, habitué à ce masque de mépris moqueur.

-Sa Majesté n'apprécie pas ce manque de sincérité, jeune soldat...déclara-t-il d'un ton impérieux.

Plus sèchement, il ajouta en un sifflement, plissant les yeux et les rétrécissant en une fente glaciale :

-Je te prierai de faire marque de plus de respect, si tu ne veux pas perdre ta tête.

L'Aveugle avait beau être vieux, il savait encore se faire menaçant. Il jaugea à nouveau froidement son interlocuteur, mais ne put retenir son sourire de revenir sur ses babines, toujours railleur. Il eut un petit rire.

-Tu as de la chance que je te connaisse bien, cher fou ! Autrement, ces paroles auraient été sincères - ou l'étaient-elles déjà ? Quoiqu'il en soit, je suis assez surpris de te voir en ces terres. Je pensais te croiser au Printemps - peut-être te tendre deux ou trois embuscades, qui sait - mais te voilà en terres neutres ! Dis-moi, ce serait-on enfin rendu compte de ta folie et aurais-tu donc été exilé ?

Il s'approcha et glissa sur un ton moqueur de confidence :

-A moins que tu n'essaye de fuir une quelconque conquête ? Tu peux tout me dire, tu sais, je peux comprendre ce que cela fait.

Il ricana, ses yeux pâles glissant sur l'autre sans le voir.  

HRP:
 


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MessageSujet: Re: Partageons les fantômes du passé... Pv: l'Aveugle   Mar 21 Nov 2017 - 19:00

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Alors qu’ils ne franchissaient toujours pas l’espace qui s’était, et ce dès leur première rencontre, respectueusement installé, il n’en était pas moins qu’ils possédaient désormais une proximité certaine ne fusse que par leurs paroles échangées avec cette verve un rien empreinte de fierté. Et le plus jeune, bien qu’il restât courtois comme il se le devait, se permettait en effet quelques petites dérives qui n’avaient pourtant aucun but mauvais à l’égard de son aîné. Car Lukhe était un mâle bienveillant, et une langue franche qui n’aurait guère hésité à lâcher son poison sur l’Aveugle s’ils n’avaient été en si bons termes. L’attitude du vieux mâle gris n’avait rien de bien différent de celle qu’il avait déjà pu expérimenter par le passé : droit, fier, avec cette feinte suffisance qui lui donnait paradoxalement un air noble et lassé de tout ce qui pouvait advenir. Preuve en était le bâillement qui pouvait en intimider plus d’un de par le nombre de crocs imposants qu’il laissait entrevoir. Son haussement d’épaule, par la suite, manqua de faire sourire le Soldat avec une once d’admiration.

-Oh tu sais, ce n'est pas comme si ce travail me changeait de mon quotidien. Ce n'est pas vraiment une corvée, très cher...

Suspendue ainsi, sa réplique ne laissa filtrer qu’une malice qui ne savait masquer tout le sérieux de ces paroles. Et pourtant, le jeunot ne s’en offusqua pas, ne semblait même pas avoir un quelconque ressenti à cet égard. C’était un fait, l’Aveugle était un être qui avait fait, et ferait des victimes. Cela se lisait dans ses paroles, dans ses gestes et ses cicatrices, mais le Printanier n’avait pas pourtant autant cette froide sensation d’être fondamentalement en danger face à lui. Il restait toujours sur sa réserve, méfiant, prudent, comme aux alentours d’un étrange être qu’on ne pouvait jamais tout à fait apprivoiser. Pour autant, il l’appréciait vraiment, et cela suffisait pour qu’il ne veuille pas s’en aller à ces révélations qui n’en étaient pas vraiment.

Les prunelles d’acier de l’Estival, de ce nouveau bourreau, se teintèrent de toutes les glaces du monde, et le Soldat dû malgré tout prendre quelques bonnes secondes pour se rendre compte qu’elles aussi n’étaient que façade, que cette froideur des pôles n’était pas dirigée contre lui. Un peu plus, et il aurait bien remué la queue comme un jeune, très jeune chiot face à un adulte qui lui accorderait une attention exclusive.

-Sa Majesté n'apprécie pas ce manque de sincérité, jeune soldat...


Le terme de majesté n’aurait pu être mieux choisi tant la posture du gris transpirait de cette puissance que l’âge n’avait encore pas altérée. Mais parviendrait-il seulement un jour à ne serait-ce que l’ébranler ? C’était une question que Lukhe se posait, car il ne voyait qu’un bloc de puissance brute face à lui, dont les paroles qui suivirent se teintèrent d’un autre ton qu’il ne parvint à définir, mais qu’il sentit résonner dans son esprit comme des glas :

-Je te prierai de faire marque de plus de respect, si tu ne veux pas perdre ta tête.

Sans attendre davantage, le Soldat esquissa un penaud sourire qui teinta son visage de cette jeunesse qu’il avait encore, et dictait tous ses actes. Pourtant, encore une fois, c’était l’amusement qui prenait le pas sur tout le reste. Il n’était pas idiot, il n’était ni un sot ni un retardé. Il savait que les menaces, si elles étaient pour l’instant jetées en l’air, pourraient un jour devenir vraies et ainsi le mettre dans une situation bien difficile.

-Vous m’en voyez navré, cher Aveugle, mais je ne puis espérer posséder un dixième de votre talent oratoire, aussi, mes paroles peuvent paraître bien pâles de respect à votre égard, quand en réalité, elles sont ce que je possède de plus … Censé. Quant à ma tête, sachez qu’elle se trouve bien sur mes épaules. Il serait malheureux que je ne puisse plus, dans le futur qui nous unit en ce lieu, me complaire à vous parler… Sans tête, plus de langue, et plus de joies de discourir, ce serait se priver d’un grand moment !

C’était à se demander où était passé le taciturne petit brun qui ne prenait jamais la parole devant quiconque à moins d’y être forcé. Il avait toujours possédé ce petit talent oratoire, mais jamais il n’en avait usé aussi librement, avec cette aisance détachée de celui qui passe pourtant ses journées à cela. C’était là l’effet que l’Aveugle avait sur lui, et il s’agissait du plus bénéfique des effets. Il le rendait… Bavard en sa présence. Il lui inspirait l’envie de converser, d’aiguiser un peu plus son palais et sa langue, de devenir un tout autre loup qui saurait se faire entendre et briller de la parole plutôt que des muscles qu’il mettait déjà au service de son Clan.

-Tu as de la chance que je te connaisse bien, cher fou ! Autrement, ces paroles auraient été sincères - ou l'étaient-elles déjà ? Quoiqu'il en soit, je suis assez surpris de te voir en ces terres. Je pensais te croiser au Printemps - peut-être te tendre deux ou trois embuscades, qui sait - mais te voilà en terres neutres ! Dis-moi, ce serait-on enfin rendu compte de ta folie et aurais-tu donc été exilé ?

Le sourire revint aux lèvres de l’aîné, et cela suffisait plus encore que toutes paroles du monde à conforter le plus jeune dans cette idée qui, petit à petit, germait dans son esprit. Ils n’étaient peut-être pas à proprement parler amis, mais ils s’en rapprochaient à leur manière. Après tout, pourquoi faire comme les autres, quand on est plus fou l’un que l’autre ! Les choses étaient bien faites dans la manière dont elles se déroulaient. Au rire de l’Aveugle répondit celui du plus jeune, qui le regarda approcher sans ciller. Son oreille tressaillit lorsque le ton de son mentor dans l’art de discourir, si on pouvait l’appeler ainsi, changea de nouveau de ton avec cette perfection qui ne pouvait appartenir qu’à lui.

-A moins que tu n'essayes de fuir une quelconque conquête ? Tu peux tout me dire, tu sais, je peux comprendre ce que cela fait.

Il l’entendait ricaner, mais ne s’en contraria pas le moins du monde. Cela fut d’un petit saut vigoureux qu’il s’avança vers le lac, dansa un instant sur ses pattes avant, et il finit par reculer avec cette habituelle lassitude dû à sa némésis qui l’attendait, là, au fond de l’eau. Il se retourna, et sa voix rieuse s’accompagna d’un frémissement à la surface de cette étendue lisse comme un miroir maudit.

-Pourquoi devrais-je me contenter du Printemps quand le monde extérieur est si grand ? N’est-ce pas le propre de la jeunesse, cette inconsciente, que d’aller au-delà de toutes frontières, assoiffés de connaissances ? Ma supposée folie n’est encore qu’une confidence dont vous êtes le seul témoin, mon exil sera donc bien retardé… Mais je peux aisément vous retourner la question, oh Bourreau, que viens faire votre présence aux abords de ce lac ?

D’une patte qu’il avait précédemment léchée avec soin, il vint remettre en place le poil ébouriffé de son poitrail, et il fut bien heureux par la suite de retourner vers l’eau, cédant à cette soif qui commençait à se pointer malgré toute envie de devenir hydrophobe. Il n’avait pas pu boire autant qu’il le désirait à son arrivée en ces lieux. Il réagissait avec de moins en moins d’empressement, bien que les serres qui se refermaient sur ses pattes n’aient pas disparu. Il apprendrait à vivre avec tout au long de son existence, le moment était venu de commencer à se résigner à tout ce joyeux pétrin dans lequel il était.

-Quel impudeur… A mon grand malheur, je préférerais fuir un amant plutôt que mon ennemi l’Ennui. Pire encore, le seul amant, et unique conquête ayant un jour désiré quoi que ce soit de ma personne, se trouve être mon propre visage ! Narcisse ou folie, tout revient au même, si l’on y pense. Là encore, vous pouvez sans doute comprendre ce que cela fait…


Il fut empreint d’une curiosité toute nouvelle, et se débarrassa de son Autre qui luttait pour l’entrainer. Ses muscles, toujours un peu plus développés, l’aidèrent bien à y parvenir. Il s’approcha de l’Estival, qu’il dépassa pour s’assoir sur une petite motte de terre, pour se surélever et peut-être ainsi espérer ne plus en être réduit à lever la tête pour le voir. Le fait est que cela n’aboutit pas à ce qu’il désirait, mais il s’en contenterait pour cette fois.

-Combien de conquêtes avaient-vous donc fuit pour posséder une telle clairvoyance, au juste ?



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L'Aveugle
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MessageSujet: Re: Partageons les fantômes du passé... Pv: l'Aveugle   Mar 2 Jan 2018 - 20:10



Partageons les fantômes du passé...
Avec Lukhe

L'Aveugle sentait que Lukhe ne se laissait pas décontenancer, contrairement à leur première rencontre où il peinait à comprendre le vieil estival. Mais le loup gris se doutait qu'il avait lui-même contribué au renforcement de la confiance en lui-même du printanier.  Il se surprit à en éprouver une certaine fierté et se sermonna sévèrement, avec l'impression de débiliter. Il soupira intérieurement.

"Pas étonnant que l'on te prenne pour un lunatique avec tec changements d'humeurs si soudains, très cher..."ricana une voix mauvaise en lui tandis que Lukhe continuait avec assurance et d'une voix rieuse :

-Pourquoi devrais-je me contenter du Printemps quand le monde extérieur est si grand ? N’est-ce pas le propre de la jeunesse, cette inconsciente, que d’aller au-delà de toutes frontières, assoiffés de connaissances ? Ma supposée folie n’est encore qu’une confidence dont vous êtes le seul témoin, mon exil sera donc bien retardé… Mais je peux aisément vous retourner la question, oh Bourreau, que viens faire votre présence aux abords de ce lac ?

En prononçant ces mots, il s'était approché du lac puis s'était résigné à s'en éloigné, le tout en quelques bonds. L'Aveugle l'écouta faire sans réagir, son habituel sourire froid et moqueur sur les babines. Son regard voilé suivait les mouvements de son interlocuteur comme sil pouvait le voir, mais sans réellement le fixer pour autant, ce qui laissait percevoir sa cécité.

Aux paroles de son cadet, il s'assit, dominant l'autre par sa posture droite, et lui jeta un regard chargé de sous-entendus moqueurs, écartant d'un simple regard ses promesses de liberté et d'exil. Il estimait que pour pouvoir parler de ces deux choses en humour, il fallait les avoir vécues, et ce n'était pas le cas du jeune soldat. Peut-être un jour aurait-il l'expérience de l'estival en la matière.

Il le lui souhaitait pas.

Lukhe finit cependant par retourner vers l'eau et l'Aveugle l'entendit boire tout son saoul, sans s'inquiéter de l'ombre qui l'attirait sans cesse vers les abimes. Le chien-loup sentit lui-même la soif pointer dans son gosier, et il s'approcha à son tour de l'eau, profitant que le soldat printanier soit lui-même en position de faiblesse pour faire de même. Ce n'était pas de la paranoïa, juste de la prudence liée à sa longue expérience du combat et du sang.

Mais c'était aussi un peu de la paranoïa.

L'Aveugle se doutait que Lukhe ne lui voulait aucun mal - trop occupé à surveiller son être de folie, probablement - mais les habitudes ont la vie dure. Le chien-loup ne pourrait probablement jamais faire entièrement confiance à quelqu'un pour le reste de sa vie. Il pouvait éprouver un semblant d'affection, comme avec Lukhe, un instinct protecteur, comme avec Arwen, mais pas de la confiance. On ne lui avait jamais appris à en éprouver.

Quand il sentit le printanier esquisser un mouvement pour se reculer, il fit de même, l'eau gouttant le long de son menton et sur les poils de son encolure. Sans attendre davantage, Lukhe reprit :

-Quel impudeur… A mon grand malheur, je préférerais fuir un amant plutôt que mon ennemi l’Ennui. Pire encore, le seul amant, et unique conquête ayant un jour désiré quoi que ce soit de ma personne, se trouve être mon propre visage ! Narcisse ou folie, tout revient au même, si l’on y pense. Là encore, vous pouvez sans doute comprendre ce que cela fait…

L'Aveugle ricana, un sourire franc sur le museau, quoique toujours moqueur. Son regard perdit son aspect scrutateur tandis qu'il se réchauffait au contact de l'amusement. Il comprenait là où l'autre voulait en venir.

Futé le gamin. Il commençait vraiment à savoir comment percevoir le monde. L'Aveugle allait devoir se méfier de cette boule de poils printanière, il progressait presqu'un peu trop vite à son goût...

-Quelle éloquence, très cher ! s'exclama-t-il soudain, arquant un sourcil. Tu t'es entrainé ou tu as juste appris par cœur quelques jolies phrases à ressortir ? Allons ! Ne pense pas que quelques jolies tournures vont parvenir à m'attendrir. Tu parles bien, certes, mais n'oublie pas que de nous deux, celui qui a le droit de discourir sur la folie, c'est bien moi ! Et la folie, très cher, a bien des défauts, mais n'est pas Ennuyante...

Il bomba le torse en relevant la tête, se mettant faussement en valeur devant une assemblée invisible. Venait-il de réduire la folie de Lukhe qu'il avait tant promu la dernière fois ? Peut-être. Probablement. Mais l'important, pour le vieil estival, n'était pas la vérité de ses propos, mais de remporter un bon vieux duel de piques. Et seul Outa-Ranos savait à quel point il était bon à cela.

-Mais certes...admit-il cependant, reportant ses yeux glacés sur son interlocuteur. Là où tu dis vrai, c'est bien dans ton arrogance. Un Narcisse en puissance, il est vrai. Mais c'est un peu le cas de tous les printaniers, non ? Les Narcisses fleurissement bien mieux chez vous que nulle part ailleurs.

Lukhe ne répondit pas tout de suite et alla se mettre un peu plus en hauteur, de sorte que l'Aveugle ne le sentait plus en contrebas de sa personne, mais plus en face. Sa queue battit l'air pendant un instant, témoignant d'un certain agacement, tandis qu'il écoutait l'autre faire en plissant les yeux. Il n'aimait pas qu'il choisisse une position stratégique pour s'adresser à lui - car les hauteurs sont toujours stratégiques, non ?

-Combien de conquêtes avaient-vous donc fuit pour posséder une telle clairvoyance, au juste ? demanda alors l'insolent printanier nouvellement en position de force.

L'Aveugle prit un air pensif, puis avec un sourire froid il répliqua :

-Des conquêtes, j'en ai eu. Mais nous ne parlons pas du même genre de batailles, très cher printanier. Les miennes étaient dans le sang. Je n'ai pas eu le temps de me préoccuper du reste, et de toute manière, mon cœur n'a jamais battu pour autre chose que pour la guerre.

Sa franchise était assez déconcertante, mais sa dernière phrase vint ponctuer le tout dans une caresse mielleuse :

-Laisse-moi t'expliquer...

Et brusquement, dans un mouvement bien plus vif que son âge ne l'aurait laissé penser, le chien-loup se jeta sur le printanier et le plaqua sur le sol, utilisant sa masse musculaire construite par le temps. Il grogna bestialement, les babines rabattues et les oreilles vers l'arrière, une lueur déraisonnable dans les yeux. Ses pattes puissantes s'appuyèrent contre le torse de son "ami", ses griffes pénétrant l'épaisse fourrure comme s'il touchait un nuage. Son museau était à quelques centimètres de celui du printanier tandis qu'il appliquait tout son poids sur ce dernier.

Et puis d'un seul coup, il retrouva son sourire, cillant légèrement de sorte que son regard voilé retrouve une once de légèreté.

"Eh bien, c'était inattendu, même de ta part !" ricana une voix mauvaise en lui.

L'Aveugle eut un sourire glacial. Il n'avait pas ménagé le jeune soldat, mais c'était une certaine marque de respect. Lukhe était assez fort pour faire face verbalement à l'estival, il devait l'être aussi physiquement. Et l'Aveugle devait bien reconnaître que la gabarit du printanier était certes petit, mais il était également compact. Un adversaire musclé, c'était appréciable : Les crevettes, très peu pour lui.

-C'est comme ça que je "conquière", mon très cher fou ! susurra-t-il. Dans la violence. Dans la surprise.

Et plus malicieusement, il ajouta :

-Et il m'est arrivé de faire de même pour des conquêtes plus cavalières, si tu vois ce que je veux dire...

L'estival éclata de rire et se redressa, s'écartant du printanier. Il ne l'aida pas à se relever, conscient que cela ajouterait à l'humiliation - et puis, il n'en avait pas envie. Mais il lui laissa un peu d'espace pour se relever, lui jetant toutefois son habituel regard moqueur et impassible.

-Je suis aveugle, mais je devine ta tête ! Ne le prends pas mal, mais je pense qu'il était temps pour toi de comprendre toute la mesure de mes mots. Tu sais, de belles démonstrations valent parfois bien plus que de longues tirades inutiles. Considère ça comme ta leçon du jour, gamin !

Il avait repris son ton professeur, ayant perdu toute son animosité précédente.

Impossible de dire si elle avait été sincère ou pas. Lui-même l'ignorait.


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MessageSujet: Re: Partageons les fantômes du passé... Pv: l'Aveugle   Ven 7 Sep 2018 - 3:13

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